Cantique des Cantiques 2
Le texte
Elle se dit fleur des champs, il la nomme lis parmi les épines; elle le compare à un pommier au milieu d'une forêt d'arbres stériles, s'assied à son ombre, goûte son fruit. Puis vient l'appel: la voix du bien-aimé franchit les collines, s'arrête derrière le mur, regarde par les treillis, et dit trois mots qui traversent tout le chapitre: « Lève-toi, mon amie, ma belle, et viens ! » L'hiver est fini. Le chapitre se ferme sur une possession réciproque et une attente: « jusqu'à ce que l'aube se lève et que les ombres fuient ».
Le cœur
Ce chapitre ne démontre rien. Il ne fournit pas de doctrine, il fait entendre une voix. Et c'est peut-être là sa théologie la plus dense: que Dieu, dans Sa Parole, ne se contente pas d'instruire mais désire, appelle, attend derrière un mur. Le verset 4 dit quelque chose d'énorme sous une image domestique: « sa bannière sur moi, c'est l'amour ». Le mot hébreu degel désigne l'étendard militaire, l'enseigne sous laquelle une tribu se range et marche. Ce qui est planté au-dessus d'elle n'est pas la loi, ni la puissance, ni même la promesse: c'est l'amour. Nous sommes habitués à ce que Dieu soit juste, souverain, saint. Ce texte nous laisse sans défense devant l'idée qu'Il puisse être épris.
Le fil rouge
Israël savait déjà que l'alliance se disait en langage nuptial: le prophète Osée fait parler Dieu comme un mari trahi qui reconquiert. Le Cantique prend le même langage mais retire le drame de l'infidélité: il reste la joie nue. Et quand le Nouveau Testament cherche une image pour l'Église, il ne trouve pas mieux qu'une épouse. Or dans le verset 8, ce n'est pas la femme qui gravit les montagnes: c'est lui qui vient, « sautant sur les montagnes, bondissant sur les collines ». Le mouvement part de lui. Toute l'histoire du salut tient dans cette direction. Et le dernier verset laisse la porte ouverte sur une aube qui n'est pas encore levée, sur des ombres qui n'ont pas encore fui. Nous vivons exactement là.
Le miroir
Notez où elle se tient au verset 14: « dans les fentes du rocher, dans les cachettes des lieux escarpés ». C'est une colombe qui se dérobe. Il ne lui reproche pas sa cachette; il lui demande son visage et sa voix. Il y a en nous une pudeur qui ressemble à de l'humilité et qui est souvent de la peur: peur d'être vu tel qu'on est le lundi matin, dans son irritabilité, ses comptes bancaires, sa fatigue conjugale. Nous préférons la relation à distance, la prière bien tournée, le service qui occupe. Et puis il y a les petits renards du verset 15: pas les catastrophes, les petites choses qui ravagent la vigne en fleur. Le sarcasme habituel. L'écran le soir. La rancune tiède qu'on ne nomme jamais.
Le personnage principal
C'est elle qui parle le plus, et c'est elle que ce chapitre nous donne à observer. Elle commence par se situer très bas: « Je suis le narcisse de Saron, le lis des vallées », une fleur de plaine, banale, cueillie par n'importe qui. Il répond en la déplaçant: lis entre les épines. Puis elle ose à son tour dire ce qu'elle éprouve, sans détour: « je suis malade d'amour ». Aucune gêne, aucune spiritualisation. Elle demande à être soutenue, elle s'assied, elle se repose sous une main gauche et une main droite. Son itinéraire va de la modestie qui se rabaisse à l'audace tranquille du verset 16: « Mon bien-aimé est à moi, et je suis à lui ». C'est ainsi que grandit quelqu'un qui a été aimé.
Le profil
Ces chants ont été chantés en Israël lors des noces, dans des villages où l'hiver signifiait des semaines de boue et d'attente, où le retour des fleurs et « la voix de la tourterelle » n'étaient pas une métaphore mais une survie. Les figues d'hiver qui embaument, les vignes en fleur: le calendrier agricole du printemps, entendu par des gens dont le ventre en dépendait. Ils y entendaient donc d'abord ce que le texte dit vraiment, la beauté du corps et du désir dans le mariage, et ils ne trouvaient pas cela indigne d'un rouleau sacré. Plus tard, on lut ce chant à la Pâque, la fête de la sortie d'Égypte: l'hiver passé, la libération, l'amour du Dieu qui vient chercher.
La question
Pourquoi ce serment répété aux filles de Jérusalem: « n'éveillez pas, ne réveillez pas [mon] amour, jusqu'à ce qu'elle le veuille » ? Le texte protège quelque chose contre la précipitation. Mais cela nous laisse mal à l'aise, car nous voudrions pouvoir réveiller l'amour à volonté, y compris l'amour de Dieu en nous. Nous connaissons les hivers spirituels où rien ne fleurit, où l'on force les sentiments par de la musique, des retraites, des lectures. Ce verset dit: non. L'amour a son heure et elle ne t'appartient pas. Ce n'est pas une consolation facile. C'est une invitation à attendre sans mentir sur ce que l'on éprouve, en sachant seulement que le printemps, quand il vient, vient de Lui.
Réflexion
Où sont mes « fentes du rocher », les endroits où je me tiens hors de vue, et que craindrais-je s'Il me demandait mon visage et ma voix ?
Quels sont, concrètement, les petits renards de cette semaine, ceux qui ne détruisent pas la vigne mais qui la grignotent en silence ?
Des livres chrétiens à découvrir
Des livres choisis avec soin, disponibles dans votre langue.
Ce récit intime de conversion invite le lecteur à contempler la grâce de Dieu qui transforme les cœurs les plus tourmentés.
Cette allégorie intemporelle éclaire chaque étape de la vie chrétienne, des combats aux joies célestes.
Les Fondements du christianisme
Lewis expose avec clarté et humour les vérités essentielles de la foi, affermissant l'intelligence et le cœur.
Ces lettres pleines d'esprit démasquent les ruses spirituelles quotidiennes et encouragent la vigilance dans la foi.
Un compagnon de méditation qui appelle à une intimité profonde et humble avec le Christ.
Faith.network earns a small commission on Kobo purchases made through these links, at no extra cost to you. It helps keep the studies free.
Questions fréquentes sur Song of Solomon 2
Des réponses rapides aux questions les plus courantes sur ce passage biblique.
Que signifie Cantique des Cantiques 2 ?
De quoi parle Cantique des Cantiques 2 ?
Quel est le contexte historique de Cantique des Cantiques 2 ?
Que nous enseigne Cantique des Cantiques 2 sur le caractère de Dieu ?
En quoi Cantique des Cantiques 2 reste-t-il pertinent aujourd'hui ?
Ce que la communauté partage sur Song of Solomon 2
Réflexions, prières et actions de grâce des lecteurs et de l'équipe de rédaction sur ce passage.
« Mon bien-aimé m'a parlé, et m'a dit: Lève-toi, mon amie, ma belle, et viens! » Remarque l'ordre: il l'appelle belle avant qu'elle ait bougé. Ce n'est pas une récompense pour s'être levée, c'est ce qui lui donne la force de se lever. Toi aussi, tu attends peut-être de te sentir digne avant de répondre. Lui, il t'appelle d'abord.
Seigneur, tu me regardes comme un lys au milieu des épines, alors que je me sens souvent ordinaire, perdue dans la foule. Merci de me voir, de me choisir, de m'aimer sans me comparer. Apprends-moi à me reposer dans ce regard.
« La voix de mon bien-aimé ! Le voici qui vient, sautant sur les montagnes, bondissant sur les collines. » Elle entend sa voix avant de le voir. Et remarque: les montagnes ne l'arrêtent pas, il les franchit d'un bond. Ce qui te sépare de Celui qui t'aime lui paraît si petit. Reconnais-tu encore sa voix quand elle s'approche?
« Ma colombe, dans les fentes du rocher, dans les retraites des lieux escarpés, montre-moi ton visage, fais-moi entendre ta voix. » Elle s'est cachée, et lui ne la gronde pas. Il l'appelle. Remarque ce qu'il désire: ton visage, ta voix. Pas ta performance. Toi. Là où tu te crois trop abîmé pour être regardé, quelqu'un trouve ta voix douce.
Explorer ce passage à un autre niveau
Débutant, théologien, ou une autre longueur de lecture ? Ajustez les paramètres et générez votre propre version.
Ouvrir dans l'outil d'étude
