Actes des Apôtres 3:24
Le texte
Pierre vient de citer Moïse, le prophète que Dieu susciterait d'entre les frères, et il ne s'arrête pas là. Il élargit d'un coup le cercle des témoins : « Et même tous les prophètes, depuis Samuel et ceux qui l'ont suivi, tous ceux qui ont parlé, ont aussi annoncé ces jours. » Autrement dit, ce que vous voyez maintenant sous le portique de Salomon, cet homme qui marche et qui saute, n'est pas un incident isolé ni une curiosité religieuse. C'est le contenu même de tout ce que Dieu a fait dire à Ses prophètes depuis des siècles. Ces jours-ci, ces jours précis, à Jérusalem, après la croix et la résurrection : voilà ce que Samuel et tous ceux qui l'ont suivi avaient en vue.
Le cœur
Pierre affirme quelque chose de vertigineux sur Dieu : Il parle depuis très longtemps, et Il parle d'une seule chose. La révélation n'est pas une collection d'oracles dispersés, c'est une voix unique étirée sur des siècles, et cette voix converge vers Jésus le Nazaréen. Cela dit aussi quelque chose de la patience de Dieu. Il n'improvise pas le salut en réaction au péché ; Il l'annonce, le prépare, le laisse mûrir dans l'histoire d'un peuple concret, avec ses rois médiocres et ses exils. Et cela dit enfin quelque chose de nous : nous vivons dans les jours que les prophètes désiraient voir. Le temps de l'attente s'est refermé sur un Nom. Refuser ce Nom, c'est refuser tout ce que Dieu a dit depuis Samuel.
Le fil conducteur
Ce verset est lui-même un fil conducteur, énoncé à voix haute. Pierre ne cite pas ici un texte précis, il fait quelque chose de plus audacieux : il additionne. Samuel, Nathan, Élie, Ésaïe, Jérémie, Amos, chacun avec son époque, son roi, sa catastrophe locale, et pourtant « tous ceux qui ont parlé » disaient la même chose. L'alliance avec Abraham, la promesse d'une semence par qui « seront bénies toutes les familles de la terre » (v. 25), traverse toute cette chaîne de voix sans se perdre. Et elle débouche sur un serviteur suscité, envoyé « pour vous bénir, en détournant chacun de vous de vos méchancetés » (v. 26). Le fil ne relie pas des prédictions à des accomplissements comme des cases cochées ; il relie une promesse de bénédiction à un homme qui l'accomplit en détournant les gens de leur mal.
Le miroir
Nous aimons croire que notre époque est spirituellement pauvre, que les grandes choses appartiennent au passé ou à un avenir lointain. Le lundi matin au travail, le mercredi soir dans une maison bruyante, la chambre d'hôpital où le temps s'étire : rien ne ressemble aux jours annoncés. Pierre affirme le contraire. Les jours que Samuel voyait de loin, ce sont ceux-ci, y compris les vôtres, ordinaires et encombrés. Ce n'est pas une consolation sentimentale, c'est une réorientation : vous ne vivez pas dans les restes d'une histoire, mais dans son accomplissement encore ouvert. Cela oblige à prendre au sérieux ce que vous ferez de cette journée. Aujourd'hui, ouvrez 1 Samuel 3, lisez à haute voix les derniers versets où aucune parole de Samuel ne tombe à terre, puis dites simplement, à voix haute : « ces jours-là, ce sont ceux-ci ».
Le détail
Pourquoi commencer à Samuel ? Pierre aurait pu dire « depuis Moïse », il venait de le citer. Mais Samuel est une charnière. Avec lui s'ouvre la lignée des prophètes proprement dite, et c'est lui qui verse l'huile sur la tête du premier roi, puis du second. Prophétie et royauté naissent ensemble à ce moment-là, et la promesse faite à David d'un trône qui ne s'écroule pas devient le sujet de fond de tout ce qui suivra. Dire « depuis Samuel », c'est donc dire : ces jours annoncés sont des jours de roi. L'homme qui saute sous le portique n'est pas seulement guéri, il est le premier signe visible d'un règne. Le rétablissement de toutes choses (v. 21) a commencé par deux chevilles.
Le personnage principal
Pierre parle de « tous ceux qui ont parlé », lui qui, quelques semaines plus tôt, avait trois fois refusé de parler. Il y a dans cette phrase une liberté qui ne s'explique pas par le tempérament. Il se tient dans l'enceinte même où l'on a condamné son Maître, devant la foule qui a crié pour Barabbas, et il ne cherche ni à ménager ni à accuser gratuitement : « je sais que vous l'avez fait par ignorance » (v. 17). Un homme pardonné ne parle pas comme un procureur. Il connaît de l'intérieur ce que c'est que de renier, puis d'être relevé. Sa théologie de l'histoire du salut n'est pas une construction d'école ; c'est la forme élargie de sa propre restauration.
Le contexte
Nous sommes à Jérusalem, peu après la Pentecôte, sous le portique de Salomon, une longue colonnade sur le côté est de l'esplanade du temple, lieu habituel des discussions publiques. L'heure de la neuvième prière a rassemblé une foule dense, et un mendiant que tout le monde connaît depuis des années vient de traverser cette foule en sautant. Pierre est un Galiléen sans formation officielle ; il se met à interpréter l'ensemble des prophètes dans la cour de ceux dont c'est précisément le métier et le privilège. C'est une prise de parole illégitime aux yeux des autorités du temple, et elle sera sanctionnée : au chapitre suivant, on les arrête. Parler des « jours » annoncés, dans ce lieu-là, c'est toucher au pouvoir.
Réflexion
Quelles promesses de Dieu ai-je rangées dans le passé ou reportées à un avenir lointain, alors que Pierre les situerait dans « ces jours » ?
Si tout ce que Dieu a dit depuis Samuel converge vers un seul Nom, qu'est-ce que cela change à la manière dont je lis l'Ancien Testament cette semaine ?
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Questions fréquentes sur Acts 3:24
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Ce que la communauté partage sur Acts 3
Réflexions, prières et actions de grâce des lecteurs et de l'équipe de rédaction sur ce passage.
Pendant des années, on le déposait devant la porte. Il connaissait le seuil du temple, jamais l'intérieur. Et voilà: "il entra avec eux au temple, marchant, et sautant, et louant Dieu." Il ne demandait qu'une pièce, il reçoit ses jambes et sa place dans la maison de Dieu. Toi aussi, tu attends parfois si peu. Que demandes-tu ce matin?
Pierre vient de guérir un boiteux, la foule accourt, et il ne parle pas de miracle mais d'écoute: "toute âme qui n'écoutera pas ce prophète sera exterminée d'entre le peuple." Écouter Jésus n'est donc pas un supplément à la foi, c'est la foi elle-même. Aujourd'hui, quelle parole de lui as-tu entendue sans y répondre?
Et comme il tenait Pierre et Jean, tout le peuple étonné accourut vers eux au portique appelé de Salomon." Guéri, il pouvait courir partout. Mais il s'accroche encore à ceux qui l'ont conduit à Jésus. Il y a des gens comme ça dans ta vie. Les as-tu remerciés? Et toi, es-tu de ceux qu'on a envie de tenir?
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