Genèse 2:9
Le texte
L'Éternel Dieu fait monter du sol des arbres, et le narrateur prend le temps de dire lesquels : « tout arbre agréable à voir et bon à manger ». D'abord la beauté, ensuite la nourriture, comme si Dieu ne se contentait pas de nous maintenir en vie mais voulait aussi réjouir nos yeux. Puis, presque en passant, deux arbres reçoivent un nom propre : l'arbre de vie, planté au milieu du jardin, et l'arbre de la connaissance du bien et du mal. Le verset ne dit encore rien d'un interdit, rien d'un danger. Il énumère seulement, avec un calme désarmant, ce que Dieu a fait pousser pour l'homme qu'Il vient de former de la poussière.
Le cœur
Ce verset dit d'abord ceci : avant tout commandement, il y a un don. Dieu ne place pas l'homme devant un test, Il le place devant une table. L'abondance précède l'obligation, la générosité précède la loi, et c'est là la grammaire de la grâce dans toute l'Écriture. Mais au milieu de cette abondance se dressent deux arbres qui font de l'homme autre chose qu'un animal repu. L'arbre de vie signifie que la vie de l'homme n'est pas une propriété qu'il possède, mais un cadeau qu'il reçoit continuellement de la main de Dieu. Et l'arbre de la connaissance du bien et du mal signifie que le bien et le mal ne sont pas à sa disposition, qu'ils lui viennent d'ailleurs. Créature aimée, créature limitée : les deux à la fois, et les deux au même endroit.
Le fil rouge
Deux arbres au milieu du jardin, et toute l'histoire du salut se joue entre eux. L'homme tendra la main vers le mauvais, et dès lors l'arbre de vie devient inaccessible, gardé par des chérubins et une épée. Ce que Genèse ouvre, l'Écriture ne refermera qu'à la fin : dans la dernière vision de l'Apocalypse, l'arbre de vie se dresse à nouveau, sur les deux rives du fleuve, et ses feuilles guérissent les nations. Entre ces deux arbres il y en a un troisième, un bois qui n'est ni beau à voir ni bon à manger, une croix. Christ prend l'arbre de la malédiction pour nous rendre l'arbre de la vie. Le chemin vers Éden ne passe pas par un retour en arrière, mais par un Golgotha.
Le miroir
Nous vivons rarement comme des gens qui reçoivent. Vous avez travaillé pour votre salaire, vous avez mérité vos vacances, vous avez construit votre famille : la vie ressemble à une propriété, pas à un cadeau qui pourrait être retiré. Jusqu'au jour où le médecin prononce un mot, où l'entreprise ferme, où un enfant s'éloigne, et où l'on découvre que l'arbre de vie n'a jamais poussé dans notre jardin privé. Et l'autre arbre nous tente encore plus subtilement : décider soi-même ce qui est bien, dans les affaires, dans le lit, dans les mots qu'on dit d'un collègue. Nous ne voulons pas être méchants, nous voulons être juges. C'est précisément ce qui nous a été refusé.
Aujourd'hui : nommez à voix haute, seul dans une pièce, trois choses de votre vie que vous n'avez pas fabriquées vous-même, et dites après chacune : « cela m'a été donné ».
Le contexte
Les premiers auditeurs de ce texte connaissaient les jardins royaux. Un roi assyrien ou perse plantait un parc irrigué, avec des arbres rares venus des pays conquis, et y installait qui il voulait ; y être admis était un honneur politique. Genèse reprend cette image et la retourne : le vrai Roi plante un jardin, non pour Sa gloire privée, mais pour y placer un homme fait de poussière. Autour d'Israël, on racontait aussi des histoires de plantes d'immortalité que les dieux gardaient jalousement, hors de portée des mortels. Ici, l'arbre de vie n'est pas caché : il pousse au milieu, à portée de main. Le Dieu de Genèse ne protège pas Sa vie contre l'homme. Il l'offre.
Le détail
« Au milieu du jardin. » Le texte réserve cette précision à l'arbre de vie seul, et c'est un détail qui pèse. Le centre, dans une géographie ancienne, n'est pas un lieu comme un autre : c'est le point d'orientation, ce qui donne sens à tout le reste, comme l'autel au centre du sanctuaire. Tant que l'homme mange librement des arbres et vit du centre qui lui est donné, tout tient. Mais remarquez ce qui arrive plus tard : Ève, interrogée par le serpent, déplacera l'arbre défendu au milieu du jardin. Ce qui était périphérique devient central. C'est peut-être la définition la plus exacte du péché : non pas inventer un nouveau désir, mais déplacer le centre.
La question
Pourquoi Dieu a-t-Il fait pousser cet arbre-là ? S'Il savait, pourquoi le planter à portée de main ? On peut répondre qu'un amour sans possibilité de refus n'est pas un amour, et c'est vrai, mais cela reste une réponse d'après coup, une explication de notre côté de la catastrophe. Le texte ne l'offre pas. Il dit seulement que Dieu l'a fait croître, et le laisse là, sans justification. Il faut sans doute accepter que la liberté ait été un risque réel, que Dieu ait délibérément mis en jeu Sa propre création, et qu'Il en ait payé le prix Lui-même, dans Son Fils. Cela n'apaise pas la question. Cela déplace seulement le lieu où l'on attend la réponse : non dans le jardin, mais à la croix.
Réflexion
Où, cette semaine, avez-vous agi comme si le bien et le mal étaient à votre disposition plutôt que reçus d'ailleurs ?
Qu'est-ce qui occupe aujourd'hui le milieu de votre jardin, et comment le sauriez-vous si vous ne vous mentiez pas ?
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Questions fréquentes sur Genesis 2:9
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Ce que la communauté partage sur Genesis 2
Réflexions, prières et actions de grâce des lecteurs et de l'équipe de rédaction sur ce passage.
« Le nom de la première est Pishon : c'est elle qui entoure tout le pays de Havila, où il y a de l'or. » Avant que quiconque ait creusé, cherché, convoité, l'or était déjà là, posé par Dieu, et un fleuve venu du jardin venait l'entourer. Ce que tu cherches si durement, Dieu l'avait déjà placé. Et c'est son fleuve, pas ta soif, qui en fait le tour.
Dieu forme les animaux, puis "les fit venir vers l'homme pour voir comment il les nommerait". Il aurait pu tout nommer lui-même. Il choisit d'attendre, curieux, devant ce qu'Adam allait dire. Et il garde ce nom. Tu as un Dieu qui te confie une part du travail, et qui respecte ta parole. Qu'en fais-tu aujourd'hui ?
« Et l'Éternel Dieu forma l'homme, poussière du sol, et souffla dans ses narines une respiration de vie. » Remarque la distance que Dieu franchit : il se penche, si près qu'il touche ton visage. Tu es poussière, oui, mais une poussière habitée par son souffle. Chaque respiration d'aujourd'hui te rappelle de qui elle vient.
Ce sont là les générations des cieux et de la terre lorsqu'ils furent créés, au jour où l'Éternel Dieu fit la terre et les cieux." Jusqu'ici, il était simplement Dieu, le Créateur immense. Ici, son nom propre apparaît. Celui qui a formé les galaxies veut que tu l'appelles par son nom. La puissance se penche vers l'intimité.
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