Exode 15:25
Le texte
Trois jours après le cantique de victoire, plus une goutte d'eau buvable. Israël arrive à Mara, et l'eau y est amère, imbuvable; le peuple murmure contre Moïse. Moïse, lui, ne murmure pas: il crie à l'Éternel. Et la réponse de Dieu ne tombe pas du ciel sous forme de miracle spectaculaire, elle passe par un enseignement: «l'Éternel lui enseigna un bois, et il le jeta dans les eaux, et les eaux devinrent douces». Puis, dans le même souffle, le texte ajoute deux choses qui n'ont rien à voir avec la soif: là Dieu donna au peuple «un statut et une ordonnance», et là Il l'éprouva. L'eau guérie et la loi donnée arrivent au même endroit, dans la même phrase.
Le cœur
Ce verset dit quelque chose de décisif sur l'ordre des choses dans l'alliance: la grâce marche devant, le commandement suit. Dieu n'exige rien du peuple avant d'avoir adouci l'eau; Il guérit d'abord, Il légifère ensuite. Et pourtant la délivrance n'est pas un point final, elle ouvre une école. Le mot rendu par «l'éprouva» (hébreu nissah, mettre à l'épreuve pour révéler ce qui est dedans) n'est pas la tentation qui piège, mais l'examen qui met au jour le cœur réel d'un racheté. Israël vient de chanter «L'Éternel régnera à toujours et à perpétuité» (v. 18); Mara demande si ce Roi est cru quand la gorge est sèche. La souveraineté du Créateur sur les eaux, célébrée à la mer Rouge comme jugement, se manifeste ici comme guérison. Même main, même puissance, autre visage.
Le fil rouge
Un bois jeté dans une eau amère qui devient douce: la lecture chrétienne y a vu la croix depuis longtemps, et pas sans raison, à condition de ne pas brusquer le texte. Car ce n'est pas le bois qui guérit, c'est la parole de Dieu qui désigne ce bois. Le bois sans l'enseignement reste du bois mort. C'est exactement la logique de l'alliance: Dieu attache Sa puissance à un moyen visible, ordinaire, presque dérisoire, et c'est Sa parole qui le rend efficace. Le verset suivant nomme ce que le bois a rendu visible: «je suis l'Éternel qui te guérit». Mara annonce donc moins une allégorie qu'un mode de faire divin, qui culminera dans un homme suspendu à un bois pour que l'amertume du monde soit changée.
Le miroir
Vous connaissez le calendrier de Mara: trois jours. Trois jours après la décision juste, le baptême, la prière exaucée, arrive le diagnostic, la lettre du fisc, la phrase du conjoint qui ne se retire plus. L'eau que vous devez boire chaque matin est saumâtre, et la tentation n'est pas l'athéisme, c'est le murmure: parler de Dieu à la troisième personne, à quelqu'un d'autre, sur un ton de reproche. Moïse fait autre chose, et la différence tient en un mot: «il cria à l'Éternel». Non pas plus de foi, seulement une autre adresse. Aujourd'hui: écrivez en une seule phrase, sur un papier, l'eau amère précise que vous buvez en ce moment, puis lisez cette phrase à voix haute à Dieu, comme une demande et non comme une plainte.
Le détail
«L'Éternel lui enseigna un bois.» Le verbe étonne; on attendrait «montra». L'hébreu emploie ici yarah, «instruire, indiquer», la racine même du mot torah, la loi. Le texte joue donc sur une unité que nos catégories séparent: Dieu enseigne un bois, et dans la même phrase Il donne «un statut et une ordonnance». Le miracle et la loi sortent du même geste pédagogique. Guérir une eau et légiférer sur un peuple, c'est pour Dieu le même verbe: instruire. Ce qui veut dire que la loi n'est pas une contrainte ajoutée après coup au salut, mais la suite du même acte de bonté: Celui qui adoucit l'eau apprend aussi à vivre.
La question
Pourquoi un peuple à peine racheté doit-il marcher trois jours sans eau? Le texte ne se cache pas derrière le hasard ni derrière les circonstances: «là il l'éprouva». C'est Dieu qui assume l'épreuve. Et la suite est plus rude encore, car la promesse de guérison est conditionnelle, et son revers est la menace des maladies d'Égypte. On voudrait un Dieu qui délivre et qui ensuite protège inconditionnellement. Mara refuse ce confort. L'épreuve n'est pas expliquée, elle est seulement située: entre la mer Rouge derrière et Élim devant, avec ses douze fontaines et ses soixante-dix palmiers. Dieu ne dit pas pourquoi le désert; Il dit qu'Il y marche avec le peuple, et qu'Il y enseigne. Cela ne dissout pas la dureté, cela la borne.
Le profil
Pour les premiers auditeurs, l'eau saumâtre n'était pas une métaphore. Ils savaient ce qu'est un puits du désert chargé de sel, et ils savaient que l'Égypte se vantait de ses médecins, de ses formules, de ses divinités guérisseuses. Que l'Éternel se présente comme Celui qui guérit, juste après avoir frappé l'Égypte, c'était une déclaration de compétence sur le terrain même où l'ancien maître prétendait régner. Ils entendaient aussi le vocabulaire juridique: «un statut et une ordonnance» sont des termes de traité, ce qu'un grand roi impose à un vassal. Sauf qu'ici le suzerain commence par désaltérer ses sujets. Et les générations suivantes, relisant ce récit au pays pendant la sécheresse, y entendaient leur propre nom: Mara, le lieu où l'on apprend à crier plutôt qu'à murmurer.
Réflexion
Quand l'eau devient amère, à qui parlez-vous en premier: à Dieu, ou de Dieu à quelqu'un d'autre?
Où, dans votre vie actuelle, Dieu est-Il peut-être en train de vous «enseigner un bois», un moyen si ordinaire que vous l'écartez comme insuffisant?
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Questions fréquentes sur Exodus 15:25
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Ce que la communauté partage sur Exodus 15
Réflexions, prières et actions de grâce des lecteurs et de l'équipe de rédaction sur ce passage.
Père, il y a des eaux amères dans ma vie que je ne peux pas changer moi-même. Montre-moi ce que tu veux jeter dedans pour les adoucir. Quand je crie vers toi, tu écoutes, et cela me suffit pour avancer aujourd'hui.
La crainte et la frayeur tomberont sur eux: par la grandeur de ton bras, ils seront rendus immobiles comme une pierre, jusqu'à ce que ton peuple, ô Éternel, ait passé, jusqu'à ce qu'ait passé ce peuple que tu t'es acquis."
Israël vient de sortir d'Égypte. La mer s'est refermée sur Pharaon, et pourtant Moïse chante déjà la traversée qui reste à faire, comme si elle était accomplie. Il voit les ennemis futurs figés, immobiles comme une pierre, pendant que Dieu fait passer son peuple.
Ce que Dieu commence, il le mène à terme. Tu n'es pas encore arrivé, mais tu es déjà "le peuple qu'il s'est acquis". Ce mot change tout: tu lui appartiens, et il te fait passer.
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