Jérémie 30:9
Le texte
Dieu vient de briser le joug qui pesait sur la nuque de Son peuple et d'arracher les cordes qui le liaient à des maîtres étrangers (v. 8). Le verset 9 dit ce qui remplace cette servitude : « et ils serviront l'Éternel, leur Dieu, et David, leur roi, lequel je leur susciterai. » Autrement dit, la liberté promise n'est pas l'absence de service, mais un service enfin rendu au bon Seigneur, sous un roi que Dieu Lui-même fera lever du milieu d'eux. Deux noms sont posés côte à côte, l'Éternel et David, comme si l'un ne pouvait plus aller sans l'autre. Et ce David-là n'existe pas encore : il est promis, pas retrouvé.
Le cœur
Le même verbe hébreu, avad, dit à la fois « servir un maître » et « rendre un culte ». Il est employé au verset 8 pour la servitude imposée par les étrangers, et ici pour ce que le peuple fera envers Dieu. Jérémie ne promet donc pas à ses auditeurs une autonomie souveraine, un peuple enfin maître de lui-même. Il leur promet un changement de propriétaire. L'homme, dans cette vision, ne cesse jamais d'appartenir à quelqu'un ; la question est seulement de savoir à qui. Voilà qui grince pour nos oreilles modernes, formées à penser la liberté comme absence d'attache. Et pourtant c'est là que se loge la grâce : le peuple n'a pas choisi ce roi, ne l'a pas mérité, ne l'a même pas imaginé. Dieu dit « lequel je leur susciterai ». Le salut vient d'en haut, jusque dans la personne du gouvernant.
Le fil conducteur
Il y a quelque chose d'étrange dans cette promesse : au moment où la dynastie de David s'effondre, Dieu annonce un David. Pas un descendant vaguement identifié, mais un nom, celui du berger devenu roi, mort depuis quatre siècles. Ézéchiel, contemporain de Jérémie et déporté à Babylone, reprendra exactement la même formule en parlant d'un « seul berger » nommé David : deux prophètes séparés par des centaines de kilomètres qui entendent la même chose. Ce n'est pas un retour en arrière nostalgique, c'est une promesse tendue vers l'avant. Le Nouveau Testament la reprendra sans hésiter quand l'ange dira à Marie que Dieu donnera à son fils « le trône de David, son père ». Le fil ne se casse jamais complètement ; il se tend à travers l'exil, jusqu'à un roi qui règne en servant.
Le miroir
Vous vous croyez sans maître. Puis vient un mois où l'agenda professionnel décide de vos soirées, où le montant du crédit décide de vos vacances, où l'opinion d'un collègue décide de votre humeur pendant trois jours. Le joug ne s'annonce pas comme un joug ; il s'installe sous des noms respectables : responsabilité, sécurité, réputation. Jérémie ne propose pas d'échapper à toute autorité, il demande qui vous sert réellement, et à quoi cela vous coûte. Il y a aussi cette part de nous qui préfère un roi qu'elle a choisi, un projet de vie construit de ses mains, à un roi « suscité » par un Autre. Aujourd'hui, prenez une feuille et écrivez en une phrase la chose à laquelle vous avez obéi cette semaine sans l'avoir décidé, puis relisez à voix haute : « ils serviront l'Éternel, leur Dieu ».
Le contexte
Nous sommes vers 588, peut-être 587 avant Jésus-Christ. Jérusalem est assiégée ou sur le point de l'être. Dans la ville, l'odeur des citernes qui baissent, les rumeurs qui courent d'une porte à l'autre, les prophètes de cour qui promettent que Babylone va reculer. Sur le trône, Sédécias, installé par Nebucadnetsar, un roi qui n'a de royal que le titre : il consulte Jérémie en secret, la nuit, parce qu'il a peur de ses propres officiers. La maison de David est devenue une administration provinciale au service d'un empire mésopotamien. Le tribut part vers l'est, les jeunes hommes de bonne famille aussi. Et c'est dans cette humiliation-là, pas après, que Dieu fait écrire un livre de consolation.
Le détail
« Lequel je leur susciterai. » Le verbe évoque ce qu'on fait à quelqu'un d'étendu : on le relève. Il sert aussi pour ce qu'on érige, une pierre, un pilier, une tente. Or au moment où Jérémie parle, la maison de David est exactement cela : à terre. Le peuple ne va pas restaurer sa dynastie par un sursaut politique, une révolte bien organisée, une alliance avec l'Égypte. Dieu Se réserve le geste. Et remarquez la préposition : Il le suscitera « leur », pour eux. Ce roi n'est pas imposé de l'extérieur comme Sédécias le fut par Babylone ; il sort du milieu du peuple et lui est donné. Le verset 21 le redira : « son dominateur sortira du milieu de lui ».
Le profil
Imaginez des hommes qui ont vu de leurs yeux le dernier roi de Juda emmené enchaîné, après qu'on lui eut crevé les yeux. Pour eux, le mot « David » n'est pas une idée théologique : c'est un blason arraché, une honte nationale. Entendre « David, leur roi » dans la bouche d'un prophète, à ce moment-là, c'est aussi incongru que d'annoncer un couronnement dans un pays occupé. Ils ont dû entendre trois choses en même temps : que Dieu n'avait pas renié Sa promesse, que le fiasco présent n'était pas le dernier mot, et qu'il faudrait attendre, longtemps, sans preuve. Le verset ne dit pas quand. Il dit qui.
Réflexion
À quel maître ai-je rendu, cette semaine, un service que je n'aurais pas rendu à Dieu ?
Qu'est-ce que je cherche à « susciter » moi-même, alors que le texte dit que Dieu Se réserve ce geste ?
Des livres chrétiens à découvrir
Des livres choisis avec soin, disponibles dans votre langue.
Ce récit intime de conversion invite le lecteur à contempler la grâce de Dieu qui transforme les cœurs les plus tourmentés.
Cette allégorie intemporelle éclaire chaque étape de la vie chrétienne, des combats aux joies célestes.
Les Fondements du christianisme
Lewis expose avec clarté et humour les vérités essentielles de la foi, affermissant l'intelligence et le cœur.
Ces lettres pleines d'esprit démasquent les ruses spirituelles quotidiennes et encouragent la vigilance dans la foi.
Un compagnon de méditation qui appelle à une intimité profonde et humble avec le Christ.
Faith.network earns a small commission on Kobo purchases made through these links, at no extra cost to you. It helps keep the studies free.
Questions fréquentes sur Jeremiah 30:9
Des réponses rapides aux questions les plus courantes sur ce passage biblique.
Que signifie Jérémie 30:9 ?
De quoi parle Jérémie 30:9 ?
Quel est le contexte historique de Jérémie 30:9 ?
Que nous enseigne Jérémie 30:9 sur le caractère de Dieu ?
En quoi Jérémie 30:9 reste-t-il pertinent aujourd'hui ?
Ce que la communauté partage sur Jeremiah 30
Réflexions, prières et actions de grâce des lecteurs et de l'équipe de rédaction sur ce passage.
Père, tu promets un jour où tout ce qui a été perdu sera ramené. J'ai du mal à voir cet horizon, mais je m'appuie sur ta parole. Ramène-moi vers toi, restaure ce qui est brisé en moi, et apprends-moi à attendre avec confiance.
Père, il y a des choses que je ne comprends pas encore. Ton cœur poursuit un dessein que mes yeux ne saisissent pas aujourd'hui. Apprends-moi à attendre sans me durcir, à te faire confiance jusqu'au jour où tout deviendra clair.
Explorer ce passage à un autre niveau
Débutant, théologien, ou une autre longueur de lecture ? Ajustez les paramètres et générez votre propre version.
Ouvrir dans l'outil d'étude