1 Pierre 1:1
Le texte
Une seule phrase, et tout est déjà dit : un homme se présente, Pierre, et il ne se présente pas comme pêcheur du lac, ni comme celui qui a renié, mais comme « apôtre de Jésus Christ », envoyé par un Autre. Il écrit à des croyants éparpillés dans cinq provinces du nord et de l'ouest de l'Asie Mineure, des régions réelles, avec des routes, des marchés, des voisins. Et il les nomme de deux manières qui semblent se contredire : ce sont des gens « de la dispersion », qui « séjournent [parmi les nations] », donc sans terre à eux, de passage, étrangers dans leur propre ville ; et ce sont des « élus », choisis. Adresse postale et identité éternelle dans le même souffle.
Le cœur
Ce verset pose la question que tout le reste de la lettre développera : qui décide de votre identité ? Le monde autour d'eux dit : vous êtes des marginaux, des gens sans racines, une secte de plus. Pierre dit : vous êtes des élus. Non pas parce qu'ils auraient mieux réussi, mais parce que Dieu a posé Sa main sur eux, et le verset suivant précise aussitôt d'où vient ce choix : « selon la préconnaissance de Dieu le Père ». L'élection n'est donc pas un trophée à brandir mais un sol sous les pieds de gens qui n'ont plus de sol. Et remarquez l'ordre : Pierre ne leur promet pas d'abord que leur situation changera. Il leur dit qui ils sont pendant que leur situation ne change pas. La grâce ne supprime pas l'exil, elle le traverse.
Le fil conducteur
« Dispersion » n'est pas un mot neutre. C'est le vocabulaire de l'exil d'Israël, des déportés, de ceux qui chantaient mal leurs psaumes loin de Jérusalem. Et « élus » est le titre d'Israël par excellence. Pierre prend les deux mots les plus chargés de l'histoire du peuple de Dieu et les pose sur la tête de gens qui, pour la plupart, n'avaient jamais mis les pieds dans une synagogue. Il peut le faire pour une seule raison, qu'il dira plus loin : le sang « d'un agneau sans défaut et sans tache, préconnu dès avant la fondation du monde ». Le même mot que dans le verset suivant, « la préconnaissance de Dieu le Père » : ils sont connus d'avance parce qu'Il a été connu d'avance. L'élection n'est pas un tirage au sort divin ; elle est une participation. On est élu dans l'Élu, comme on est réchauffé dans une pièce déjà chauffée par un autre.
Le miroir
Vous connaissez ce moment à la machine à café, quand la conversation dérape vers ce que vous croyez et que vous sentez un léger décrochage, une distance polie. Ou ce repas de famille où votre foi est traitée comme une phase un peu longue. Pierre ne vous propose pas de reconquérir cette place. Il vous dit : vous êtes des gens de passage, et cela ne changera pas. Ce qui met le doigt sur un endroit sensible : combien d'énergie dépensez-vous à redevenir normal ? À arrondir les angles pour que la maison, le poste, le cercle d'amis vous confirment que vous appartenez bien ici ? Le verset coupe cette corde-là, et en attache une autre, plus haut. Aujourd'hui : prenez une feuille, écrivez le nom de votre rue, et en dessous les deux mots de Pierre, « séjournant » et « élu ». Lisez-les à voix haute, dans cet ordre, une fois.
La question
Si Dieu élit, que dire de ceux qu'Il n'élit pas ? Le texte ne répond pas, et il faut résister à la tentation de répondre à sa place. Remarquez plutôt ce que Pierre fait de ce mot : il ne le donne pas à des gens confortables pour qu'ils classent l'humanité, il le donne à des gens humiliés pour qu'ils tiennent debout. L'élection, ici, est un manteau jeté sur des épaules qui tremblent, pas une carte du monde avec des zones colorées. Cela ne dissout pas la difficulté ; la préconnaissance de Dieu précède bel et bien notre choix, et cela reste vertigineux. Mais la lettre ne finit jamais dans le vertige : elle finit toujours sur le sang versé et sur la parole annoncée. Là où vous ne voyez pas clair, regardez la croix, qui est le seul endroit où l'élection se laisse lire.
Le détail
Le mot grec derrière « qui séjournent » est parepidēmoi, littéralement des résidents de passage. Ce n'était pas une image pieuse mais un statut juridique. Dans une cité de l'Empire, le parepidēmos payait des taxes, ne votait pas, ne possédait souvent pas de terre, n'avait aucun recours véritable quand on lui cherchait querelle. Il vivait à la tolérance des autres. Pierre prend ce mot de bureau administratif, ce mot d'humiliation ordinaire, et en fait une identité spirituelle : vous êtes ici en séjour, oui, et c'est exact, et c'est voulu. Il ne nie pas leur précarité, il la retourne. Ce n'est pas un accident de parcours, c'est la forme que prend la vie de quelqu'un dont l'héritage est, comme il le dira, « conservé dans les cieux ».
Le profil
Ces cinq provinces, énumérées dans un ordre qui dessine à peu près la boucle qu'un porteur de lettre faisait à pied et en bateau, couvrent un immense territoire du nord de l'actuelle Turquie. Les lecteurs y étaient minoritaires, dispersés en petits groupes, souvent d'origine païenne : Pierre parlera de « vos convoitises d'autrefois pendant votre ignorance » et de la « vaine conduite » héritée de leurs pères. Se convertir, pour eux, signifiait quitter les fêtes du quartier, les repas du temple, les corporations de métier, parfois la solidarité familiale. Ils perdaient leur réseau. Et voilà qu'un homme leur écrit et leur donne les titres d'Israël. Ce qu'ils entendaient dans ce verset, ce n'était pas une théorie de la prédestination. C'était : vous n'avez pas été jetés dehors. Vous avez été appelés dedans.
Réflexion
Où, cette semaine, ai-je essayé de ne plus être « de passage », de me faire une place qui me dispense de dépendre de l'élection de Dieu ?
Si mon identité vient d'un Agneau « préconnu dès avant la fondation du monde », qu'est-ce que cela change concrètement dans la façon dont j'encaisse une critique ou un échec ?
Des livres chrétiens à découvrir
Des livres choisis avec soin, disponibles dans votre langue.
Ce récit intime de conversion invite le lecteur à contempler la grâce de Dieu qui transforme les cœurs les plus tourmentés.
Cette allégorie intemporelle éclaire chaque étape de la vie chrétienne, des combats aux joies célestes.
Les Fondements du christianisme
Lewis expose avec clarté et humour les vérités essentielles de la foi, affermissant l'intelligence et le cœur.
Ces lettres pleines d'esprit démasquent les ruses spirituelles quotidiennes et encouragent la vigilance dans la foi.
Un compagnon de méditation qui appelle à une intimité profonde et humble avec le Christ.
En tant que Partenaire Amazon, Faith.network gagne une commission sur les achats admissibles. Cela permet de garder la plateforme gratuite.
Questions fréquentes sur 1 Peter 1:1
Des réponses rapides aux questions les plus courantes sur ce passage biblique.
Que signifie 1 Pierre 1:1 ?
De quoi parle 1 Pierre 1:1 ?
Quel est le contexte historique de 1 Pierre 1:1 ?
Que nous enseigne 1 Pierre 1:1 sur le caractère de Dieu ?
En quoi 1 Pierre 1:1 reste-t-il pertinent aujourd'hui ?
Ce que la communauté partage sur 1 Peter 1
Réflexions, prières et actions de grâce des lecteurs et de l'équipe de rédaction sur ce passage.
Merci, Père, d'avoir purifié nos âmes par l'obéissance à la vérité. Merci pour cette affection fraternelle sans hypocrisie que tu déposes en nous, pour les frères et sœurs que tu nous donnes d'aimer ardemment, d'un cœur pur.
Père, c'est par Jésus que je te connais, toi qui l'as relevé d'entre les morts. Quand mes forces vacillent, rappelle-moi que ma confiance ne repose pas sur moi, mais sur toi. Que ma foi et mon espérance trouvent en toi leur repos.
« Concerning which salvation prophets, who have prophesied of the grace towards you, sought out and searched out. » Ils ont cherché, fouillé, sans jamais voir le jour que tu vis. Ce salut que tu trouves parfois banal, d'autres l'ont désiré toute leur vie sans le tenir. Le tiens-tu encore comme un trésor ?
« Ayant ceint les reins de votre entendement et étant sobres, espérez parfaitement dans la grâce qui vous sera apportée à la révélation de Jésus Christ. » Ceindre ses reins, c'était relever son vêtement pour pouvoir marcher vite. Ta pensée aussi peut traîner par terre. Qu'est-ce qui, aujourd'hui, alourdit ta marche ? Relève-le, et espère.
Explorer ce passage à un autre niveau
Débutant, théologien, ou une autre longueur de lecture ? Ajustez les paramètres et générez votre propre version.
Ouvrir dans l'outil d'étude