Explication biblique

Matthieu 19:16

Bible

Le Texte

Un homme s'avance vers Jésus, sans nom, sans titre, avec une seule question en bouche : « Maître, quel bien ferai-je pour avoir la vie éternelle ? » Il ne demande pas qui est Jésus, ni ce que Dieu veut, ni comment on entre dans le royaume. Il demande quel acte accomplir, quel geste précis, quelle bonne œuvre ajouter à celles qu'il a déjà faites, pour posséder ce qui lui manque encore. C'est une question de bon élève, posée par quelqu'un qui a l'habitude d'obtenir ce qu'il vise. Et Jésus, on le verra, ne répondra pas à la question telle qu'elle est posée, parce qu'elle est mal posée dès le premier mot.

Le Cœur

Regardez les deux verbes : « ferai » et « avoir ». Faire quelque chose, afin d'avoir quelque chose. C'est la grammaire du commerce, appliquée à Dieu. Cet homme imagine la vie éternelle comme un bien de plus à inscrire à son inventaire, acquis par une transaction dont il fixerait lui-même le prix, à condition que ce prix reste dans ses moyens. Et il l'est, croit-il : il cherche « un bien », un seul, une pièce manquante. Or la vie éternelle n'est pas un objet qu'on obtient, c'est une relation dans laquelle on entre, et l'on n'entre pas dans une relation en payant. Jésus déplacera aussitôt le terrain : « Un seul est bon. » Tant que vous cherchez le bien que vous pourriez faire, vous n'avez pas encore rencontré Celui qui est bon.

Le Fil Conducteur

La question « quel bien ferai-je » est vieille comme le jardin. Au commencement, l'homme avait tout reçu, gratuitement, et il a voulu saisir la connaissance du bien et du mal par lui-même, tendre la main plutôt que recevoir. Depuis, nous portons ce réflexe : décider nous-mêmes ce qui est bon, puis le faire pour mériter ce qui n'a jamais été à vendre. Remarquez d'ailleurs ce que Matthieu place juste avant : on apporte à Jésus de petits enfants, et Il dit « car à de tels est le royaume des cieux ». Un enfant ne fait rien, ne paie rien, il est porté. L'homme riche arrive à la scène suivante avec son carnet de comptes. Le contraste n'est pas accidentel : entre l'enfant qu'on dépose dans les bras de Jésus et l'adulte qui veut acheter, la Croix tranchera définitivement.

Le Miroir

Vous connaissez cette question mieux que vous ne l'avouez. Elle prend chez nous des formes respectables : est-ce que je donne assez ? est-ce que j'ai fait ma part cette semaine ? Un homme accepte une responsabilité dans l'église parce que refuser laisserait un solde négatif quelque part. Une mère épuisée n'ose pas s'arrêter, car s'arrêter, ce serait cesser de gagner. On calcule son argent en pourcentages pour savoir à partir de quel seuil on est en règle. On garde en tête, discrètement, la liste des gens à qui on a pardonné. Tout cela est de la piété, et tout cela peut n'être qu'un commerce mieux tenu. La question sonne pieuse et elle est mortelle, parce qu'elle laisse le trésor entre mes mains et Dieu au bout de la transaction.

Aujourd'hui : écrivez sur une feuille la phrase « Quel bien ferai-je pour avoir la vie éternelle ? », rayez-la d'un trait, écrivez en dessous « Un seul est bon », et restez cinq minutes en silence devant ces deux lignes sans rien demander.

Le Contexte

Jésus a quitté la Galilée, Il est « au-delà du Jourdain », en Pérée, sur la route qui monte vers Jérusalem et vers Sa mort. Les foules Le suivent, Il guérit, les pharisiens Le testent sur le divorce, les disciples chassent les enfants. C'est dans ce va-et-vient qu'un inconnu s'approche. Il appelle Jésus « Maître », le titre qu'on donne à un rabbin dont on veut l'avis autorisé. La suite nous apprendra qu'il est jeune et qu'il « avait de grands biens ». Dans son monde, la richesse passait pour un signe de faveur divine : cet homme a donc, aux yeux de tous, déjà la moitié de la réponse en poche. Il vient chercher la seconde moitié, persuadé qu'elle est du même ordre.

Le Personnage Principal

Ne le méprisez pas trop vite. Contrairement aux pharisiens du verset 3, il ne vient pas « éprouver » Jésus ; il vient avec un manque réel. Il est jeune, riche, moralement irréprochable selon les critères qu'il connaît, et cela ne suffit pas. Quelque chose en lui sait que la vie éternelle n'est pas encore là. C'est un homme sérieux, discipliné, habitué à obtenir par l'effort ce qu'il vise, et cette compétence même est devenue sa prison : il ne sait plus recevoir. Son drame n'est pas l'hypocrisie, c'est la sincérité mal orientée. Il repartira « tout triste », et cette tristesse est peut-être la chose la plus honnête de tout le récit : au moins il a compris que le prix dépassait ses moyens.

La Question

Alors pourquoi Jésus répond-Il « garde les commandements » ? Si tout est grâce, cette réponse ressemble à un piège, voire à un mensonge pédagogique. Je ne crois pas que ce soit un mensonge. Jésus prend l'homme au sérieux sur son propre terrain : tu veux faire ? Voici ce qu'il y a à faire, et Il conduira l'homme jusqu'au point exact où le faire s'effondre, à l'endroit du portefeuille. Mais Il ne retire pas les commandements pour autant ; ils restent le visage concret de l'amour. La tension demeure entière et le texte ne la dénoue pas : Jésus laisse partir cet homme sans courir derrière lui. Il faudra attendre le verset 26, « Pour les hommes, cela est impossible », pour respirer. Entre les deux, il y a un silence qu'il ne faut pas remplir trop vite.

Réflexion

Quelle bonne œuvre, dans votre semaine, faites-vous surtout pour équilibrer un compte devant Dieu ou devant les autres ?

Si Jésus vous demandait aujourd'hui de lâcher une seule chose que vous tenez pour acquise, laquelle vous ferait repartir triste ?

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Questions fréquentes sur Matthew 19:16

Des réponses rapides aux questions les plus courantes sur ce passage biblique.

Que signifie Matthieu 19:16 ?
Un homme s'avance vers Jésus, sans nom, sans titre, avec une seule question en bouche : « Maître, quel bien ferai-je pour avoir la vie éternelle ? » Il ne demande pas qui est Jésus, ni ce que Dieu veut, ni comment on entre dans le royaume. Il demande quel acte accomplir, quel geste précis, quelle bonne œuvre ajouter à celles qu'il a déjà faites, pour posséder ce qui lui manque encore.
De quoi parle Matthieu 19:16 ?
La question « quel bien ferai-je » est vieille comme le jardin. Au commencement, l'homme avait tout reçu, gratuitement, et il a voulu saisir la connaissance du bien et du mal par lui-même, tendre la main plutôt que recevoir. Depuis, nous portons ce réflexe : décider nous-mêmes ce qui est bon, puis le faire pour mériter ce qui n'a jamais été à vendre.
Quel est le contexte historique de Matthieu 19:16 ?
Aujourd'hui : écrivez sur une feuille la phrase « Quel bien ferai-je pour avoir la vie éternelle ? », rayez-la d'un trait, écrivez en dessous « Un seul est bon », et restez cinq minutes en silence devant ces deux lignes sans rien demander.
Que nous enseigne Matthieu 19:16 sur le caractère de Dieu ?
Ne le méprisez pas trop vite. Contrairement aux pharisiens du verset 3, il ne vient pas « éprouver » Jésus ; il vient avec un manque réel. Il est jeune, riche, moralement irréprochable selon les critères qu'il connaît, et cela ne suffit pas. Quelque chose en lui sait que la vie éternelle n'est pas encore là.
En quoi Matthieu 19:16 reste-t-il pertinent aujourd'hui ?
Si Jésus vous demandait aujourd'hui de lâcher une seule chose que vous tenez pour acquise, laquelle vous ferait repartir triste ?
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Réflexion Éditorial le verset 11

Tous ne reçoivent pas cette parole, mais ceux à qui il est donné." Jésus ne fait pas du célibat une loi, ni du mariage un mérite. Il parle d'un don, reçu, pas arraché. Peut-être que ta situation, choisie ou subie, n'est pas un échec à réparer mais un appel à recevoir. Que t'a-t-il donné, à toi, aujourd'hui ?

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