Marc 6:3
Le texte
Les gens de Nazareth écoutent Jésus enseigner dans leur synagogue, et au lieu de s'ouvrir, ils se ferment. Ils font l'inventaire : c'est l'artisan du village, le fils de Marie, le frère de Jacques, de Joses, de Jude et de Simon ; ses sœurs habitent encore la rue d'à côté. Le verset se termine par un mot dur : « Et ils étaient scandalisés en lui. »
Le cœur
Le scandale de Nazareth n'est pas un malentendu, c'est une révélation renversée. Dieu s'est approché si près qu'Il en est devenu invisible. Les villageois ne butent pas sur une doctrine trop haute, mais sur une familiarité trop basse : ils connaissent l'odeur de la sciure sur ses mains, ils ont vu ses sœurs porter l'eau. Voilà l'incarnation dans sa forme la plus crue. Dieu ne se manifeste pas par un éclat qui contraindrait la foi, mais dans une biographie ordinaire que l'on peut mépriser sans effort. Le verbe grec skandalizō signifie trébucher sur une pierre du chemin. Nazareth trébuche sur le fait que le salut ait un accent galiléen et un métier manuel.
Le fil conducteur
Ce refus n'est pas un accident local ; c'est la ligne de fond de toute l'histoire de Dieu avec son peuple. Le buisson n'était qu'un buisson, David n'était que le petit dernier gardant les moutons, et le Serviteur d'Ésaïe n'avait « ni forme ni éclat » qui attire le regard. Dieu choisit systématiquement des enveloppes que l'on peut refuser. Nazareth est ainsi une répétition générale de la croix : là aussi, on regardera un homme et on ne verra qu'un homme, et cette méprise sera le lieu même du salut. Jésus le dit à demi-mot au verset suivant : « Un prophète n'est pas sans honneur, si ce n'est dans son pays. » Il se range lui-même dans la longue file des envoyés que leur propre maison a congédiés.
Le miroir
Vous connaissez ce mécanisme mieux que vous ne l'admettez. C'est le collègue dont vous avez vu les débuts maladroits et que vous n'arrivez plus à prendre au sérieux quand il dit quelque chose de juste. C'est votre frère, votre conjoint, ce membre de votre groupe de maison dont vous connaissez trop bien les défauts pour croire que Dieu puisse parler par lui. La familiarité produit une sorte de cataracte spirituelle : nous voyons parfaitement la surface et plus rien d'autre. Et le pire, c'est que nous appelons cela du réalisme. Nazareth n'a pas manqué d'informations sur Jésus ; elle en avait trop. Le savoir sur Dieu peut devenir la chose même qui nous empêche de Le rencontrer.
La question
Pourquoi Jésus n'a-t-Il pas simplement forcé la main de son village ? Marc écrit sans ménagement qu'« il ne put faire là aucun miracle », sinon quelques guérisons. Ne pouvait-Il pas, ou ne voulait-Il pas ? Marc laisse la formule brute, et il faut résister à l'envie de l'adoucir. Il y a apparemment quelque chose que l'incrédulité rend impossible, non parce qu'elle limite la puissance de Dieu dans l'absolu, mais parce que Dieu a choisi d'agir dans une relation, et qu'une relation exige deux êtres tournés l'un vers l'autre. Le refus humain a un poids réel. Nous aimerions un Dieu qui passe outre. Marc nous montre un Dieu qui s'étonne, qui souffre du refus, et qui s'en va enseigner ailleurs.
Le profil
Marc écrit pour des chrétiens qui savent ce que coûte l'appartenance à Jésus, probablement à Rome, dans les années où le christianisme est devenu une superstition suspecte. Beaucoup d'entre eux avaient été reniés par leur famille, moqués par leurs voisins, désignés du doigt dans leur quartier. Quand ils entendaient que Jésus lui-même avait été rejeté par sa rue natale, ils entendaient autre chose que nous : ils entendaient que leur humiliation n'était pas un signe d'échec mais une ressemblance. Le Maître avait traversé exactement cette porte-là. La phrase « ses sœurs ne sont-elles pas ici auprès de nous ? » avait pour eux le goût de leur propre village, de leur propre synagogue ou insula, de leur propre honte publique.
Contexte
Nazareth : quelques centaines d'habitants, un hameau de terrasses de pierre sèche à une heure de marche de Sepphoris, la ville qu'Hérode Antipas reconstruisait. Tout le monde connaissait la généalogie de tout le monde. Le tektōn, l'artisan qui travaille le bois et la pierre, était utile mais socialement modeste, un homme qu'on appelle quand le toit fuit. Et l'appellation « le fils de Marie » n'est pas neutre : dans un monde où l'on nomme un homme par son père, même mort, désigner Jésus par sa mère revient à rappeler une rumeur ancienne sur sa naissance. C'est une pique glissée dans une question. Ils l'ont mesuré à l'aune de son honneur familial et l'ont trouvé trop léger.
Où votre connaissance de quelqu'un vous empêche-t-elle aujourd'hui d'entendre ce que Dieu voudrait vous dire par lui ?
Que faites-vous de l'idée que votre incrédulité puisse réellement limiter ce que Dieu fait chez vous ?
Des livres chrétiens à découvrir
Des livres choisis avec soin, disponibles dans votre langue.
Ce récit intime de conversion invite le lecteur à contempler la grâce de Dieu qui transforme les cœurs les plus tourmentés.
Cette allégorie intemporelle éclaire chaque étape de la vie chrétienne, des combats aux joies célestes.
Les Fondements du christianisme
Lewis expose avec clarté et humour les vérités essentielles de la foi, affermissant l'intelligence et le cœur.
Ces lettres pleines d'esprit démasquent les ruses spirituelles quotidiennes et encouragent la vigilance dans la foi.
Un compagnon de méditation qui appelle à une intimité profonde et humble avec le Christ.
Faith.network earns a small commission on Kobo purchases made through these links, at no extra cost to you. It helps keep the studies free.
Questions fréquentes sur Mark 6:3
Des réponses rapides aux questions les plus courantes sur ce passage biblique.
Que signifie Marc 6:3 ?
De quoi parle Marc 6:3 ?
Quel est le contexte historique de Marc 6:3 ?
Que nous enseigne Marc 6:3 sur le caractère de Dieu ?
En quoi Marc 6:3 reste-t-il pertinent aujourd'hui ?
Ce que la communauté partage sur Mark 6
Réflexions, prières et actions de grâce des lecteurs et de l'équipe de rédaction sur ce passage.
Merci, Seigneur, pour cette liberté que tu donnes: quand on ne nous reçoit pas, nous pouvons « secouer la poussière de dessous nos pieds » et poursuivre la route. Merci de ne pas mettre sur nos épaules le poids des refus. Tu restes le maître de la moisson.
Explorer ce passage à un autre niveau
Débutant, théologien, ou une autre longueur de lecture ? Ajustez les paramètres et générez votre propre version.
Ouvrir dans l'outil d'étude