David, roi de Juda : ce que le texte dit vraiment
Qui est David, et quand
David (דָּוִד, H1732) est roi de Juda, un homme de la tribu de Juda qui vit au temps de la royauté unie. Selon Ussher, Annals of the World (1650), sa chronologie se dit ainsi : naissance en 1085 av. J.-C., décès en 1015 av. J.-C. (70 ans). Peu de figures bibliques occupent autant de place : 964 versets répartis en 259 passages, du premier mot en Ruth 4:17 jusqu'à Revelation. Le gros du récit tient dans 1 Samuel (232 versets), 2 Samuel (225) et 1 Chronicles (157), avec 86 versets dans les Psalms.
Sa famille, telle que le dossier la relève, est nombreuse. Il est fils de Jesse ; Nahash est également répertorié comme parent (2 Samuel 17:25). Ses frères et sœurs nommés sont Eliab, Abinadab, Shimeah, Zeruiah, Abigail, Nethanel, Raddai, Ozem et Elihu. Ses femmes nommées sont Michal, Abigail, Ahinoam, Maacah, Haggith, Abital, Eglah et Bathsheba, auxquelles s'ajoutent des femmes non nommées (2 Samuel 5:13). Parmi ses enfants figurent Amnon, Chileab, Absalom, Adonijah, Shephatiah, Ithream, Shammua, Shobab, Nathan, Solomon, Ibhar, Elishua, Nepheg, Japhia, Elishama, Eliada, Eliphelet, Tamar, Elpelet, Nogah et Jerimoth.
L'ami, le serviteur, le rival
La première scène que le texte nous donne mot pour mot est une alliance. « Et Jonathan fit alliance avec David, parce qu'il l'aimait comme son âme. Et Jonathan se dépouilla de la robe qui était sur lui, et la donna à David, ainsi que ses vêtements, jusqu'à son épée, et à son arc, et à sa ceinture » (1 Samuel 18:3-4). Puis vient la réussite : « Et David allait partout où Saül l'envoyait, [et] il prospérait ; et Saül l'établit sur les hommes de guerre, et il était agréable aux yeux de tout le peuple » (1 Samuel 18:5). Et enfin le chant qui fera tout basculer : « Saül a frappé ses 1 000, et David ses 10 000 » (1 Samuel 18:7).
La suite montre un roi qui calcule. Saül propose sa fille aînée Mérab : « seulement, sois-moi un homme vaillant, et combats les combats de l'Éternel ». Le texte livre aussitôt sa pensée : « Que ma main ne soit pas sur lui, mais que la main des Philistins soit sur lui » (1 Samuel 18:17). David répond sans se prévaloir de rien : « Qui suis-je, et quelle est ma vie, quelle est en Israël la famille de mon père, pour que je sois gendre du roi ? » (1 Samuel 18:18). Mérab est finalement donnée à Adriel, le Meholathite, et c'est Mical, fille de Saül, qui aime David (1 Samuel 18:19-20). Autour de lui, le texte note aussi que « tout Israël et Juda aimaient David, car il sortait et entrait devant eux » (1 Samuel 18:16).
Vient le temps de la fuite. « Et les Ziphiens vinrent vers Saül, à Guibha, disant : David ne se tient-il pas caché à la colline de Hakila qui est en face de Jeshimon ? » (1 Samuel 26:1). Saül descend au désert de Ziph avec 3 000 hommes d'élite d'Israël et campe sur la colline de Hakila (1 Samuel 26:2-3). David, lui, envoie des espions, « et il sut très certainement que Saül était venu », puis il vient jusqu'au lieu du campement et voit où sont couchés Saül et Abner, fils de Ner, chef de son armée (1 Samuel 26:4-5). D'autres épisodes de cette période sont assignés à David sans que leur texte nous soit donné ici : 1 Samuel 19:7-12, 21:8-12, 22:3-6, 24:1-5, 27:1-5, 30:3-11.
Le roi en guerre
Deux récits parallèles racontent ses campagnes. « David frappa les Philistins et les subjugua » (2 Samuel 8:1 ; 1 Chronicles 18:1). Moab est frappé et devient serviteur, apportant des présents. Hadadézer, roi de Tsoba, est battu comme il allait rétablir sa puissance sur le fleuve Euphrate, et 22 000 Syriens de Damas tombent (2 Samuel 8:3-5 ; 1 Chronicles 18:3-5). Les deux comptes ne coïncident pas exactement : 2 Samuel 8:4 parle de 1 700 cavaliers et 20 000 hommes de pied, 1 Chronicles 18:4 de 1 000 chars, 7 000 cavaliers et 20 000 hommes de pied. Dans les deux, David coupe les jarrets aux chevaux de tous les chars et réserve 100 attelages.
Ce que le texte ne lisse pas
La dureté est écrite noir sur blanc. Pour Moab : « il les mesura au cordeau, les faisant coucher par terre, et il en mesura deux cordeaux pour les faire mourir, et un plein cordeau pour les laisser vivre » (2 Samuel 8:2). Le passage parallèle en 1 Chronicles 18:2 ne rapporte pas ce détail.
D'autres chutes sont signalées par les références sans que le texte nous en soit fourni : 2 Samuel 11:1-8 et 11:10-14, où Bathsheba, comptée parmi ses femmes, entre dans son histoire ; puis 2 Samuel 24:10-14 et 1 Chronicles 21:8-11, 21:16-19, 21:21-26. Je ne les raconte pas ici, faute de texte sous les yeux ; ils se lisent.
Ce que nous ne savons pas
Le dossier n'énumère aucune inconnue, mais il laisse deux zones franches. Le passage 1 Samuel 23:1-10 est marqué inutilisable, sa numérotation différant dans cette édition : son contenu n'est donc pas disponible ici. Et la double mention de Jesse et de Nahash comme parents reste telle quelle, sans explication fournie.
La ligne vers le Christ
Elle est tracée par les seules références énumérées dans le dossier. Dans les généalogies et les annonces : Matthew 1:1, 1:6, 1:17, 1:20 ; Luke 1:27, 1:32, 1:69, 2:4, 2:11, 3:31 ; John 7:42 ; Romans 1:3 ; 2 Timothy 2:8. Dans les appels et acclamations : Matthew 9:27, 12:23, 15:22, 20:30-31, 21:9, 21:15 ; Mark 10:47-48, 11:10 ; Luke 18:38-39. Dans les passages où la question est posée sur lui : Matthew 22:42-43, 22:45 ; Mark 12:35-37 ; Luke 20:41-42, 20:44. Dans la prédication des apôtres : Acts 1:16, 2:25, 2:29, 2:34, 4:25, 7:45, 13:22, 13:34, 13:36, 15:16. Ailleurs encore : Mark 2:25 ; Matthew 12:3 ; Luke 6:3 ; Romans 4:6, 11:9 ; Hebrews 4:7, 11:32. Et jusqu'au dernier livre : Revelation 3:7, 5:5, 22:16.
