Explication biblique

Job 2:10

Bible

Le texte

Job est assis dans la cendre, couvert d'ulcères de la plante des pieds au sommet de la tête, raclant sa peau avec un morceau de poterie cassée. Sa femme, qui a enterré les mêmes dix enfants que lui, lui dit ce que beaucoup penseraient : finis-en, maudis Dieu et meurs. Job répond qu'elle parle comme une insensée et pose la question qui tient tout le livre en équilibre : si nous avons reçu le bien de la part de Dieu, pourquoi refuserions-nous le mal ?

Le cœur

Job ne dit pas que la souffrance est bonne. Il ne dit pas non plus qu'elle vient d'ailleurs que de Dieu. Il refuse précisément la solution la plus confortable : couper Dieu en deux, garder un Dieu du bonheur et inventer une autre instance responsable des catastrophes. Le lecteur, lui, a vu la scène céleste des versets 1 à 6 et sait que Satan a frappé. Job ne le sait pas, et pourtant sa théologie est plus juste que la nôtre quand nous cherchons des coupables secondaires. Il tient ensemble deux choses insupportables : Dieu est bon, et ce qui m'arrive vient de sa main. Il ne résout pas la tension, il la porte. C'est cela, la foi, tant qu'on n'a pas encore de réponse.

Le fil conducteur

Dieu appelle Job « mon serviteur » (verset 3), et le livre entier met en scène un juste englouti « sans cause ». Cette combinaison, serviteur, juste, souffrance imméritée, ne trouve pas son terme dans Job. Elle attend le Serviteur d'Ésaïe 53, frappé sans avoir commis de violence, et elle aboutit à Gethsémané, où un autre Homme reçoit de la main du Père une coupe qu'Il n'a pas méritée et refuse de la renvoyer. Job dit : recevrions-nous le bien sans recevoir le mal ? Jésus dira, en substance, la même chose, mais pour d'autres. Là se trouve la différence décisive. Job souffre en innocent ; Christ souffre en substitut. Job garde son intégrité ; Christ nous la donne. L'ombre est réelle, la lumière est ailleurs.

Le miroir

Nous signons volontiers pour le bien : la santé, le salaire qui tombe, les enfants qui vont bien, le corps qui suit encore. Nous appelons cela bénédiction et nous remercions sincèrement. Puis vient le diagnostic, le licenciement à cinquante-deux ans, le fils qui ne répond plus au téléphone, et soudain nous exigeons un dossier explicatif avant de continuer à croire. La femme de Job n'est pas une caricature : elle dit tout haut le raisonnement que nous tenons tout bas, à savoir qu'un Dieu qui laisse cela ne mérite plus rien. Job ne la méprise pas, il la contredit. Aujourd'hui : écrivez sur un papier la chose la plus dure que vous portiez en ce moment, à voix haute lisez-la, et ajoutez cette phrase : « je la reçois aussi de Ta main ». Puis gardez le papier.

Le détail

Le verbe traduit par « recevoir » est rare en hébreu ancien : qabal. Il ne signifie pas subir, encaisser, se résigner. Il désigne un geste actif, les mains qui s'ouvrent et prennent ce qu'on leur tend. Job ne dit pas « nous avons été frappés », il dit « nous avons reçu », comme on reçoit un présent d'un ami. Le même verbe couvre le bien et le mal, ce qui est proprement scandaleux, et c'est délibéré. Job traite le désastre comme quelque chose qui lui est remis par quelqu'un, non comme un accident aveugle. Remarquez ensuite la précision du narrateur : Job ne pécha point de ses lèvres. Cette limite est posée exprès. Le chapitre suivant ouvrira la bouche de Job d'une tout autre manière.

Contexte

Nous sommes dans un monde patriarcal, hors d'Israël, avant la loi de Moïse. La richesse de Job, ses troupeaux, ses serviteurs, ses dix enfants, le plaçait au sommet de sa société, et dans la logique de l'époque cette prospérité était la preuve visible de sa droiture. Sa maladie de peau ne le rend pas seulement souffrant, elle le rend impur, exclu, assis hors du village dans le tas de cendres où l'on jette les déchets. Un homme d'honneur est devenu un homme qu'on ne reconnaît plus de loin, comme le diront les versets 11 et 12. Sa femme a tout perdu elle aussi, sans même la dignité d'être interrogée par Dieu. Sa phrase brutale est celle d'une femme ruinée qui veut au moins épargner à son mari une agonie lente.

La question

Dieu envoie-t-il vraiment le mal ? Le texte ne recule pas devant cette conclusion, et le narrateur ajoute aussitôt que Job n'a pas péché en la formulant. Mais méfions-nous d'en faire une doctrine tranquille dont nous asperger les uns les autres au bord des tombes. Job dit cela au premier jour, debout dans sa foi ; trois chapitres plus loin, il maudira le jour de sa naissance et accusera Dieu de l'avoir pris pour cible. Et à la fin, ce sont ses amis, les défenseurs des explications correctes, que Dieu réprimande, pas Job. Le livre laisse donc ouvert ce que nous voudrions fermer. La bonne réponse au premier jour peut devenir un mensonge au trentième, et Dieu semble préférer la plainte honnête à la pieuse formule.

Réflexion

Quelle part de votre vie traitez-vous comme une chose reçue, et quelle part comme un dû que Dieu n'avait pas le droit de reprendre ?

Si Christ a reçu la coupe pour vous, qu'est-ce que cela change à ce que vous portez aujourd'hui, concrètement, et pas seulement en théorie ?

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Questions fréquentes sur Job 2:10

Des réponses rapides aux questions les plus courantes sur ce passage biblique.

Que signifie Job 2:10 ?
Job est assis dans la cendre, couvert d'ulcères de la plante des pieds au sommet de la tête, raclant sa peau avec un morceau de poterie cassée. Sa femme, qui a enterré les mêmes dix enfants que lui, lui dit ce que beaucoup penseraient : finis-en, maudis Dieu et meurs.
De quoi parle Job 2:10 ?
Dieu appelle Job « mon serviteur » (verset 3), et le livre entier met en scène un juste englouti « sans cause ». Cette combinaison, serviteur, juste, souffrance imméritée, ne trouve pas son terme dans Job.
Quel est le contexte historique de Job 2:10 ?
Le verbe traduit par « recevoir » est rare en hébreu ancien : qabal. Il ne signifie pas subir, encaisser, se résigner. Il désigne un geste actif, les mains qui s'ouvrent et prennent ce qu'on leur tend. Job ne dit pas « nous avons été frappés », il dit « nous avons reçu », comme on reçoit un présent d'un ami.
Que nous enseigne Job 2:10 sur le caractère de Dieu ?
Dieu envoie-t-il vraiment le mal ? Le texte ne recule pas devant cette conclusion, et le narrateur ajoute aussitôt que Job n'a pas péché en la formulant. Mais méfions-nous d'en faire une doctrine tranquille dont nous asperger les uns les autres au bord des tombes.
En quoi Job 2:10 reste-t-il pertinent aujourd'hui ?
Si Christ a reçu la coupe pour vous, qu'est-ce que cela change à ce que vous portez aujourd'hui, concrètement, et pas seulement en théorie ?

Qu'est-ce qui vous touche dans Job 2 ?

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