Explication biblique

Exode 4:2

Bible

Le texte

Moïse vient de poser son objection : personne ne le croira, personne ne reconnaîtra que l'Éternel lui est apparu. Dieu ne répond pas par un argument ni par une démonstration de puissance céleste ; Il pose une question d'une banalité déconcertante : « Qu'est-ce [que tu as] dans ta main ? » Moïse répond : « Une verge. » Rien de plus. Un bâton de berger, usé par quarante ans de poussière à Madian, l'outil le plus ordinaire du métier le plus ordinaire. La conversation sur l'avenir d'un peuple entier passe soudain par un morceau de bois que Moïse tenait déjà, sans y penser, pendant qu'il discutait avec Dieu.

Le cœur

Cette question révèle quelque chose de la manière dont Dieu sauve. Il ne cherche pas d'abord à remplir les mains vides de Moïse, Il attire son regard sur ce qu'elles tiennent déjà. Le Dieu qui appelle est le même qui crée : Celui qui fait surgir le monde de rien n'a pas besoin de matériaux impressionnants, et quelques versets plus loin Il le dira Lui-même, « Qui est-ce qui a donné une bouche à l'homme ? » La verge, comme la bouche, comme la main, appartient déjà au Créateur. Moïse croit que le problème est la crédibilité de son message ; Dieu lui montre que le problème est ailleurs, dans la supposition que la délivrance dépendrait des ressources du messager. La grâce ne commence pas par ce que nous apportons, mais par ce que Dieu revendique.

Le fil rouge

Ce bâton ne restera pas un bâton de berger. Il va devenir « la verge de Dieu » (v. 20), fendre la mer, frapper le rocher, se dresser sur la colline pendant que l'on combat en bas. Mais regardez d'abord ce qui lui arrive ici : jeté à terre, il devient serpent, et Moïse fuit devant lui. Le serpent, c'est l'ennemi du jardin, c'est aussi l'emblème que Pharaon porte au front. Dieu demande à Moïse de saisir par la queue précisément ce qui le terrifie, et la terreur redevient instrument dans sa main. C'est là le motif qui traverse toute l'Écriture jusqu'à la croix : Dieu ne contourne pas la puissance de la mort, Il la prend en main. Jésus dira que le Fils de l'homme doit être élevé comme le serpent dans le désert (Jean 3.14), le signe du poison transformé en signe du salut. Le bois dans la main d'un homme, instrument de délivrance : la figure est ancienne, et elle n'a jamais cessé.

Le miroir

La question « qu'est-ce que tu as dans ta main ? » est embarrassante parce qu'elle refuse nos excuses les mieux construites. Nous disons : je n'ai pas le don, pas la formation, pas l'autorité, pas le temps, pas la santé que cela demanderait. Dieu répond en regardant nos mains. Un métier que vous exercez depuis vingt ans sans y voir autre chose qu'un gagne-pain. Une maison où l'on peut inviter quelqu'un. Une patience acquise à force de nuits difficiles avec un enfant malade. Une langue que vous parlez, un carnet d'adresses, une demi-heure le mardi soir. Ce que vous tenez vous paraît dérisoire justement parce que vous le tenez depuis toujours ; l'habitude a rendu invisible ce que Dieu voit très bien. Et remarquez : Moïse doit d'abord lâcher le bâton avant qu'il devienne autre chose. Tant qu'il le serre, ce n'est qu'un bout de bois. Aujourd'hui : écrivez sur une feuille, en une ligne, la chose la plus ordinaire que vous ayez entre les mains en ce moment, puis dites-la à voix haute à Dieu avec ces mots : « Ceci est à Toi, prends-le. »

Le profil

Les premiers auditeurs de ce récit étaient des gens qui avaient vu ce bâton, ou dont les parents l'avaient vu. Pour eux, « une verge » n'était pas une image pieuse mais un souvenir : la mer ouverte, l'eau jaillie du rocher. Entendre Dieu demander « qu'est-ce que tu as dans ta main ? » et Moïse répondre si sobrement « une verge », c'était mesurer tout l'écart entre le départ et la suite. Ils savaient aussi ce que les Égyptiens pensaient des bergers : un métier méprisé, bon pour les étrangers. Le peuple qui recevait ce texte vivait avec la mémoire de son propre esclavage et la tentation permanente de se croire trop petit, trop marqué, trop sans ressources pour être le peuple de l'Éternel. Ce verset leur disait que Dieu n'avait jamais travaillé autrement.

Le personnage principal

Dieu, ici, est celui qui interroge. Il connaît évidemment la réponse ; la question n'est pas destinée à L'informer mais à déplacer le regard de Moïse. C'est une pédagogie que l'on retrouve partout chez Lui : des questions posées non pour obtenir un renseignement, mais pour amener quelqu'un à voir ce qu'il a sous les yeux. Il ne réfute pas l'objection de Moïse, Il ne lui dit pas qu'il a tort de craindre l'incrédulité du peuple. Il ne promet pas non plus de le rendre impressionnant. Il reste d'une patience presque déroutante avec un homme qui multiplie les échappatoires, jusqu'au moment, plus loin, où Sa colère s'embrase. Patient, oui ; indéfiniment malléable, non. Le Dieu qui demande doucement « qu'est-ce que tu as dans ta main ? » est le même qui, dix versets plus tard, ne tolérera plus le refus.

Le détail

Le mot hébreu traduit ici par « verge », matteh, désigne le bâton, mais aussi, dans des centaines de passages, la tribu. Un même mot pour le morceau de bois et pour la portion du peuple. Les deux sens tiennent ensemble parce qu'un bâton était le signe de l'autorité d'un chef de clan. Ce qui veut dire que la réponse de Moïse, « une verge », porte déjà, sans qu'il le sache, l'ombre de ce qui vient : douze tribus arrachées à l'Égypte, un peuple tenu dans une main. Il croit n'avoir qu'un outil de berger. Il tient le mot même qui désignera Israël. Dieu ne lui donne rien de nouveau ; Il lui ouvre les yeux sur ce qu'Il avait déjà déposé là.

Réflexion

Qu'est-ce que vous refusez d'offrir à Dieu, non par rébellion, mais parce que cela vous semble trop ordinaire pour L'intéresser ?

Moïse doit jeter le bâton avant de le voir changer. Qu'est-ce que vous tenez si fermement que vous n'avez jamais pu découvrir ce que Dieu en ferait ?

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Questions fréquentes sur Exodus 4:2

Des réponses rapides aux questions les plus courantes sur ce passage biblique.

Que signifie Exode 4:2 ?
Moïse vient de poser son objection : personne ne le croira, personne ne reconnaîtra que l'Éternel lui est apparu. Dieu ne répond pas par un argument ni par une démonstration de puissance céleste ; Il pose une question d'une banalité déconcertante : « Qu'est-ce [que tu as] dans ta main ?
De quoi parle Exode 4:2 ?
Ce bâton ne restera pas un bâton de berger. Il va devenir « la verge de Dieu » (v. 20), fendre la mer, frapper le rocher, se dresser sur la colline pendant que l'on combat en bas. Mais regardez d'abord ce qui lui arrive ici : jeté à terre, il devient serpent, et Moïse fuit devant lui.
Quel est le contexte historique de Exode 4:2 ?
Les premiers auditeurs de ce récit étaient des gens qui avaient vu ce bâton, ou dont les parents l'avaient vu. Pour eux, « une verge » n'était pas une image pieuse mais un souvenir : la mer ouverte, l'eau jaillie du rocher. Entendre Dieu demander « qu'est-ce que tu as dans ta main ?
Que nous enseigne Exode 4:2 sur le caractère de Dieu ?
Le mot hébreu traduit ici par « verge », matteh, désigne le bâton, mais aussi, dans des centaines de passages, la tribu. Un même mot pour le morceau de bois et pour la portion du peuple. Les deux sens tiennent ensemble parce qu'un bâton était le signe de l'autorité d'un chef de clan.
En quoi Exode 4:2 reste-t-il pertinent aujourd'hui ?
Moïse doit jeter le bâton avant de le voir changer. Qu'est-ce que vous tenez si fermement que vous n'avez jamais pu découvrir ce que Dieu en ferait ?
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Merci Éditorial le verset 16

Merci, Seigneur, de ne pas m'envoyer seul. Comme tu as donné Aaron à Moïse pour qu'il « parle pour toi au peuple » et « te soit en bouche », tu places à mes côtés des frères qui portent avec moi ce qui me dépasse. Merci pour ces voix qui me soutiennent quand la mienne tremble.

Réflexion Éditorial le verset 22

« Israël est mon fils, mon premier-né. » Avant même une seule plaie, avant la mer ouverte, Dieu donne un nom à ce peuple d'esclaves épuisés. Pas « mes serviteurs », pas « mes protégés ». Mon fils. Pharaon voyait de la main-d'œuvre, Dieu voyait un enfant. Et toi, dans tes journées de brique et de paille, sais-tu comment il te nomme ?

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