Josué, fils de Nun : le javelot, la guerre et la pierre de Sichem
Qui est Josué
Josué (יְהוֹשׁוּעַ) est présenté par les données de référence utilisées ici (TIPNR, STEP Bible) comme un juge, fils de Nun, de la tribu d'Ephraim, vivant au temps du désert et d'Israël avant la monarchie. Selon Ussher, Annals of the World (1650) : naissance en 1536 av. J.-C., décès en 1426 av. J.-C. (110 ans). Son empreinte dans l'Écriture est large : environ 190 versets répartis sur 46 passages, la première mention en Exodus 17:9, la dernière dans Hebrews. Le livre qui porte son nom en concentre l'essentiel avec 151 versets, devant Numbers, Deuteronomy, Exodus et Judges ; son nom reparaît ensuite en 1 Kings, 1 Chronicles, Nehemiah, puis en Acts et en Hebrews.
Des mentions avant les scènes
Les premières apparitions relevées se trouvent en Exodus 17:9-10 et Exodus 17:13-14, puis dans Numbers et Deuteronomy, et encore en Joshua 2:23-24 ; 3:5-7 ; 3:9-10 ; 4:4-5 ; 4:8-10 ; 4:14-15 ; 5:2-4 ; 5:13-15 ; 6:25-27. Le texte de ces versets n'étant pas fourni ici, ils sont cités comme références et rien de plus : ce sont des mentions que le lecteur devra ouvrir lui-même, sans que je les raconte à sa place.
La vallée d'Acor
La première scène dont le texte nous est donné est une scène de jugement. « Et Josué envoya des messagers qui coururent à la tente, et voici, [le manteau] était caché dans la tente d'Acan, et l'argent dessous. » (Joshua 7:22) Puis : « Alors Josué et tout Israël avec lui prirent Acan, fils de Zérakh, et l'argent, et le manteau, et le lingot d'or, et ses fils, et ses filles, et ses bœufs, et ses ânes, et son menu bétail, et sa tente, et tout ce qui était à lui, et les firent monter dans la vallée d'Acor. » (Joshua 7:24) La parole de sentence est de Josué : « Comme tu nous as troublés ! L'Éternel te troublera en ce jour. » (Joshua 7:25) Le récit n'atténue rien : les fils et les filles montent avec le père, et tout Israël lapide. Voir aussi Joshua 7:2-3 ; 7:6-7 ; 7:19-20.
Aï, puis un autel
« Et Josué ne retira point sa main qu'il avait étendue avec le javelot, jusqu'à ce qu'on ait entièrement détruit tous les habitants d'Aï. » (Joshua 8:26) La ville est brûlée et réduite à un monceau de ruines, son roi pendu à un arbre puis descendu au coucher du soleil et recouvert d'un grand monceau de pierres (Joshua 8:28-29). Aussitôt après la guerre vient le culte : « Alors Josué bâtit un autel à l'Éternel, le Dieu d'Israël, sur la montagne d'Ébal » (Joshua 8:30). Voir encore Joshua 8:9-10 ; 8:15-16.
Gabaon et la marche de nuit
Les hommes de Gabaon envoient un appel au camp, à Guilgal : « monte vers nous en hâte, et sauve-nous et aide-nous ; car tous les rois des Amoréens qui habitent dans la montagne se sont réunis contre nous. » (Joshua 10:6) La parole de Dieu précède la bataille : « Ne les crains pas, car je les ai livrés en ta main ; pas un d'entre eux ne tiendra devant toi. » (Joshua 10:8) Et Josué « monta de Guilgal toute la nuit » avant de tomber sur eux tout à coup (Joshua 10:9). Voir aussi Joshua 9:2-3 ; 10:17-18 ; 10:20-22.
Après la victoire, il fait amener les rois et dit aux capitaines : « Approchez-vous, mettez vos pieds sur les cous de ces rois. » (Joshua 10:24) Puis il les exhorte : « Ne craignez point, et ne soyez pas effrayés ; fortifiez-vous, et soyez fermes ; car l'Éternel fera ainsi à tous vos ennemis contre lesquels vous combattez. » (Joshua 10:25) Suivent l'exécution des rois, la caverne fermée de grandes pierres, et la prise de Makkéda, traitée comme le roi de Jéricho l'avait été (Joshua 10:26-28).
Les mots durs que le texte assume
Le résumé de la campagne n'est pas adouci : « il ne laissa pas un réchappé ; mais il détruisit entièrement tout ce qui respirait, comme l'Éternel, le Dieu d'Israël, l'avait commandé » (Joshua 10:40). Le pays est frappé depuis Kadès-Barnéa jusqu'à Gaza, et tout le pays de Goshen, jusqu'à Gabaon (Joshua 10:41). Et le narrateur donne sa clef deux versets plus loin : « car l'Éternel, le Dieu d'Israël, combattait pour Israël » (Joshua 10:42). Les passages dont nous avons le texte ici ne rapportent aucune faute personnelle de Josué ; ce qu'ils rapportent de terrible, ils l'attribuent à un ordre reçu. D'autres épisodes sont référencés sans texte : Joshua 10:33-34 ; 11:6-16 ; 17:14-15 ; 18:8-10 ; 22:6-7 ; 23:1-2 ; 24:1-2 ; 24:21-22 ; Judges 2:6-8 ; 1 Kings 16:34 ; 1 Chronicles 7:27.
L'alliance à Sichem
À la fin, le peuple déclare : « Nous servirons l'Éternel, notre Dieu, et nous écouterons sa voix. » (Joshua 24:24) Josué conclut une alliance, établit un statut et une ordonnance à Sichem, écrit ces paroles dans le livre de la loi de Dieu, dresse une grande pierre sous le chêne près du sanctuaire, et dit : « Voici, cette pierre sera témoin contre nous, car elle a entendu toutes les paroles de l'Éternel, qu'il nous a dites » (Joshua 24:25-27). Puis, sobrement : « Et Josué renvoya le peuple, chacun à son héritage. » (Joshua 24:28)
Ce que nous ne savons pas
Aucun enfant de Josué n'est nommé. Sur ce point le dossier se tait, et il vaut mieux se taire avec lui plutôt que de combler le vide.
La suite du nom en Acts et en Hebrews
Deux références seulement portent ce nom hors des livres d'Israël : Acts 7:45 et Hebrews 4:8. Le texte de ces deux versets n'est pas fourni ici et je ne le paraphraserai pas de mémoire. Mais leur existence suffit à signaler que la prédication des apôtres et l'argument de Hebrews ont eu besoin de cet homme, de son entrée dans le pays et de ce qu'il n'a pas achevé. Lisez-les tous les deux, avec Joshua 24:24-28 ouvert à côté.

