Samson, le juge fortifié une dernière fois
Samson est un juge, un homme dont le nom hébreu est שִׁמְשׁוֹן. Il vit avant la monarchie, à une époque située environ 1451 av. J.-C. à 1095 av. J.-C. (époque située selon la chronologie d'Ussher, 1650). Son empreinte dans l'Écriture est courte et concentrée : trente-sept versets dans le livre de Judges, et un seul verset ailleurs, en Hebrews. Son père est Manoah (Judges 13:2). Sa première mention est Judges 13:24 ; la dernière se trouve en Hebrews 11:32.
Le fils de Manoah
Le récit s'ouvre sobrement avec sa naissance et son nom (Judges 13:24). Puis vient une femme : Samson la voit, et l'histoire s'engage aussitôt (Judges 14:1 ; 14:3). Suivent une descente, une fête, une énigme proposée aux convives (Judges 14:5 ; 14:7 ; 14:10 ; 14:12). Ce sont, pour la plupart, des versets isolés que le dossier retient sans en citer le texte ; il faut donc les lire soi-même, sans rien y broder.
La scène qui nous est donnée mot pour mot est celle de la pression exercée sur sa femme : « Et il arriva, le septième jour, qu'ils dirent à la femme de Samson : Persuade ton mari, et il nous expliquera l'énigme, de peur que nous ne te brûlions au feu, toi et la maison de ton père. C'est pour nous dépouiller que vous nous avez appelés, n'est-ce pas ? Et la femme de Samson pleura auprès de lui, et dit : Tu n'as pour moi que de la haine, et tu ne m'aimes pas ; tu as proposé une énigme aux fils de mon peuple, et tu ne me l'as pas expliquée » (Judges 14:15-16). Samson répond par une question qui ferme la porte : ce qu'il n'a pas dit à son père et à sa mère, le dira-t-il à elle ? Le chapitre s'achève sur une note dure (Judges 14:20).
Les chacals et le rocher d'Étam
Le chapitre suivant commence par un retour de Samson (Judges 15:1), puis vient sa décision : « Cette fois je suis innocent à l'égard des Philistins si je leur fais du mal. Et Samson s'en alla, et prit 300 chacals ; et il prit des torches, et tourna [les chacals] queue contre queue, et mit une torche entre les deux queues, au milieu » (Judges 15:3-4). La riposte et la parole de Samson suivent (Judges 15:6-7).
Alors le conflit atteint les siens. « Et les hommes de Juda dirent : Pourquoi êtes-vous montés contre nous ? Et ils dirent : Nous sommes montés pour lier Samson, afin de lui faire comme il nous a fait. Et 3 000 hommes de Juda descendirent à la caverne du rocher d'Étam, et dirent à Samson : Ne sais-tu pas que les Philistins dominent sur nous ? Et que nous as-tu fait ? Et il leur dit : Comme ils m'ont fait, ainsi je leur ai fait. Et ils lui dirent : Nous sommes descendus pour te lier, afin de te livrer en la main des Philistins » (Judges 15:10-12). Il ne demande qu'un serment : qu'ils ne se jettent pas sur lui. Le chapitre garde ensuite une parole de sa bouche (Judges 15:16).
Gaza, Delila, et la maison remplie
« Et Samson alla à Gaza, et il vit là une prostituée et entra vers elle. » La ville l'entoure et le guette toute la nuit à la porte, en se disant : « À la lumière du matin, nous le tuerons. » Au milieu de la nuit il se lève, saisit les battants de la porte, les deux poteaux et la barre, les met sur ses épaules et les porte au sommet de la montagne qui est en face de Hébron (Judges 16:1-3).
Puis vient Delila. Le jeu des questions et des liens se répète (Judges 16:6-7 ; 16:9-10), et le texte montre l'usure : « Et Delila prit des cordes neuves, et le lia avec ces [cordes], et lui dit : Les Philistins sont sur toi, Samson ! ... Jusqu'ici tu t'es moqué de moi, et tu m'as dit des mensonges ; déclare-moi avec quoi tu pourrais être lié » (Judges 16:12-14). Il donne encore une réponse fausse, sept tresses tissées avec le fil ; il se réveille et arrache la cheville. Le récit se poursuit (Judges 16:20 ; 16:23).
La dernière scène le trouve prisonnier et objet de divertissement : « Appelez Samson, et qu'il nous amuse ! » La maison est remplie d'hommes et de femmes, tous les princes des Philistins sont là, et sur le toit environ 3 000 hommes et femmes le regardent jouer. Il demande au garçon qui le tient par la main de le laisser toucher les colonnes sur lesquelles la maison est assise. Puis il prie : « Seigneur Éternel ! souviens-toi de moi, je te prie, et fortifie-moi, je te prie, seulement cette fois, ô Dieu ! afin que, d'une seule vengeance, je me venge des Philistins pour mes deux yeux. » Le texte cité s'achève sur ses mains : il saisit les deux colonnes du milieu, l'une de sa main droite, et l'autre de sa main gauche (Judges 16:25-30).
Ses fautes, nommées
L'Écriture ne le protège pas. Il entre chez une prostituée à Gaza (Judges 16:1-3). Il ment, et on le lui dit en face : « tu t'es moqué de moi, et tu m'as dit des mensonges » (Judges 16:12-14). Sa réponse à sa femme n'est pas de l'amour mais un refus sec (Judges 14:15-16). Sa logique est celle de la revanche, avouée sans détour : « Comme ils m'ont fait, ainsi je leur ai fait » (Judges 15:10-12), et sa dernière prière demande une vengeance pour ses deux yeux (Judges 16:25-30).
Ce que nous ne savons pas
Aucun enfant ne lui est nommé. Aucune tribu ni aucun peuple ne lui est attribué. Le texte cité ne dit rien de plus, et il ne faut pas lui faire dire davantage.
Son nom retenu en Hebrews 11:32
Une seule référence est portée ici hors de Judges : Hebrews 11:32. Le texte de ce verset n'est pas cité dans le dossier ; nous n'en dirons donc que ceci : le nom de cet homme de force et d'échecs y est retenu. Celui qui priait « souviens-toi de moi » (Judges 16:25-30) n'a pas été oublié par l'Écriture.
