Colossiens 3:2
Le texte
Un seul impératif, et il vise la pensée : orientez votre esprit vers ce qui est en haut, pas vers ce qui est sur la terre. Paul ne demande pas d'abord un changement de comportement mais un changement de direction du regard intérieur, et il vient de dire pourquoi : « Si donc vous avez été ressuscités avec le Christ, cherchez les choses qui sont en haut, où le Christ est assis à la droite de Dieu ». Le verset 2 reprend le verset 1 et le creuse. Chercher, c'est agir ; penser, c'est laisser l'esprit s'installer quelque part, y revenir spontanément, en faire son horizon. Et la suite précise ce qui rend cela possible : « car vous êtes morts, et votre vie est cachée avec le Christ en Dieu ».
Le cœur
« En haut » n'est pas une région de l'univers mais une Personne à une place précise : là « où le Christ est assis à la droite de Dieu ». Paul ne propose donc pas une spiritualité du détachement, une fuite du monde matériel vers les idées pures. Il indique une adresse. Le verbe grec utilisé ici, phroneô, ne signifie pas seulement réfléchir ; il désigne la disposition profonde qui oriente les affections, les priorités, ce à quoi l'on tient. Ce que Paul demande est donc ceci : que votre centre de gravité intérieur soit là où votre vie se trouve désormais réellement. Car elle n'est plus ici, à découvert, exposée, à défendre. Elle est « cachée avec le Christ en Dieu ». On ne pense au ciel que parce qu'on y est déjà déposé.
Le fil conducteur
« À la droite de Dieu » n'est pas une image décorative : c'est la citation d'une promesse. Le Psaume 110 fait entendre l'oracle adressé au roi, « assieds-toi à ma droite », et les premiers chrétiens y ont reconnu la carte d'identité du Ressuscité. Ce que Paul dit tient donc en une ligne : l'attente d'Israël a trouvé son terme dans un homme crucifié maintenant intronisé. Et cette intronisation change l'orientation de tout un peuple. Autrefois on regardait vers Jérusalem, vers le temple, vers le lieu où Dieu avait fait habiter Son Nom. Maintenant le lieu est une Personne, et Il est en haut. Le fil ne s'arrête pas là : le verset 4 tend l'arc jusqu'au bout, « Quand le Christ qui est notre vie, sera manifesté ». Le regard vers le haut est donc aussi un regard vers l'avant.
Le miroir
Notre esprit revient tout seul à certaines choses. Le solde du compte à la fin du mois. La phrase d'un collègue qui continue de tourner. Le corps qui vieillit et les analyses qu'on n'ose pas ouvrir. Le bulletin de l'enfant, la maison à rembourser, la réputation qu'il faut entretenir. Paul ne dit pas que ces choses sont mauvaises ; il dit qu'elles sont « sur la terre », donc incapables de porter le poids d'une vie. Ce que nous appelons réalisme est souvent une peur : si je cesse de surveiller, tout s'effondre. Mais « votre vie est cachée avec le Christ en Dieu » : elle n'est plus entre vos mains, donc plus à défendre. Aujourd'hui, écrivez sur un papier la chose à laquelle votre esprit retourne dès qu'il est libre, et sous ce mot écrivez : « assis à la droite de Dieu ». Posez le papier là où vous travaillez.
La question
Peut-on commander une pensée ? Paul emploie un impératif, comme s'il suffisait de tourner un bouton. Or celui qui a veillé un malade la nuit, ou perdu un emploi, sait que l'esprit ne se déplace pas sur ordre. Il faut être honnête : le texte ne promet pas la maîtrise de nos pensées. Il donne une raison, pas une technique. L'impératif du verset 2 repose sur une affirmation déjà faite : « vous êtes morts ». Et cette vie nouvelle est « cachée », c'est-à-dire invisible aussi à celui qui la possède. Vous ne pourrez pas la vérifier dans votre humeur du matin. Reste alors une obéissance presque aveugle, qui consiste à revenir, encore, vers l'adresse indiquée, sans preuve intérieure que cela marche.
Le profil
Ceux qui écoutent cette lettre lue à voix haute sont pour beaucoup des gens sans pouvoir : des artisans, des esclaves, des femmes, quelques Juifs, des Grecs, et jusqu'à ce « Scythe » que Paul nomme au verset 11, mot qui pour l'oreille ancienne signifiait sauvage. On leur a proposé des pratiques religieuses supplémentaires, des règles, des visions, une piété qui promettait l'accès aux régions célestes. Paul leur dit que l'accès est déjà donné, et qu'il ne passe pas par des exercices mais par un mort ressuscité. Pour un esclave de Colosses, entendre que sa vie véritable est « cachée avec le Christ en Dieu » est une révolution silencieuse : son maître possède son corps et son temps, mais pas son centre.
Le contexte
Colosses est une petite ville de la vallée du Lycos, en Phrygie, sur une route commerciale, connue pour la laine teinte, secouée par les tremblements de terre, éclipsée par ses voisines Laodicée et Hiérapolis. Paul n'y est jamais allé ; l'Église y est née par Épaphras. Lui écrit prisonnier, enchaîné, ce qui donne à l'expression « en haut » un relief particulier : l'homme qui parle d'un trône est assis par terre, sous garde. Dans ce monde, les trônes visibles appartenaient à César et à ses gouverneurs, et le ciel était peuplé de puissances qu'il fallait apaiser. Affirmer qu'un seul est assis à la droite de Dieu n'était pas une méditation privée mais une prise de position sur qui gouverne réellement le monde.
Réflexion
Quand votre esprit est libre, où va-t-il spontanément, et qu'est-ce que cela révèle de ce que vous croyez devoir protéger vous-même ?
Si votre vie est « cachée avec le Christ en Dieu », qu'est-ce que cela change à ce que vous cherchez à prouver aux autres cette semaine ?
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Questions fréquentes sur Colossians 3:2
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Ce que la communauté partage sur Colossians 3
Réflexions, prières et actions de grâce des lecteurs et de l'équipe de rédaction sur ce passage.
Père, mes pensées restent souvent collées à ce qui m'inquiète ici-bas. Aide-moi à lever les yeux, à chercher ce qui est en haut, là où tu es. Que mon cœur apprenne à se tourner vers toi, même au milieu des journées ordinaires.
Père, apprends-moi à aimer sans amertume. Quand la fatigue durcit mes mots et que la rancune s'installe, adoucis mon cœur. Que celle qui partage ma vie trouve en moi de la douceur, pas de la froideur.
Père, mon regard se perd si vite dans les soucis d'en bas. Tu m'as pourtant relevé avec Christ, et c'est là-haut, auprès de toi, que se trouve ma vraie vie. Apprends-moi à chercher d'abord ce qui dure, aujourd'hui, dans les petites choses.
Merci, Seigneur, parce qu'en toi il n'y a plus « Grec et Juif, esclave, homme libre », mais Christ est « tout et en tous ». Merci pour ce frère si différent de moi que tu m'as donné d'aimer, et pour la place que tu me fais à ta table, sans condition.
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