2 Pierre 3:8
Le texte
Pierre vient de décrire des moqueurs qui ricanent parce que rien ne bouge : « Où est la promesse de sa venue ? » Les générations passent, le monde continue son train, et la promesse semble se périmer. À cela Pierre oppose une seule chose, et il la présente comme un savoir que les croyants n'ont pas le droit d'ignorer : « qu'un jour est devant le Seigneur comme 1 000 ans, et 1 000 ans comme un jour ». Autrement dit : votre calendrier n'est pas le Sien. Ce qui vous paraît un retard interminable n'est, de Son côté, ni long ni court de la façon dont vous le pensez.
Le cœur
Pierre ne dit pas que Dieu est indifférent au temps, ni que le temps serait une illusion. Il dit que Dieu n'est pas enfermé dedans comme nous le sommes. Nous mesurons la fidélité de quelqu'un à sa ponctualité ; nous concluons d'un silence prolongé qu'il n'y a plus personne au bout du fil. Appliquée à Dieu, cette logique produit soit le cynisme des moqueurs, soit l'angoisse du croyant qui compte les années. Pierre coupe court : la lenteur apparente n'est pas de la négligence, c'est l'espace que Dieu ouvre, et le verset suivant le dit sans détour, parce qu'Il « est patient envers vous ». Le temps qui nous exaspère est donc du temps donné. Ce que nous appelons attente, Dieu l'appelle délai de grâce, et nous vivons tous dedans.
Le fil conducteur
Pierre a déjà posé le précédent quelques versets plus haut : le monde d'alors « fut détruit, étant submergé par de l'eau ». Avant ce déluge, il y a eu de longues années pendant lesquelles rien ne se passait, sinon un homme qui construisait un bateau sous les rires. La patience de Dieu n'est donc pas une nouveauté chrétienne ; c'est Sa manière constante d'agir dans l'histoire, et elle a toujours ressemblé, vue d'en bas, à de l'inaction. Le même schéma culmine en Christ : des siècles de promesses non tenues, puis une venue soudaine, à l'heure que personne n'avait calculée. Le temps qui sépare maintenant Sa première venue de la seconde n'est pas un vide. C'est le prolongement de la croix dans la durée : de la place laissée pour que « tous viennent à la repentance ».
Le miroir
Ce verset dérange plus qu'il ne console, si on le prend au sérieux. Car la patience de Dieu s'exerce aussi envers des gens que vous avez rayés de votre liste. Ce collègue dont vous dites qu'il ne changera jamais. Ce frère avec qui vous ne parlez plus depuis six ans et dont vous avez décidé, intérieurement, que le dossier était clos. Votre enfant qui a quitté la foi et pour lequel vous avez cessé de prier, non par révolte, mais par fatigue statistique. Dieu, Lui, compte autrement. Et le verset vous retourne la question : combien d'années a-t-Il attendues pour vous, sans que vous appeliez cela du retard ? Si mille ans sont devant Lui comme un jour, votre « c'est trop tard » n'est qu'une impatience déguisée en réalisme.
Aujourd'hui : écrivez sur un papier le nom de la personne que vous avez abandonnée en silence, et priez pour elle une minute, à voix haute, en commençant par ces mots : « Seigneur, Tu es patient envers elle. »
Le portrait
Ceux qui reçoivent cette lettre appartiennent à la deuxième génération. Les témoins oculaires meurent : « depuis que les pères se sont endormis », disent les moqueurs, et c'est une douleur réelle avant d'être un argument. On avait annoncé un retour ; on enterre ceux qui l'avaient annoncé. Autour d'eux, la culture gréco-romaine tient que le monde tourne en cycles immuables, sans commencement ni fin, sans jugement au bout. Entendre alors qu'un jour est devant le Seigneur comme mille ans, c'est entendre ce que le Psaume 90 disait déjà à Israël en exil : Dieu n'a pas vieilli pendant que nous mourions. Pour eux, ce verset n'est pas de la spéculation sur l'éternité, c'est un soutien pour tenir debout devant des voisins qui ricanent.
Le détail
On cite presque toujours la première moitié de la formule et on oublie la seconde. Pourtant Pierre écrit les deux sens : « un jour est devant le Seigneur comme 1 000 ans, et 1 000 ans comme un jour ». Le premier sens console : Dieu peut attendre, Il n'est pas en retard. Le second coupe : mille ans peuvent se replier en une seule journée. Ce qui semblait une marge infinie se referme d'un coup, et le verset 10 l'explicite : « le jour du Seigneur viendra comme un voleur ». La patience n'est donc pas une garantie de délai supplémentaire pour vous personnellement. Elle est une porte ouverte, pas une porte bloquée. Celui qui s'appuie sur la première moitié pour reporter sa conversion n'a pas lu la phrase jusqu'au bout.
La question
Si Dieu ne veut « qu'aucun périsse », et s'Il dispose d'un temps qui ne Le presse jamais, pourquoi la patience s'arrête-t-elle ? Pourquoi un jour du jugement, et pourquoi des gens meurent-ils avant d'avoir changé d'avis ? Pierre ne répond pas. Il juxtapose, sans les concilier, une volonté de salut qui embrasse tous et un feu réservé pour les impies. Je ne vais pas réparer cette tension avec un système ; les deux affirmations sont dans le même paragraphe et aucune ne neutralise l'autre. Ce que le texte interdit, c'est d'en faire un sujet de débat confortable. Si la patience de Dieu est réelle et limitée à la fois, la seule réaction cohérente n'est pas l'explication, c'est l'urgence : la vôtre, et celle de vos prières pour les autres.
Réflexion
Pour qui, ou pour quoi, avez-vous décidé qu'il était trop tard, et sur quelle base avez-vous pris cette décision ?
Si la seconde moitié du verset est vraie, et que mille ans peuvent se replier en un jour, qu'est-ce que vous reportez en comptant secrètement sur du temps supplémentaire ?
Des livres chrétiens à découvrir
Des livres choisis avec soin, disponibles dans votre langue.
En attendant Noël : 25 lectures de l'Avent guidées par l'Évangile selon Luc. Une promesse faite à David, tenue dans une mangeoire. Chaque jour, un...
Ce récit intime de conversion invite le lecteur à contempler la grâce de Dieu qui transforme les cœurs les plus tourmentés.
Cette allégorie intemporelle éclaire chaque étape de la vie chrétienne, des combats aux joies célestes.
Les Fondements du christianisme
Lewis expose avec clarté et humour les vérités essentielles de la foi, affermissant l'intelligence et le cœur.
Ces lettres pleines d'esprit démasquent les ruses spirituelles quotidiennes et encouragent la vigilance dans la foi.
Un compagnon de méditation qui appelle à une intimité profonde et humble avec le Christ.
Faith.network earns a small commission on Kobo purchases made through these links, at no extra cost to you. It helps keep the studies free.
Questions fréquentes sur 2 Peter 3:8
Des réponses rapides aux questions les plus courantes sur ce passage biblique.
Que signifie 2 Pierre 3:8 ?
De quoi parle 2 Pierre 3:8 ?
Quel est le contexte historique de 2 Pierre 3:8 ?
Que nous enseigne 2 Pierre 3:8 sur le caractère de Dieu ?
En quoi 2 Pierre 3:8 reste-t-il pertinent aujourd'hui ?
Ce que la communauté partage sur 2 Peter 3
Réflexions, prières et actions de grâce des lecteurs et de l'équipe de rédaction sur ce passage.
Merci pour les lettres de Paul, écrites selon la sagesse que tu lui as donnée. Merci de ne pas nous cacher les choses difficiles à comprendre, mais de nous affermir peu à peu, pour que nous ne tordions pas tes écritures, mais que nous y trouvions la vie.
Seigneur, fais-moi grandir, même lentement, dans ta grâce et dans la connaissance que j'ai de toi. Je ne veux pas rester au même point. Apprends-moi à te découvrir un peu plus chaque jour, et que ma vie te rende gloire.
Père, j'attends ce monde nouveau que tu as promis, où la justice sera enfin chez elle. Quand tout ici me semble usé ou injuste, garde cette espérance vivante en moi, et apprends-moi à vivre dès maintenant comme un enfant de ce jour-là.
Merci, Seigneur, de nous avertir que « le jour du Seigneur viendra comme un voleur ». Tu ne nous laisses pas dans l'ignorance. Merci de détacher mon cœur de ce qui sera dissous, et de me donner une espérance que le feu ne touchera pas.
Explorer ce passage à un autre niveau
Débutant, théologien, ou une autre longueur de lecture ? Ajustez les paramètres et générez votre propre version.
Ouvrir dans l'outil d'étude
