Jean 16
Le Texte
Jésus parle à des hommes dont le cœur est déjà rempli de tristesse, et Il ne les épargne pas : on les exclura des synagogues, on les tuera en croyant « rendre service à Dieu ». Puis vient le renversement : Son départ n'est pas une perte mais un avantage, car sans ce départ le Consolateur ne viendrait pas, cet Esprit de vérité qui convaincra le monde et conduira les disciples dans toute la vérité. Le chapitre se resserre autour d'une énigme que les disciples se répètent entre eux sans la comprendre, « un peu de temps », jusqu'à l'image de la femme en travail dont l'angoisse se retourne en joie, et se ferme sur une parole étrangement calme : « moi j'ai vaincu le monde ».
Le Cœur
Il y a ici une affirmation qui devrait nous arrêter plus longtemps qu'elle ne le fait d'ordinaire : « Il vous est avantageux que moi je m'en aille. » Dieu, dans ce texte, se donne davantage en Se retirant du regard. La présence visible de Jésus était limitée par l'espace et le temps ; l'Esprit ne l'est pas. Mais remarquez que Jésus ne discute pas la tristesse des disciples, Il ne la corrige pas, Il la traverse. La joie promise n'est pas un remplacement du chagrin, c'est le chagrin lui-même retourné, comme les douleurs d'un accouchement deviennent la joie « de ce qu'un homme est né dans le monde ». Voilà le cœur : Dieu ne contourne pas la nuit de Ses enfants, Il la fait accoucher. Et cette joie-là, dit-Il, « personne ne vous ôte votre joie ».
Le Fil Conducteur
L'image de la femme en travail n'est pas choisie au hasard. Israël connaissait déjà ce langage : les prophètes décrivaient les douleurs de l'enfantement pour dire le passage violent d'un monde ancien à un monde nouveau. Jésus prend cette image et la place au soir de Sa mort. Ce qui va se passer sur la croix n'est donc pas un accident dans l'histoire du salut, c'est un enfantement. Le monde se réjouira, les disciples pleureront, et pourtant c'est là que naît quelque chose. Toute l'histoire biblique avance ainsi : une promesse qui passe par un rétrécissement avant de s'ouvrir, Abraham sans enfant, Israël en exil, le Serviteur écrasé. « Encore un peu de temps » est le rythme de Dieu depuis le commencement, et il n'a jamais été confortable.
Le Miroir
Nous sommes très forts pour demander à Dieu Sa présence sensible et très mauvais pour accueillir Sa manière de la donner. Combien de fois avez-vous conclu, dans une nuit de veille auprès d'un enfant malade, dans un travail qui s'effondre, dans un mariage devenu silencieux, que Dieu S'était absenté ? Le texte ne dit pas que vous vous trompiez sur le ressenti. Il dit autre chose : « la tristesse a rempli votre cœur », et Jésus ne le nie pas. Mais Il ajoute que ce départ apparent est un avantage. Remarquez aussi le reproche discret du verset 5 : personne ne Lui demande où Il va. La douleur nous rend absorbés par nous-mêmes ; elle nous fait cesser de poser des questions à Celui qui part. Que se passerait-il si, au lieu de gérer votre tristesse, vous Lui demandiez enfin où Il va ?
Le Profil
Ceux qui ont lu ce chapitre en premier n'étaient pas des chrétiens installés. C'étaient des Juifs devenus disciples de Jésus, pour qui la synagogue était la maison, la famille élargie, la mémoire, l'identité même. « Ils vous excluront des synagogues » signifiait : vous perdrez vos parents, votre commerce, votre place aux funérailles de votre mère. Et pire encore : ceux qui vous frapperont le feront en croyant sincèrement honorer Dieu. Aucune consolation possible en se disant que les persécuteurs sont des méchants cyniques. Ils sont pieux. Pour ces lecteurs, la promesse d'un Consolateur n'avait rien d'une image poétique ; c'était la promesse d'un défenseur au moment où toutes les autres solidarités s'effondrent, et d'une joie « que personne ne vous ôte » quand tout le reste, précisément, est ôté.
La Question
Reste une phrase difficile : « il vous conduira dans toute la vérité ». Toute ? Alors pourquoi tant de choses demeurent-elles obscures, y compris pour des croyants qui prient depuis quarante ans ? Il faut peut-être entendre le verset 12 avant le 13 : « vous ne pouvez les supporter maintenant ». La vérité n'est pas ici un dossier d'informations qu'on livrerait d'un coup, mais un chemin où l'on est conduit, au rythme de ce qu'une âme peut porter. Cela console et cela dérange. Cela veut dire que Dieu retient volontairement certaines choses, qu'Il connaît notre seuil de rupture mieux que nous, et que le silence sur certaines questions n'est pas un oubli mais une retenue. Le texte ne promet pas la clarté immédiate. Il promet un guide.
L'Intertexte
Au verset 32, Jésus annonce la dispersion : « vous me laisserez seul ; et je ne suis pas seul, car le Père est avec moi ». Mettez cela à côté du cri de la croix, « Mon Dieu, mon Dieu, pourquoi m'as-tu abandonné ? » (Matthieu 27), et vous touchez quelque chose que ce chapitre ne résout pas. Celui qui affirme ici n'être jamais seul entrera pourtant dans un abandon réel. Peut-être est-ce justement pour cela que notre solitude n'est plus la dernière parole. Et quand Paul écrit aux Romains que la création entière soupire dans les douleurs de l'enfantement (Romains 8), il ne fait qu'étendre l'image de Jean 16 à l'univers : le monde entier est en travail, et l'Esprit y gémit avec nous.
Réflexion
Où, dans votre vie actuelle, avez-vous cessé de demander à Dieu « Où vas-tu ? » parce que la tristesse a rempli votre cœur ?
Quelle vérité, selon vous, Dieu retient encore parce que vous ne pourriez pas la supporter maintenant, et pouvez-vous Lui faire confiance dans cette retenue ?
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Questions fréquentes sur John 16
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Ce que la communauté partage sur John 16
Réflexions, prières et actions de grâce des lecteurs et de l'équipe de rédaction sur ce passage.
« Quelques-uns donc d'entre ses disciples se dirent les uns aux autres : Qu'est-ce que ceci qu'il nous dit ? » Ils murmurent entre eux, alors que Jésus est là, à portée de voix. Combien de fois as-tu tourné et retourné une question avec d'autres, sans jamais la poser à Lui ? Il ne s'offense pas de nos pourquoi. Il attend qu'on les lui apporte.
Merci, Seigneur Jésus, parce que tu savais qu'ils voulaient t'interroger. Tu connais aussi mes questions que je n'ose pas formuler, et tu viens au-devant d'elles. Merci pour ce "encore un peu de temps et vous me verrez" qui soutient mon cœur.
Merci, Père, parce que tout ce que tu as est à ton Fils, et que l'Esprit prend du sien pour nous l'annoncer. Merci de ne rien nous cacher de Christ, de nous révéler ses richesses jour après jour, et de nous parler encore aujourd'hui par ton Esprit.
« Mais je vous ai dit ces choses, afin que, quand l'heure sera venue, il vous souvienne que moi je vous les ai dites. » Jésus ne t'explique pas tout d'un coup. Il dépose une parole aujourd'hui pour qu'elle remonte en toi le jour difficile. Ce que tu lis maintenant sans le comprendre pourrait bien être ton appui plus tard.
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