Explication biblique

Ésaïe 66:9

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Le texte

Deux questions, posées par Dieu Lui-même, et toutes deux attendent la même réponse : évidemment non. « Amènerais-je jusqu'au moment de l'enfantement, et je ne ferais pas enfanter ? dit l'Éternel. Moi, qui fais enfanter, je fermerais [la matrice] ? dit ton Dieu. » L'image vient de la chambre d'accouchement : une femme est arrivée au terme, le travail a commencé, la tête apparaît, et voilà que quelqu'un suggérerait que tout s'arrête là. Dieu se présente comme la sage-femme qui a conduit Sion jusqu'à cet instant précis, et Il demande à Ses auditeurs s'ils Le croient vraiment capable d'abandonner l'ouvrage à la dernière contraction. La question est presque offensée. Elle est aussi, pour un peuple épuisé d'attendre, exactement la question qu'il fallait entendre.

Le cœur

Ce verset ne parle pas d'abord de patience humaine mais de cohérence divine. Celui qui commence est Celui qui achève, non par entêtement mais parce que Sa parole et Son bras ne se contredisent pas. Remarquez le double titre : « dit l'Éternel », puis « dit ton Dieu ». Le nom de l'alliance, puis le possessif. Dieu ne se contente pas d'affirmer Sa puissance en général, Il la rattache à une relation nommée. Et Il choisit, pour se décrire, non l'image du guerrier ni celle du juge, mais celle de Celui qui ouvre la matrice, un domaine où l'homme est absolument impuissant et où Israël avait appris, depuis Sara et Anne, à reconnaître la main de Dieu seul. La restauration de Sion n'est donc pas une reprise économique. C'est une naissance, et les naissances ne s'organisent pas, elles se reçoivent.

Le fil conducteur

Le langage de l'enfantement traverse toute l'Écriture comme une basse continue : la douleur annoncée en Genèse 3 devient, chez les prophètes, l'image de l'histoire elle-même en travail. Ésaïe 66 pousse l'image jusqu'à l'absurde apparent, un pays qui naît en un seul jour, et Dieu jure qu'Il ne s'arrêtera pas à mi-chemin. Jésus reprend exactement cette image la nuit de Son arrestation : « La femme, quand elle enfante, a de la tristesse… mais dès qu'elle a donné le jour à l'enfant, elle ne se souvient plus de l'angoisse » (Jean 16.21). Il parle de la croix et du matin de Pâques. La naissance que rien n'a pu arrêter, c'est finalement Sa sortie du tombeau, et le peuple nouveau qui en est issu. Ce que Dieu promet ici en langage de sage-femme, Il l'a accompli dans un jardin, à l'aube.

Le miroir

Vous connaissez cette peur, même si vous ne l'avouez pas volontiers : la peur que Dieu commence des choses qu'Il ne termine pas. Vous priez depuis onze ans pour un fils qui ne rentre pas. Vous avez vu une guérison intérieure démarrer, puis caler. Vous avez lancé un travail, une communauté, un mariage réparé, et tout s'est immobilisé juste avant l'aboutissement, dans cette zone où l'on n'est plus au début mais pas encore à la fin. C'est le pire endroit. Ce verset ne promet pas que tout ira vite. Il attaque autre chose : le soupçon que Dieu serait un ouvrier négligent. Et il vous laisse une question inconfortable. Si la naissance ne dépend pas de vos efforts, cesserez-vous enfin d'essayer de forcer le travail ?

Le profil

Imaginez Jérusalem vers 520 avant Jésus-Christ. Quelques milliers de rapatriés dans une ville dont les murailles sont encore des tas de pierres noircies, des maisons de brique crue, l'odeur de la poussière et des chèvres, une province minuscule à la périphérie de l'empire perse. Le nouveau temple est si modeste que les anciens qui avaient connu le premier pleurent en le voyant (Esdras 3). Autour d'eux, des frères juifs qui les méprisent, comme le dit le verset 5, et qui ricanent : « Que l'Éternel soit glorifié, et que nous voyions votre joie ! » Autrement dit : montrez-nous donc votre fameuse restauration. Dans ce contexte, promettre qu'une nation naîtra en un seul jour n'était pas une consolation vague. C'était scandaleusement démesuré.

Le détail

« Amènerais-je jusqu'au moment de l'enfantement ». Ne passez pas trop vite. Le sujet du verbe, c'est Dieu. C'est Lui qui a conduit Sion jusqu'à ce point de rupture, c'est Lui qui l'a amenée dans la douleur. Le texte n'esquive pas cela, il l'assume. L'exil, l'humiliation, l'attente insupportable ne sont pas des accidents survenus malgré Dieu : ils sont le travail. Et c'est précisément parce qu'Il a conduit jusque-là qu'Il ne peut pas s'arrêter là. L'argument tient debout uniquement si Dieu est responsable des deux bouts. Voilà pourquoi la question sonne presque offensée : suspecter Dieu d'abandonner à la dernière contraction, c'est Le prendre pour quelqu'un qui inflige la douleur sans intention de donner la vie.

Le personnage principal

Dieu se choisit ici un rôle que peu de religions auraient osé Lui attribuer : celui de la sage-femme, puis, quatre versets plus loin, celui de la mère qui console. Le même Dieu dont les chars viennent « comme un tourbillon » au verset 15 se penche sur une matrice. Son paysage intérieur, dans ce verset, tient dans un mélange d'indignation et de tendresse : Il est blessé qu'on Le croie capable d'un tel abandon, et Il répond non par une démonstration de force mais par un rappel de Sa propre nature. « Dit ton Dieu ». Il n'argumente pas, Il se nomme. C'est ainsi que Dieu console : en remettant Son identité sur la table quand la nôtre vacille.

Réflexion

Dans quelle attente êtes-vous actuellement « au moment de l'enfantement », ni au début ni à la fin, et qu'est-ce que cela révèle de ce que vous croyez réellement sur le caractère de Dieu ?

Si Dieu se compare à une sage-femme et à une mère, quelle part de votre image de Lui devrait être corrigée par ce verset plutôt que par vos souvenirs d'enfance ?

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Questions fréquentes sur Isaiah 66:9

Des réponses rapides aux questions les plus courantes sur ce passage biblique.

Que signifie Ésaïe 66:9 ?
Deux questions, posées par Dieu Lui-même, et toutes deux attendent la même réponse : évidemment non. « Amènerais-je jusqu'au moment de l'enfantement, et je ne ferais pas enfanter ? dit l'Éternel. Moi, qui fais enfanter, je fermerais [la matrice] ? dit ton Dieu.
De quoi parle Ésaïe 66:9 ?
Le langage de l'enfantement traverse toute l'Écriture comme une basse continue : la douleur annoncée en Genèse 3 devient, chez les prophètes, l'image de l'histoire elle-même en travail. Ésaïe 66 pousse l'image jusqu'à l'absurde apparent, un pays qui naît en un seul jour, et Dieu jure qu'Il ne s'arrêtera pas à mi-chemin.
Quel est le contexte historique de Ésaïe 66:9 ?
Imaginez Jérusalem vers 520 avant Jésus-Christ. Quelques milliers de rapatriés dans une ville dont les murailles sont encore des tas de pierres noircies, des maisons de brique crue, l'odeur de la poussière et des chèvres, une province minuscule à la périphérie de l'empire perse.
Que nous enseigne Ésaïe 66:9 sur le caractère de Dieu ?
Dieu se choisit ici un rôle que peu de religions auraient osé Lui attribuer : celui de la sage-femme, puis, quatre versets plus loin, celui de la mère qui console. Le même Dieu dont les chars viennent « comme un tourbillon » au verset 15 se penche sur une matrice.
En quoi Ésaïe 66:9 reste-t-il pertinent aujourd'hui ?
Si Dieu se compare à une sage-femme et à une mère, quelle part de votre image de Lui devrait être corrigée par ce verset plutôt que par vos souvenirs d'enfance ?

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