Apocalypse 21:1
Le texte
Jean voit surgir devant lui un ciel nouveau et une terre nouvelle. Ce n'est pas un décor de remplacement posé sur les ruines de l'ancien : le premier ciel et la première terre « s'en étaient allés », congédiés, comme un vêtement qu'on retire. Et Jean ajoute une précision étrange, presque brutale dans sa brièveté : « et la mer n'est plus ». Trois mots qui, pour un lecteur du premier siècle, disent bien plus que la disparition d'un paysage marin. Le monde tel que Jean l'a connu, avec ses empires, ses exils, ses profondeurs menaçantes, a cessé d'exister. Ce que voit le prophète n'est pas une amélioration du monde ancien, mais son remplacement par un ordre entièrement autre, venu d'ailleurs.
Le cœur
Tout le mouvement de la révélation biblique se resserre ici. Dieu ne sauve pas des âmes en abandonnant Sa création ; Il refait le ciel et la terre, les deux mots par lesquels Genèse ouvrait l'histoire. Le salut est donc cosmique, matériel, territorial : il concerne la poussière dont nous sommes faits. Mais la nouveauté n'est pas une réparation graduelle. Le premier monde doit partir, ce qui est un acte de jugement autant que de grâce ; on ne rénove pas ce qui est fondamentalement corrompu, on le juge et on donne autre chose. Et la mer disparaît, cette mer d'où montait la bête au chapitre 13, image ancienne du chaos que Dieu tient en laisse depuis le premier jour. Désormais il n'y a plus de réservoir de menace. La grâce n'est pas seulement pardon, elle est stabilité définitive : plus rien ne peut remonter des profondeurs.
Le fil conducteur
Le premier verset de la Bible et ce verset-ci se répondent comme deux piliers d'un même arc : « les cieux et la terre » au commencement, « un nouveau ciel et une nouvelle terre » à la fin. Entre les deux se déroule toute l'histoire d'une création confiée, abîmée, jugée, rachetée. Les prophètes l'avaient déjà annoncé, Ésaïe surtout, quand il parlait de cieux nouveaux et d'une terre nouvelle promis à un peuple revenu d'exil : Jean ne bricole pas une nouveauté, il voit s'accomplir une parole ancienne. Et le lien avec le Christ n'est pas décoratif. Dans ce chapitre, celui qui éclaire la cité s'appelle l'Agneau. La nouvelle création n'est pas un second essai de Dieu ; elle est le prolongement du corps ressuscité de Jésus, première parcelle de matière déjà passée de l'autre côté de la mort.
Le miroir
Nous vivons tous avec notre mer intérieure. Ce sont les résultats d'analyse qui n'arrivent pas, l'entreprise qui « restructure », l'adolescent dont on ne sait plus ce qu'il pense, le compte en banque qui ne suit plus. Nous avons appris à naviguer, à surveiller l'horizon, à garder une réserve d'inquiétude au cas où. Ce verset ne promet pas une mer plus calme : il annonce qu'elle « n'est plus ». Cela dérange autant que cela console, car nous tenons à notre monde ancien, simplement amélioré : mêmes maisons, mêmes plaisirs, sans la douleur. Dieu offre autre chose, et Il commence par congédier ce à quoi nous nous accrochons. La question n'est pas si vous croyez à un monde nouveau, mais si vous vivez encore comme si l'ancien était le seul réel.
Le personnage principal
Jean voit, mais il ne fait rien. Le seul agissant, ici, reste invisible jusqu'au verset 5, où Il parle enfin depuis le trône : « Voici, je fais toutes choses nouvelles. » Le verbe est au présent, non au futur : ce n'est pas un projet, c'est Son activité propre, ce qu'Il est en train de faire. Et deux versets plus loin, un mot suffit : « C'est fait. » Voilà le portrait. Un Dieu qui ne négocie pas avec le chaos mais le supprime, qui n'abandonne pas la matière mais la refait, qui reste assez souverain pour renvoyer un univers entier et assez proche pour, quatre versets plus bas, essuyer des larmes une à une. La puissance et la tendresse ne sont pas en tension chez Lui.
Le profil
Sept petites Églises d'Asie Mineure entendent lire cette lettre à voix haute. Pour elles, la mer n'est pas une carte postale : c'est la route par laquelle arrivent les fonctionnaires de Rome, les impôts, les cargaisons de luxe, les statues de l'empereur. C'est aussi ce qui les sépare de leur apôtre déporté, et ce qui a englouti des marins qu'elles connaissaient par leur nom. Dans leur imaginaire, nourri des Psaumes, la mer est le lieu du monstre, du désordre que Dieu seul maîtrise. Entendre « la mer n'est plus », c'est entendre : plus de flotte impériale, plus de séparation, plus de bête montant des flots. Le pouvoir qui vous intimide n'aura même plus d'élément où naître.
Le contexte
Jean écrit depuis Patmos, un caillou de l'Égée, entouré précisément de cette mer qu'il voit disparaître. Fin du premier siècle, sous une pression romaine qui n'est pas encore persécution systématique mais qui rend le refus du culte impérial socialement coûteux : perte de clientèle, exclusion des corporations, soupçon de déloyauté. Littérairement, ce verset arrive juste après le trône blanc et le jugement des morts au chapitre 20. L'ordre est important : la nouveauté ne précède pas le jugement, elle le suit. Dieu ne repeint pas par-dessus l'injustice ; Il règle les comptes, puis Il crée. Et ce n'est qu'après ce verset que descend la cité, épouse parée, pour que Dieu habite enfin avec les hommes. La nouvelle terre n'est pas un lieu vide : c'est un lieu habité par Lui.
Réflexion
Quelle « mer » surveillez-vous en ce moment, et qu'est-ce que cela révèle de la place que vous accordez, en pratique, à la souveraineté de Dieu ?
Si le salut concerne la terre et non seulement les âmes, qu'est-ce que cela change dans la façon dont vous traitez votre corps, votre travail, votre quartier ?
Des livres chrétiens à découvrir
Des livres choisis avec soin, disponibles dans votre langue.
Ce récit intime de conversion invite le lecteur à contempler la grâce de Dieu qui transforme les cœurs les plus tourmentés.
Cette allégorie intemporelle éclaire chaque étape de la vie chrétienne, des combats aux joies célestes.
Les Fondements du christianisme
Lewis expose avec clarté et humour les vérités essentielles de la foi, affermissant l'intelligence et le cœur.
Ces lettres pleines d'esprit démasquent les ruses spirituelles quotidiennes et encouragent la vigilance dans la foi.
Un compagnon de méditation qui appelle à une intimité profonde et humble avec le Christ.
Faith.network earns a small commission on Kobo purchases made through these links, at no extra cost to you. It helps keep the studies free.
Questions fréquentes sur Revelation 21:1
Des réponses rapides aux questions les plus courantes sur ce passage biblique.
Que signifie Apocalypse 21:1 ?
De quoi parle Apocalypse 21:1 ?
Quel est le contexte historique de Apocalypse 21:1 ?
Que nous enseigne Apocalypse 21:1 sur le caractère de Dieu ?
En quoi Apocalypse 21:1 reste-t-il pertinent aujourd'hui ?
Ce que la communauté partage sur Revelation 21
Réflexions, prières et actions de grâce des lecteurs et de l'équipe de rédaction sur ce passage.
« Et il mesura sa muraille, cent quarante-quatre coudées, mesure d'homme. » Dieu prend la peine de mesurer, et Il le fait à notre échelle, avec nos coudées. Ton avenir n'est pas un vague nuage: il a des dimensions, des murs, une solidité. Ce que tu espères a été mesuré par une main qui te connaît.
Explorer ce passage à un autre niveau
Débutant, théologien, ou une autre longueur de lecture ? Ajustez les paramètres et générez votre propre version.
Ouvrir dans l'outil d'étude