Jérémie 29:12
Le texte
Au milieu d'une lettre adressée à des déportés, l'Éternel annonce quatre gestes : « Et vous m'invoquerez, et vous irez, et me supplierez, et je vous écouterai. » Trois de ces verbes sont les leurs, un seul est le Sien, et c'est le dernier qui porte tout le poids. Dieu ne dit pas « si vous priez, peut-être »; Il annonce comme un fait à venir que ce peuple, aujourd'hui muet de honte et de colère à Babylone, ouvrira de nouveau la bouche vers Lui. Et Il ajoute la seule chose qu'aucun homme ne peut se garantir à lui-même : quelqu'un sera là, à l'autre bout, pour entendre. Le verset précédent parlait de « pensées de paix »; celui-ci dit comment cette paix vous rejoint : par une conversation.
Le cœur
Ce que ce verset dit de Dieu est plus radical qu'il n'y paraît. Ce n'est pas la prière qui arrache la faveur divine; c'est la faveur divine qui produit la prière. L'ordre du verset est décisif : Dieu promet d'abord Ses pensées de paix, puis Il annonce que Son peuple L'invoquera. L'initiative Lui appartient de bout en bout, jusque dans le désir même de Le chercher. Voilà pourquoi ce verset est adressé à des exilés et non à des justes : ces gens ont mérité Babylone, les prophètes le leur ont dit sans ménagement, et c'est précisément à eux que Dieu promet Son oreille. Remarquez aussi ce petit verbe « vous irez » : il y a du mouvement, un déplacement, une sortie de soi. Prier n'est pas murmurer sur place, c'est se mettre en route vers Quelqu'un qui a déjà décidé d'écouter.
Le fil conducteur
Ce verset décrit un mécanisme qui traverse toute l'Écriture : Dieu parle le premier, l'homme répond, Dieu écoute. Daniel en fournira la première application visible; c'est en lisant justement cette prophétie de Jérémie sur les soixante-dix ans qu'il se met à jeûner et à supplier. La promesse n'a pas dispensé de la prière, elle l'a allumée. Et ce qui reste ici une parole tenue à distance, par lettre, à travers des centaines de kilomètres de désert, prend chair plus tard : Celui qui vient parcourt Lui-même le trajet que le verset demandait aux exilés. « Vous irez » devient « Il est venu ». La certitude d'être entendu ne repose plus alors sur notre ferveur mais sur le Fils dont la prière n'a jamais été refusée, et par qui la nôtre passe.
Le miroir
Vous avez sans doute une prière que vous ne formulez plus. Pas par athéisme, par usure : le dossier médical qui ne bouge pas, l'enfant qui ne rappelle pas, le poste perdu, le mariage devenu poli. On cesse de demander pour ne plus avoir à constater le silence. Voilà exactement l'état de ces déportés, et le verset ne leur reproche pas leur mutisme : il annonce qu'il prendra fin. Il touche aussi l'orgueil inverse, celui qui pense mériter d'être écouté parce qu'il a été correct. Dieu promet Son oreille à des gens dont le pays fume encore. Si votre prière dépend de votre performance spirituelle de la semaine, ce verset vous la retire des mains et la remet dans les Siennes.
Aujourd'hui, levez-vous, sortez de la pièce où vous êtes, marchez ne serait-ce que jusqu'au jardin ou à la cage d'escalier, et dites à voix haute la seule demande que vous aviez enterrée. À voix haute, une phrase, sans la reformuler pour la rendre présentable.
Le personnage principal
Dieu est ici Celui qui écoute, et ce n'est pas un rôle passif. Dans l'Ancien Orient, on ne dérange pas un roi; on passe par des intermédiaires, on attend une audience, on repart souvent sans réponse. Nebucadnetsar, dont le nom ouvre le chapitre, n'écoute personne. L'Éternel des armées, Lui, annonce d'avance qu'Il tendra l'oreille à des prisonniers de guerre déplacés sur Son propre ordre, « tous les captifs que j'ai transportés ». C'est le même qui a envoyé l'exil qui promet d'entendre les exilés. Il n'externalise ni Sa colère ni Sa miséricorde. Ce Dieu ne se contente pas de tolérer nos paroles : Il les suscite, puis Il s'engage à ne pas les laisser tomber.
Le contexte
Nous sommes vers 597 avant Jésus-Christ. La première déportation a eu lieu : le roi Jéconias, la reine mère, les hauts fonctionnaires, et surtout les charpentiers et les forgerons, c'est-à-dire l'industrie militaire du royaume, ont été emmenés à Babylone. Jérusalem tient encore debout, Sédécias règne comme vassal, le temple fonctionne. Jérémie profite d'une mission diplomatique officielle pour glisser une lettre aux déportés. Elle contient une consigne scandaleuse : bâtissez, plantez, mariez vos enfants, priez pour la ville de vos vainqueurs. Autrement dit, installez-vous, ce sera long. Autour, des prophètes populaires promettent un retour rapide. Notre verset se dresse contre eux : la conversation avec Dieu reprendra, mais à Babylone, pas après.
Le profil
Ces gens-là entendaient d'abord une question brûlante : peut-on prier hors du pays, loin de l'autel, dans une terre remplie de statues de Mardouk ? Le temple était l'adresse de Dieu; ils venaient d'en être coupés. La réponse du verset les déplace radicalement : ce n'est pas le lieu qui rend audible, c'est Lui qui écoute. Ils entendaient aussi une réhabilitation. Un déporté est un vaincu, la preuve vivante que son dieu est plus faible que celui du vainqueur. Ici, l'Éternel affirme qu'Il n'a pas perdu; Il a agi. Et Il donne à des humiliés le droit inouï de Lui parler encore, à voix haute, en pays étranger.
Réflexion
Quelle demande avez-vous cessé de formuler, et qu'est-ce qui vous a fait taire : la déception, ou la conviction secrète que vous ne la méritez plus ?
Où se trouve votre « Babylone » actuelle, l'endroit que vous refusez d'habiter parce que vous espérez encore en sortir vite, et à quoi ressemblerait le fait d'y prier plutôt que d'attendre d'en être délivré ?
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Questions fréquentes sur Jeremiah 29:12
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Ce que la communauté partage sur Jeremiah 29
Réflexions, prières et actions de grâce des lecteurs et de l'équipe de rédaction sur ce passage.
« Me levant de bonne heure et les envoyant », dit l'Éternel. Dieu se lève tôt pour parler. Il envoie, encore et encore, des messagers qu'on peut ignorer sans bruit. Le malheur d'Israël n'est pas venu d'un silence du ciel, mais d'une oreille fermée. Et toi, ce matin, qu'as-tu fait de la parole qu'il t'a déjà donnée ?
Merci, Seigneur, d'avoir fait porter une lettre jusqu'à Babylone, « au reste des anciens de la captivité ». Tu n'as pas oublié ceux qu'on avait emmenés loin de Jérusalem. Merci de parler encore à ton peuple, là où il se trouve, même en exil.
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