1 Corinthiens 5
Le Texte
Une rumeur circule : dans l'église de Corinthe, un homme vit avec la femme de son père, « une fornication telle qu'elle [n'existe] pas même parmi les nations ». Et la communauté, au lieu d'en être brisée, est « enflés d'orgueil ». Paul, absent de corps, tranche comme s'il était là : que cet homme soit livré à Satan pour la destruction de la chair, afin que l'esprit soit sauvé au jour du Seigneur. Puis il élargit : un peu de levain fait lever toute la pâte, ôtez le vieux levain, et ne mangez même pas avec celui qui, se disant frère, vit dans l'avarice, l'ivrognerie, l'idolâtrie ou la rapine.
Le Cœur
Ce qui scandalise Paul n'est pas d'abord l'inceste. C'est la fierté. « Vous êtes enflés d'orgueil, et vous n'avez pas plutôt mené deuil. » Corinthe se vantait sans doute de sa largeur d'esprit, de sa spiritualité supérieure, de sa capacité à tolérer. Paul répond que la sainteté de l'Église n'est pas une option morale ajoutée à la grâce, mais la forme concrète que prend la grâce dans un corps réel. Dieu ne sauve pas des individus isolés ; Il fait un peuple, et un peuple a une frontière. Le verbe grec que Paul emploie au verset 2, pentheō, désigne le deuil des funérailles. La réponse juste au péché d'un frère n'est ni l'applaudissement ni la fureur : c'est le chagrin. On pleure quelqu'un qu'on aime.
Le Fil Conducteur
Paul passe brutalement du cas particulier à la Pâque : « notre pâque, Christ, a été sacrifiée ». Il parle à des gens qui connaissent l'histoire d'Égypte, où l'agneau immolé allait avec l'élimination minutieuse du levain de toute la maison. Le levain, dans ce rituel, n'est pas un symbole du mal en soi ; c'est ce qui appartient à l'ancienne vie, à la hâte de la sortie, à ce qu'on laisse derrière. Paul retourne l'image : vous êtes déjà « sans levain », purifiés par la croix, donc devenez ce que vous êtes. L'indicatif précède l'impératif. La discipline chrétienne n'est pas un effort pour mériter la pureté, mais le refus de ramener dans la maison ce que l'Agneau a déjà emporté.
Le Miroir
Regardez la liste du verset 11 : fornicateur, avare, idolâtre, outrageux, ivrogne, ravisseur. Nous citons volontiers le premier mot et sautons les cinq autres. Pourtant l'avare et l'outrageux y figurent au même rang. Le frère qui écrase ses employés sur les salaires, celui qui humilie sa femme par des mots calculés, celui dont la carte bancaire raconte une autre histoire que ses prières : Paul les met dans la même phrase que l'homme de Corinthe. Et il ne demande pas de les dénoncer sur les réseaux, mais de ne plus manger avec eux, c'est-à-dire de retirer le signe le plus ordinaire de la communion, pour que le malaise devienne audible. Nous préférons l'inverse : une politesse lisse à table, et la critique derrière le dos.
Aujourd'hui, prenez dix minutes et écrivez sur une feuille le nom d'une personne de votre église dont la conduite vous inquiète, et en dessous une seule phrase : non ce que vous diriez d'elle à d'autres, mais ce que vous lui diriez à elle. Puis priez pour elle avant de ranger la feuille.
La Question
« Livrer un tel homme à Satan pour la destruction de la chair » : la phrase reste rude et nous ne devons pas l'adoucir. Paul ne lance pas une malédiction magique ; il remet cet homme dans le domaine où règne l'adversaire, c'est-à-dire hors de la protection du corps, pour que la ruine de sa vie charnelle le ramène. Le but est le salut, pas la vengeance : « afin que l'esprit soit sauvé dans la journée du Seigneur Jésus ». Mais la question demeure : qui aujourd'hui ose porter un tel jugement, et avec quelle garantie de ne pas se tromper ? Paul avait une autorité apostolique que personne ne possède maintenant. Nous restons avec un texte qui exige quelque chose dont nous n'avons plus tous les moyens, et c'est inconfortable.
Contexte
Corinthe, vers l'an 54, est un port reconstruit par Rome, peuplé d'affranchis, de marchands, de gens pressés de monter. La religion y est publique, les banquets de temple sont le lieu des affaires, et la réputation se joue à table. Une union avec la femme de son père, même veuve ou divorcée, était punie par le droit romain et répugnait aux païens eux-mêmes : Paul le souligne pour montrer que l'église est descendue sous le niveau de sa ville. Dans ce monde de patronage, l'homme en question était probablement riche et protégé ; dire non à lui coûtait cher socialement. L'orgueil de l'assemblée était peut-être simplement de la lâcheté bien habillée.
Le Profil
Ceux qui entendent cette lettre lue à voix haute sont pour beaucoup des esclaves, des artisans, quelques notables. Quand Paul dit « ôtez le méchant du milieu de vous-mêmes », ils reconnaissent une formule répétée dans le Deutéronome pour Israël au désert. Ils comprennent donc, mieux que nous, qu'ils ne sont pas un club d'opinion mais le peuple de l'alliance, responsable collectivement. Et quand il dit « que vous ne mangiez pas même avec un tel homme », ils entendent le repas du Seigneur, le seul endroit où maître et esclave partagent la même table. Être exclu de ce repas, dans leur monde, c'était perdre sa seule véritable famille.
Réflexion
Quelle vanterie, dans ma communauté ou dans mon cœur, remplace le deuil que ce texte attend ?
De quelle part de la liste du verset 11 suis-je devenu silencieusement tolérant chez moi-même ?
Approfondir 1 Corinthians
Livres soigneusement choisis pour approfondir ce livre biblique.
En attendant Noël : 25 lectures de l'Avent guidées par l'Évangile selon Luc. Une promesse faite à David, tenue dans une mangeoire. Chaque jour, un...
Commentaire sur la première épître aux Corinthiens
Une exposition verset par verset, claire et fidèle au texte, d'un grand exégète réformé francophone qui éclaire les questions concrètes de l'Église de Corinthe.
Commentaire sur la première épître aux Corinthiens
Le commentaire classique du Réformateur, sobre et pastoral, qui ramène sans cesse les divisions, la sagesse de la croix et la résurrection à l'Évangile.
Faith.network earns a small commission on Kobo purchases made through these links, at no extra cost to you. It helps keep the studies free.
Questions fréquentes sur 1 Corinthians 5
Des réponses rapides aux questions les plus courantes sur ce passage biblique.
Que signifie 1 Corinthiens 5 ?
De quoi parle 1 Corinthiens 5 ?
Quel est le contexte historique de 1 Corinthiens 5 ?
Que nous enseigne 1 Corinthiens 5 sur le caractère de Dieu ?
En quoi 1 Corinthiens 5 reste-t-il pertinent aujourd'hui ?
Ce que la communauté partage sur 1 Corinthians 5
Réflexions, prières et actions de grâce des lecteurs et de l'équipe de rédaction sur ce passage.
Merci, Seigneur, de ne pas nous avoir retirés de ce monde. Tu nous laisses au milieu de nos voisins, de nos collègues, de nos rues bruyantes, et tu nous y gardes. Merci pour chaque rencontre ordinaire où ta lumière peut passer par nous.
Père, tu es le seul juge juste, et je te laisse ce qui ne m'appartient pas. Garde-moi de pointer du doigt ceux du dehors pendant que je ferme les yeux sur ce qui pourrit en moi. Donne-moi le courage d'une vraie honnêteté, et à notre communauté un cœur pur.
« On entend dire partout qu'il y a de la fornication parmi vous. » Ce qui frappe, ce n'est pas seulement le péché, c'est que tout le monde en parle sauf l'assemblée elle-même. Le silence des frères était devenu plus bruyant que la faute. Et toi, que fais-tu de ce que tu sais et dont tu préfères ne pas parler ?
Explorer ce passage à un autre niveau
Débutant, théologien, ou une autre longueur de lecture ? Ajustez les paramètres et générez votre propre version.
Ouvrir dans l'outil d'étude

