Jacques 5:15
Le Texte
Un malade a fait appeler les anciens ; ils sont venus, ils ont prié, ils ont versé un peu d'huile sur sa tête au nom du Seigneur. Et Jacques ose alors cette phrase : « la prière de la foi sauvera le malade, et le Seigneur le relèvera ; et s'il a commis des péchés, il lui sera pardonné. » Trois promesses coup sur coup, sans nuance, sans clause de sauvegarde : le salut, le relèvement, le pardon. Remarquez qui agit. Les anciens prient, mais c'est le Seigneur qui relève. Et notez la prudence de la dernière proposition : s'il a commis des péchés. Jacques ne suppose pas que la maladie soit une punition, mais il ne fait pas non plus semblant que la chambre du malade soit un lieu innocent.
Le Cœur
Le verbe que Jacques choisit pour « sauvera » est le même que le Nouveau Testament emploie pour le salut de l'âme, et celui qu'il choisit pour « relèvera » est le verbe de la résurrection. Il ne s'agit donc pas seulement d'une fièvre qui tombe. Jacques regarde un corps couché et il y voit l'ombre du tombeau, et dans la prière de quelques hommes ordinaires il voit la main qui ouvrira ce tombeau. Ce qui est décisif, c'est que cette main n'est pas la leur. La prière de la foi n'est pas une technique qui contraint Dieu ; c'est le geste de qui n'a plus que Dieu. Et le pardon n'est pas ajouté comme un bonus spirituel : Dieu guérit des personnes entières, pas des organes.
Le Fil Conducteur
L'huile et les mains posées sur un corps malade ne sont pas une invention de Jacques. Les douze, envoyés deux par deux, oignaient déjà d'huile ceux qui souffraient, et derrière ce geste il y a le Christ Lui-même, qui n'a jamais guéri à distance de sécurité mais en touchant des peaux contagieuses. Ce que Jacques décrit, c'est l'Église qui prolonge la main de son Seigneur dans une chambre obscure. Et l'ordre des trois promesses est exactement celui de l'Évangile : on est sauvé, on est relevé, on est pardonné, parce qu'Un autre a été couché dans la mort et relevé le troisième jour. Chaque guérison est un acompte, un fragment arraché d'avance à ce matin-là. Jamais la totalité, toujours le gage.
Le Miroir
Vous connaissez la scène : le diagnostic tombe, vous en parlez à votre conjoint, peut-être à un collègue, et vous ne dites rien à l'Église. Par pudeur, dites-vous. En réalité parce qu'il vous en coûte d'être vu couché. Nous préférons être ceux qui visitent plutôt que ceux qu'on visite ; nous appelons le spécialiste, l'assurance, le patron pour l'arrêt de travail, et nous n'appelons pas les anciens. Jacques met l'initiative du côté du malade, ce qui est dur : il faut abdiquer, composer un numéro, avouer qu'on ne s'en sort pas. Et il y a l'autre versant, tout aussi exigeant : si vous êtes ancien, responsable de groupe, cette phrase vous interdit de vous contenter d'un message compatissant. On se déplace, on prie à voix haute, on nomme la maladie.
Aujourd'hui : prenez votre téléphone et appelez un ancien de votre assemblée (ou, si c'est vous l'ancien, la personne malade dont vous avez eu des nouvelles cette semaine) et dites en une phrase, sans euphémisme, de quoi il s'agit et que vous voulez qu'on prie ensemble.
L'Intertexte
Deux textes encadrent celui-ci. D'un côté l'envoi des disciples en Marc 6, où l'onction d'huile accompagne l'annonce du Royaume : Jacques ne réserve donc pas ce geste aux apôtres, il le confie aux anciens d'assemblées ordinaires. De l'autre, Paul en 2 Corinthiens 12, qui supplie trois fois qu'une écharde lui soit ôtée et reçoit une réponse qui n'est pas la guérison. Tenir les deux ensemble empêche à la fois le fatalisme et la surenchère. Et dans le chapitre même, Jacques a déjà placé Job sous nos yeux : « le ✶Seigneur est plein de compassion et miséricordieux ». Cette phrase vient après des chapitres entiers de silence divin. Elle n'annule pas le silence, elle le qualifie.
La Question
Alors pourquoi tant de prières de la foi suivies d'un enterrement ? Jacques n'a pas mis de garde-fou, et toute tentative de rétrécir sa promesse pour la rendre plausible trahit le texte. Je ne sais pas la résoudre. Ce que je remarque, c'est qu'il écrit à des croyants persécutés, spoliés de leur salaire, dont il vient de dire qu'on a mis à mort le juste. Il ne vend pas d'illusions à des gens confortables. Sa promesse tient parce qu'elle vise plus loin que le lit : le relèvement promis est celui du dernier jour, et la guérison d'aujourd'hui, quand elle vient, n'en est que la signature anticipée. Cela n'adoucit pas le deuil. Cela empêche seulement de conclure que la prière n'a servi à rien.
Le Détail
« La prière de la foi ». Pas la foi du malade. Jacques attache la foi à la prière qui est faite, donc à ceux qui prient. C'est un soulagement immense pour qui est allongé, vidé par la chimiothérapie ou la dépression, incapable de croire quoi que ce soit ce matin-là. Personne ne lui demande de produire une conviction. D'autres l'apportent à sa place, comme on a descendu un paralytique par le toit. Mais c'est aussi une convocation sévère pour l'Église : si la foi qui compte dans cette chambre est la nôtre, nous ne pouvons pas y entrer les mains vides, avec des formules prudentes et un « on pense à toi ». On vient pour demander quelque chose à Dieu, et on le demande.
Réflexion
À qui n'avez-vous pas dit que vous étiez malade, et qu'est-ce que ce silence protège exactement ?
Quand vous priez pour un malade, demandez-vous réellement sa guérison, ou avez-vous appris à formuler des prières que Dieu ne risque pas de décevoir ?
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Questions fréquentes sur James 5:15
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Ce que la communauté partage sur James 5
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« Ne murmurez pas les uns contre les autres, frères, afin que vous ne soyez pas jugés: voici, le juge se tient devant la porte. » Quand la pression monte, c'est rarement l'ennemi qu'on attaque, c'est le frère à côté. Jacques ne dit pas que ta plainte est fausse, il dit que le Juge écoute déjà, tout près. Et si tu te taisais un instant?
Père, apprends-moi la patience du cultivateur qui attend la pluie sans voir encore le fruit. Je voudrais tout, tout de suite, et mon cœur s'agite. Aide-moi à tenir bon, à croire que ce que tu as semé en moi mûrira en son temps.
« Et il pria de nouveau, et le ciel donna de la pluie, et la terre produisit son fruit. » Remarque ce petit mot : de nouveau. Élie a prié une seconde fois. La pluie n'est pas tombée au premier mot. Ta prière répétée n'est pas un manque de foi, c'est peut-être justement là que la terre sèche de ta vie recommence à porter du fruit.
Merci, Seigneur, parce qu'Élie était « un homme ayant les mêmes passions que nous », et pourtant tu as écouté sa prière. Merci d'entendre aussi la mienne, avec mes faiblesses et mes doutes. Tu ne demandes pas des géants, seulement des cœurs qui te prient avec instance.
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