Psaumes 86:17
Le texte
David demande un signe. Pas une explication, pas une doctrine : un signe visible de la faveur de Dieu, quelque chose que ses ennemis pourront voir de leurs propres yeux et devant quoi ils seront couverts de honte. Et puis vient cette étrange manière de parler : « car toi, ô Éternel ! tu m'auras aidé, et tu m'auras consolé. » Le secours n'est pas encore arrivé, la honte des adversaires n'est pas encore tombée, mais David parle déjà au passé de ce qui n'a pas eu lieu. Il demande quelque chose qu'il tient pour accompli. Toute la prière du psaume, avec ses cris répétés et son homme affligé et pauvre, se referme sur cette phrase qui regarde en arrière depuis un avenir qu'il n'a pas encore vu.
Le cœur
Ce verset dit une chose inconfortable sur Dieu : Il consent à être vu. David ne se contente pas d'une consolation intérieure, d'une paix privée qui laisserait tout le reste inchangé. Il veut un signe, quelque chose qui se produit dans le monde, dans l'histoire, sous les yeux de ceux qui le haïssent. La foi biblique n'est pas une intériorité protégée ; elle demande à Dieu d'agir là où les autres peuvent le constater. Et pourtant Dieu ne se laisse jamais forcer. Le psaume ne raconte pas le signe. Il s'arrête avant. Nous ne saurons pas ce que Dieu a fait, ni quand, ni comment. Reste seulement cette assurance qui parle au passé de l'avenir : « tu m'auras aidé, et tu m'auras consolé. » La certitude précède la preuve. C'est là, exactement là, que la foi devient difficile.
Le fil rouge
Toute l'Écriture est traversée par cette demande de signe, et par la réserve de Dieu devant elle. Le nom que David invoque au verset 15, ce Dieu miséricordieux, lent à la colère, grand en bonté et en vérité, vient directement d'Exode 34, de la révélation faite à Moïse après la faute du veau d'or. David prie donc à partir d'un signe déjà donné, une parole que Dieu a prononcée sur Lui-même. Sa hardiesse n'est pas de l'audace personnelle : elle s'appuie sur ce que Dieu a dit être. Et quand Jésus refusera un signe à ceux qui en réclament un, Il n'en promettra qu'un seul, celui de Jonas, trois jours dans la terre. Le signe suprême de la faveur de Dieu aura donc l'apparence exacte de l'abandon. Ceux qui haïssaient ont vu la croix et n'ont rien vu du tout.
Le miroir
Vous connaissez la tentation de vouloir que Dieu tranche visiblement. Le collègue qui vous a discrédité et dont la carrière avance sans accroc. Le procès en héritage où le membre de la famille le plus dur a gagné. La maladie qui rend ridicule tout ce que vous avez dit sur la fidélité de Dieu. Vous ne demandez pas seulement du secours, vous demandez que cela se voie, que quelqu'un soit contraint de reconnaître qu'il s'était trompé sur vous et sur votre Dieu. Ce désir n'est pas illégitime, David le formule sans s'excuser. Mais posez-vous la question : si Dieu vous aidait et vous consolait sans que personne d'autre ne le remarque, cela vous suffirait-il ? Ce serait déjà toute la réponse du psaume.
Le contexte
Un homme traqué, encerclé par « l'assemblée des hommes violents » qui cherche sa vie, et qui prie seul. Dans une culture où l'honneur et la honte sont la monnaie sociale, être publiquement humilié équivaut à mourir un peu. David demande donc le renversement du regard collectif, non par vengeance mais parce que sa vie sociale et sa vie spirituelle ne se séparent pas. Notez la formule du verset précédent : « le fils de ta servante ». C'est le langage de l'esclave né dans la maison, celui qui n'a aucun droit propre mais qui appartient au foyer depuis toujours. Le roi prie comme un domestique. Sa seule prétention, c'est d'être à Dieu.
L'intertexte
Le psaume est presque entièrement fait de phrases empruntées : on y entend Exode, on y entend d'autres psaumes. David ne prie pas des mots neufs, il prie les mots que Dieu et son peuple ont déjà déposés en lui. Cela vaut la peine d'y réfléchir : la prière la plus personnelle du psautier est aussi la plus citationnelle. Et quand le Nouveau Testament reprend le thème du signe, il le retourne. Les foules en réclament, Jésus n'en donne qu'un, différé, caché dans une tombe. Le verbe au futur antérieur de David, « tu m'auras aidé », trouve là son écho le plus étrange : la consolation arrive, mais par un chemin que personne n'aurait voulu emprunter.
Le personnage principal
David tel qu'il apparaît ici est déroutant. Il se dit affligé et pauvre, puis affirme sans trembler être « un de tes saints ». Il crie tout le jour et déclare pourtant que Dieu répondra. Ce n'est pas de l'incohérence, c'est la structure même de la foi éprouvée : la détresse et la certitude tiennent ensemble, non par équilibre psychologique mais parce que l'objet de la certitude n'est pas la situation, c'est le caractère de Dieu. David a demandé au verset 11 que son cœur soit uni dans la crainte du Nom. Ce verset final est peut-être l'exaucement de cette demande-là : un homme divisé par la peur qui finit par parler d'une seule voix, au passé, d'un secours qu'il ne voit pas encore.
Réflexion
Quel signe attendez-vous en ce moment de Dieu, et que se passerait-il en vous s'Il vous consolait sans jamais vous le donner ?
David parle au passé d'un secours à venir. Y a-t-il dans votre vie une chose que vous osez tenir pour acquise à partir du seul caractère de Dieu, et non des circonstances ?
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Questions fréquentes sur Psalms 86:17
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Ce que la communauté partage sur Psalms 86
Réflexions, prières et actions de grâce des lecteurs et de l'équipe de rédaction sur ce passage.
Juste avant, David demandait: « unis mon cœur à la crainte de ton nom. » Puis il promet: « Je te célébrerai, Seigneur, mon Dieu, de tout mon cœur. » On ne loue pleinement qu'avec un cœur rassemblé. Si ta louange te semble tiède aujourd'hui, demande d'abord que Dieu recolle les morceaux dispersés en toi.
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