3 Jean 1
Explication et récit biblique pour adolescents (12 ans et plus)
L'explication
Trois Jean est la lettre la plus courte du Nouveau Testament. Quinze versets, pas de traité théologique, pas de grande construction d'arguments. C'est un billet personnel, écrit par quelqu'un qui s'appelle simplement « l'ancien », à un homme nommé Gaïus. Et pourtant, en quinze versets, on voit trois hommes se dessiner avec une netteté presque gênante.
D'abord Gaïus. L'ancien l'aime « dans [la] vérité » et lui souhaite quelque chose d'étrange pour nos oreilles : « je souhaite qu'à tous égards tu prospères et que tu sois en bonne santé, comme ton âme prospère ». Autrement dit : que le reste de ta vie rattrape ton âme. Chez Gaïus, l'intérieur est en avance sur l'extérieur. Des frères de passage sont revenus et ont raconté comment il marche dans la vérité, et l'ancien écrit : « Je n'ai pas de plus grande joie que ceci ».
Ensuite on apprend ce que fait concrètement cette vérité chez Gaïus : il reçoit chez lui des frères itinérants, y compris des inconnus. Ces gens sont partis « pour le nom », sans rien recevoir « de ceux des nations » : pas de sponsor extérieur, pas de salaire, pas de sécurité. Ils dépendent entièrement de l'hospitalité des croyants. Et l'ancien tire une conclusion étonnante : en les recevant, « nous coopérions avec la vérité ». La vérité, ici, a besoin d'une table et d'un lit.
Puis vient Diotrèphe, et le ton change. « Diotrèphe, qui aime à être le premier parmi eux, ne nous reçoit pas. » Il tient l'assemblée. Il débite de méchantes paroles, il refuse les frères de passage, et ceux qui veulent quand même les accueillir, il les chasse. Remarque bien : nulle part il n'est reproché à Diotrèphe une fausse doctrine. Son problème est plus banal et plus dangereux : il aime être le premier.
Enfin Démétrius, dont l'ancien dit qu'il a « le témoignage de tous et de la vérité elle-même ».
La lettre se termine par un aveu presque tendre : j'aurais beaucoup à écrire, mais je ne veux pas le faire avec l'encre et la plume, j'espère te voir et parler « bouche à bouche ». Et puis : « Paix te soit. Les amis te saluent. Salue les amis, chacun par son nom. »
Qu'est-ce que cela signifie ?
Dans ce texte, la vérité n'est jamais une opinion qu'on possède. C'est une route qu'on parcourt. On y « marche » dans la vérité, on « coopère » avec elle, on peut être attesté par elle. Cela déplace la question. Ce n'est pas seulement : as-tu les bonnes convictions ? Mais : où t'ont-elles mené ces derniers mois ?
Deuxième chose, plus inconfortable : la Bible met le nom de Diotrèphe noir sur blanc. Elle ne romance pas la communauté chrétienne. Il y avait, dès la première génération, des personnes dans l'Église qui utilisaient la foi comme un socle pour se hisser. Diotrèphe croyait probablement les bonnes choses. Il tenait probablement de bons discours. Mais il ne recevait personne, parce que recevoir quelqu'un signifie faire de la place, et faire de la place signifie devenir un peu plus petit.
C'est pourquoi le verset 11 est le cœur de la lettre : « n'imite pas le mal, mais le bien. Celui qui fait le bien est de Dieu ; celui qui fait le mal n'a pas vu Dieu. » Un critère brutalement simple, et qui ne parle pas d'abord de tes idées, mais de tes actes.
Le fil rouge
Ces frères sont partis « pour le nom ». Le Nom n'est pas nommé, et il n'a pas besoin de l'être : tout le monde sait de qui il s'agit. Toute cette lettre tourne autour d'un Christ absent du texte et présent partout.
Regarde le mouvement de la lettre. Dieu n'a pas envoyé de l'encre et une plume. Il est venu en personne, bouche à bouche, Parole devenue chair. Et Jésus a vécu exactement l'inverse de Diotrèphe : Il n'a pas cherché à être le premier, Il a reçu les étrangers, les gens que personne n'accueillait, et cela Lui a coûté Sa place. Gaïus qui ouvre sa porte à des inconnus fait, en petit, ce que Dieu a fait en grand.
Et cette dernière phrase, « Salue les amis, chacun par son nom » : c'est le style de Dieu. Il ne travaille pas avec des masses anonymes. Il connaît les Siens par leur nom, un par un.
Pour toi
Pose-toi la question du verset 2, mais à l'envers. Chez Gaïus, l'âme était en avance sur le reste. Chez la plupart d'entre nous, c'est l'inverse : nos résultats, notre corps, notre image en ligne sont soigneusement entretenus, et l'âme traîne loin derrière, mal nourrie, épuisée. Que se passerait-il si tu accordais à ton âme une fraction du soin que tu accordes à ton apparence ?
Ensuite, le test de Diotrèphe. Il ne se trouve pas dans ta théologie mais dans tes réflexes. Est-ce que je supporte que quelqu'un d'autre soit meilleur, plus aimé, plus visible que moi ? Comment est-ce que je parle des gens quand ils ne sont pas là ? Le mal, dans cette lettre, ce sont des mots.
Deux choses concrètes. Un : cette semaine, invite quelqu'un qui reste toujours en périphérie de ton groupe. Pas un message, une vraie invitation, chez toi, à table. Recevoir un étranger, c'est « coopérer avec la vérité », et cela coûte quelque chose.
Deux, plus difficile : demande à quelqu'un qui te connaît vraiment s'il voit une différence entre ce que tu dis croire et la manière dont tu marches. Puis écoute sans te défendre. Gaïus était connu parce que d'autres avaient raconté sa vie. Sois quelqu'un dont le témoignage ne dépend pas de sa propre publicité.
Parlons-en
Si quelqu'un qui te connaît bien décrivait ta vie de foi comme les frères ont décrit celle de Gaïus, sans que tu puisses corriger, que dirait-il ?
Où reconnais-tu Diotrèphe en toi : dans quel domaine veux-tu être le premier, à quel point cela te rend-il incapable de recevoir les autres ?
Prions ensemble
Seigneur, Tu connais mon nom et Tu vois plus loin que mon image. Fais prospérer mon âme, même là où le reste de ma vie ne suit pas. Apprends-moi à faire de la place, aux autres et à Toi. Et garde-moi de vouloir être le premier, puisque Tu es venu comme Serviteur. Amen.
Questions sur 3 Jean 1
Des réponses courtes pour ceux qui découvrent ce passage.
De quoi parle 3 Jean 1 ?
Que dit 3 Jean 1 ?
Que nous enseigne 3 Jean 1 sur Dieu ?
Que peuvent apprendre adolescents de 3 Jean 1 ?
Pourquoi 3 Jean 1 est-il un récit biblique important ?
Ce que d'autres ont découvert
Gaïus n'a pas fait de discours. Il a ouvert sa porte, et ce sont d'autres qui ont « rendu témoignage à ton amour devant l'assemblée ». Ton hospitalité parle avant toi. Et Jean ajoute: « tu feras bien de les faire partir d'une manière digne de Dieu ». Pas digne de ton budget. Digne de Lui.
Bien-aimé, tu agis fidèlement dans tout ce que tu fais envers les frères, et cela envers ceux-là mêmes qui sont étrangers." Gaïus ouvrait sa porte à des visages qu'il ne connaissait pas. Jean n'appelle pas cela de la gentillesse, mais de la fidélité. Et toi, qui as-tu accueilli cette semaine sans rien attendre en retour ?
« Bien-aimé, je souhaite qu'à tous égards tu prospères et que tu sois en bonne santé, comme ton âme prospère. » Jean prend l'âme de Gaïus comme mesure du reste. Oserais-tu prier cela pour toi ? Que ton compte en banque, ton corps, tes projets aillent aussi bien que ta vie intérieure. Pour beaucoup, ce serait une prière risquée.
« Salue les amis, chacun par son nom. » Jean ne dit pas « salue tout le monde ». Il demande qu'on nomme, un par un. Dieu ne t'aime pas dans une foule anonyme, il t'appelle par ton nom. Et toi, dans ton assemblée, qui pourrais-tu nommer aujourd'hui, au lieu de saluer vaguement de loin ?
Vous cherchez quelque chose pour des enfants plus jeunes ?
Nous proposons aussi des versions pour les tout-petits (3-6 ans) et l'âge primaire (7-12 ans).
Ouvrir dans la Bible pour enfants