Explication biblique

Exode 1:7

Bible
Ce verset est dédié par Church of Senegal (Église Aglicane)

Le texte

Une génération vient de disparaître. Joseph est mort, ses frères aussi, et tout ce monde-là s'est éteint en terre étrangère, loin des tombeaux de Canaan. Soixante-dix âmes étaient descendues en Égypte avec Jacob ; on aurait pu croire que l'histoire s'arrêtait là, dans le silence d'un cimetière d'immigrés. Et puis, sans transition, sans que Dieu prononce un seul mot, le verset 7 fait entendre autre chose : « Et les fils d'Israël fructifièrent et foisonnèrent, et multiplièrent, et devinrent extrêmement forts ; et le pays en fut rempli. » Cinq verbes empilés les uns sur les autres, comme si le narrateur n'arrivait pas à trouver un seul mot assez large. Là où l'on comptait des morts, il faut maintenant compter des berceaux.

Le cœur

Remarquez ce qui manque dans ce verset : Dieu. Son nom n'apparaît pas. Personne ne prie, personne ne reçoit de vision, aucun ange ne traverse la scène. Et pourtant tout lecteur formé à la Genèse entend immédiatement de qui vient cette fécondité, car ces verbes sont ceux de la création et ceux de la promesse à Abraham. Le peuple grandit comme pousse le blé la nuit, sans spectateur. Voilà une chose que ce texte dit de Dieu et que nous oublions volontiers : Sa fidélité ne dépend pas de notre conscience de Sa présence. Il tient parole dans les décennies muettes, entre deux révélations, pendant que les familles enterrent leurs pères et croient simplement survivre. La grâce travaille sous terre avant de se voir.

Le fil conducteur

« Fructifiez et multipliez, et remplissez la terre » : c'est l'ordre donné au commencement, en Genèse 1, à l'humanité tout entière. Le narrateur de l'Exode reprend ce vocabulaire mot pour mot et l'applique à une famille d'immigrés dans le delta du Nil. Autrement dit : ce qui devait arriver au monde arrive ici, à ce clan précis. Israël n'est pas seulement un peuple qui grandit, il est le commencement d'une création reprise à zéro. Et le mécanisme qui s'enclenche ensuite traverse toute l'Écriture : « selon qu'ils l'opprimaient, il multipliait et croissait ». La vie que l'on cherche à étouffer déborde. Cette logique atteint son point extrême au matin de Pâques, quand un tombeau scellé devient le lieu même d'où la vie se répand. Le verset 7 en est la première esquisse, discrète, sans miracle visible.

Le miroir

Il y a des saisons où l'on n'a rien d'autre à raconter que des enterrements et du travail. Le chapitre s'ouvre sur une liste de noms et une génération entière qui s'éteint ; vous connaissez cette impression, quand vos parents vieillissent, que les amis de votre jeunesse se dispersent, que votre métier tourne sans que rien n'avance, et que la foi devient une habitude plutôt qu'une aventure. La tentation n'est pas l'athéisme, elle est plus sourde : croire que Dieu a suspendu Son travail parce que vous ne Le sentez plus. Le verset 7 vous contredit sans argumenter. Il compte simplement les naissances. Aujourd'hui, écrivez sur un papier le nom d'une personne de la génération précédente qui vous a transmis quelque chose de la foi, et dites à haute voix merci à Dieu pour elle. Rien de plus, mais faites-le avant ce soir.

Le profil

Ceux qui ont entendu ce récit pour la première fois n'étaient pas des lecteurs curieux d'histoire ancienne. C'étaient des gens qui avaient eux-mêmes porté les briques, ou dont les pères les avaient portées. Quand on leur lisait cette liste de douze noms suivie du chiffre soixante-dix, puis ce verset qui déborde de verbes, ils faisaient le calcul dans leur chair : nous étions une poignée, regardez-nous maintenant. Pour un peuple qui doutait de sa propre légitimité, encore mal assuré de sa place entre les nations, ce verset fonctionnait comme un acte de naissance. Il disait : votre existence n'est pas un accident démographique, elle est une promesse tenue. Et il ajoutait, plus difficile à entendre : votre nombre même est ce qui a effrayé Pharaon.

Le contexte

Entre le verset 6 et le verset 7, plusieurs siècles s'écoulent en un souffle. Nous sommes dans le delta oriental du Nil, une région marécageuse et fertile où les bergers sémitiques venus de Canaan étaient tolérés depuis longtemps : main-d'œuvre utile, bergers pour les troupeaux royaux, ouvriers pour les grands chantiers. L'Égypte est alors la superpuissance du monde connu, obsédée par l'ordre, la frontière et le recensement. Une population étrangère qui croît vite dans une zone stratégique, à la porte par laquelle passent les armées, devient un problème d'État. Le verset dit littéralement que « le pays en fut rempli », et ce n'est pas seulement une bénédiction : c'est déjà, aux oreilles d'un scribe égyptien, une alerte de sécurité nationale. La suite du chapitre le confirme avec une froideur administrative.

La question

Pourquoi la bénédiction devient-elle la cause de l'esclavage ? C'est bien ce que le texte enchaîne : ils se multiplient, donc Pharaon a peur, donc viennent les chefs de corvées, les briques, et finalement l'ordre de noyer les nouveau-nés. Dieu tient parole, et le résultat immédiat est quatre siècles de souffrance. On aimerait dire que c'était nécessaire, qu'il fallait l'Égypte pour qu'il y ait un Exode, et ce n'est pas faux ; mais cela ne rend pas les enfants au fleuve. Le texte ne s'excuse pas et n'explique pas. Il laisse la fécondité et l'oppression collées l'une à l'autre, comme elles le sont souvent dans nos vies. Ce que Dieu promet, Il le donne ; Il ne promet pas que ce sera sans danger.

Réflexion

Quelle croissance silencieuse, invisible même à vous, Dieu est-Il peut-être en train de faire dans votre vie pendant que vous comptez surtout vos pertes ?

Qu'est-ce que cela change pour vous de savoir que la fidélité de Dieu peut vous conduire vers un endroit plus exposé, et non plus sûr ?

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Questions fréquentes sur Exodus 1:7

Des réponses rapides aux questions les plus courantes sur ce passage biblique.

Que signifie Exode 1:7 ?
Une génération vient de disparaître. Joseph est mort, ses frères aussi, et tout ce monde-là s'est éteint en terre étrangère, loin des tombeaux de Canaan. Soixante-dix âmes étaient descendues en Égypte avec Jacob ; on aurait pu croire que l'histoire s'arrêtait là, dans le silence d'un cimetière d'immigrés.
De quoi parle Exode 1:7 ?
« Fructifiez et multipliez, et remplissez la terre » : c'est l'ordre donné au commencement, en Genèse 1, à l'humanité tout entière. Le narrateur de l'Exode reprend ce vocabulaire mot pour mot et l'applique à une famille d'immigrés dans le delta du Nil.
Quel est le contexte historique de Exode 1:7 ?
Ceux qui ont entendu ce récit pour la première fois n'étaient pas des lecteurs curieux d'histoire ancienne. C'étaient des gens qui avaient eux-mêmes porté les briques, ou dont les pères les avaient portées.
Que nous enseigne Exode 1:7 sur le caractère de Dieu ?
Pourquoi la bénédiction devient-elle la cause de l'esclavage ? C'est bien ce que le texte enchaîne : ils se multiplient, donc Pharaon a peur, donc viennent les chefs de corvées, les briques, et finalement l'ordre de noyer les nouveau-nés. Dieu tient parole, et le résultat immédiat est quatre siècles de souffrance.
En quoi Exode 1:7 reste-t-il pertinent aujourd'hui ?
Qu'est-ce que cela change pour vous de savoir que la fidélité de Dieu peut vous conduire vers un endroit plus exposé, et non plus sûr ?

Qu'est-ce qui vous touche dans Exodus 1 ?

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