Jérémie 31:5
Le texte
La promesse tient en une phrase presque banale : sur les collines de Samarie, on plantera de nouveau des vignes, et cette fois ceux qui plantent mangeront eux-mêmes le fruit. « Tu planteras encore des vignes sur les montagnes de Samarie ; les planteurs les planteront, et en mangeront le fruit. » Rien de spectaculaire à première vue : pas de trône, pas de temple, pas d'armée. Des ceps, des terrasses, des vendanges. Mais ce détail agricole vient juste après la danse des tambourins du verset 4, et il s'adresse à un territoire dévasté, vidé de ses habitants depuis plus d'un siècle. Dieu promet à un pays de ruines que le travail y redeviendra fécond, et que la récolte ne sera plus volée.
Le cœur
Planter une vigne, c'est parier sur l'avenir : quatre ou cinq ans avant la première vendange digne de ce nom, et selon la Loi, le fruit des premières années n'était même pas consommable. Personne ne plante une vigne dans un pays qu'il pense quitter. La malédiction de l'alliance disait exactement l'inverse : tu planteras, un autre mangera. Ici, Dieu défait sa propre sentence. Ce n'est pas seulement une amnistie, c'est la restitution d'un avenir. Et remarquez qui plante : « les planteurs les planteront ». Des hommes ordinaires travaillent, mais c'est Dieu qui a dit « je te bâtirai encore ». La grâce ne supprime pas le labeur humain, elle lui rend son sens. Le salut, chez Jérémie, a le goût du raisin mûr, pas d'une abstraction.
Le fil rouge
La vigne n'est jamais une image neutre dans la Bible. Israël est la vigne que Dieu a plantée et qui a donné du verjus au lieu de raisin. C'est pourquoi la parole de Jésus dans Jean 15, se désignant Lui-même comme le vrai cep, n'est pas une jolie métaphore horticole : Il prend la place de la vigne qui a échoué et porte enfin le fruit que Dieu attendait. La promesse de Jérémie 31 trouve là son point d'appui. Et il y a plus dérangeant : le soir de la Pâque, Celui qui plante annonce qu'Il ne boira plus du fruit de la vigne avant le Royaume. Le Planteur s'abstient de la récolte pour que les planteurs mangent leur fruit. La croix est le seul endroit où la malédiction « tu planteras, un autre mangera » a été portée jusqu'au bout, volontairement, par un seul.
Le miroir
Vous savez ce que c'est, planter sans garantie de vendange. Les années passées auprès d'un enfant qui, aujourd'hui, ne veut plus vous parler. Le poste où vous vous êtes usé et qu'un autre a récupéré avec les félicitations. L'épargne rongée par la maladie. Le groupe de maison que vous portez depuis six ans sans voir grand-chose bouger. La tentation, alors, n'est pas l'athéisme, elle est plus discrète : ne plus rien planter. Réduire son horizon à ce qu'on peut consommer avant la fin du mois. Ce verset ne promet pas que vous verrez tout mûrir de votre vivant ; il promet que Dieu, Lui, n'a pas renoncé à la récolte. Aujourd'hui : sortez, mettez une graine ou un bulbe en terre, dans un pot si besoin, et dites tout haut le nom de ce que vous portez sans en voir le fruit.
Le détail
« Sur les montagnes de Samarie. » Arrêtez-vous là. Samarie, c'est la capitale du royaume rebelle, la ville des veaux d'or et des rois qui n'ont jamais rien fait de droit devant l'Éternel. Déportée par l'Assyrie plus de cent ans avant que Jérémie n'écrive, rayée de la carte, peuplée d'étrangers, méprisée par Jérusalem comme une région bâtarde. Un prophète de Juda aurait eu mille raisons de l'oublier. Et c'est précisément là que Dieu fait replanter ses vignes. Le verset suivant enfonce le clou : des sentinelles crieront sur la montagne d'Éphraïm « Levez-vous, et nous monterons à Sion ». Les excommuniés reprennent la tête du cortège. Que Jésus ait choisi de s'asseoir près d'un puits en Samarie et d'y parler de moisson n'est pas un hasard de trajet.
Le personnage principal
Celui qui parle ici est un Dieu qui a Lui-même arraché. Le verset 28 ne s'en cache pas : Il a veillé pour arracher, démolir, renverser, et Il veillera maintenant pour bâtir et planter. Ce n'est pas un Dieu qui répare les dégâts d'un autre. Sa fidélité n'est pas de la nostalgie, c'est une décision : « Je t'ai aimée d'un amour éternel ; c'est pourquoi je t'attire avec bonté ». Et plus loin, à propos d'Éphraïm, ce mot presque physique : « mes entrailles se sont émues pour lui ». Voilà le paysage intérieur de Dieu dans ce chapitre. Il a jugé sans se dédire, et Il aime sans se lasser. Les deux tiennent ensemble, et la vigne replantée à Samarie en est la preuve plantée dans la terre.
Le contexte
Nous sommes autour de la chute de Jérusalem, vers 587 avant Jésus-Christ. Jérémie a passé sa vie à annoncer un désastre que personne ne voulait entendre, et les chapitres 30 à 33 sont l'exception lumineuse de son livre. Il les écrit alors que les armées babyloniennes sont dans le pays ou viennent d'achever leur travail. Détruire les vignes était une tactique de guerre classique : on ruine ainsi une région pour une génération, car les ceps ne se remplacent pas en une saison. Au chapitre suivant, Jérémie achètera un champ en pleine occupation, geste absurde et prophétique. Ce verset est de la même encre : un homme enfermé, dans un pays occupé, annonce des vendanges sur les collines d'un royaume disparu depuis un siècle.
Réflexion
Qu'est-ce que vous avez cessé de planter, non par manque de temps, mais parce que vous ne croyez plus à la récolte ?
Si Christ est le Planteur qui renonce à la coupe pour que d'autres mangent, où votre manière de servir ressemble-t-elle encore à celle de quelqu'un qui exige de voir son fruit ?
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Questions fréquentes sur Jeremiah 31:5
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Ce que la communauté partage sur Jeremiah 31
Réflexions, prières et actions de grâce des lecteurs et de l'équipe de rédaction sur ce passage.
Demain matin, le soleil se lèvera. Il n'a rien demandé, il n'a pas hésité. « Si jamais ces ordonnances s'éloignent de devant moi, dit l'Éternel, la semence d'Israël cessera aussi d'être une nation devant moi pour toujours. » Dieu accroche sa fidélité à ce que tu vois chaque jour. Ton cœur vacille, pas les étoiles.
« Éphraïm est-il pour moi un fils précieux, un enfant de mes délices ? » Dieu dit cela d'un peuple qui l'a abandonné. Et il ajoute : chaque fois qu'il doit le reprendre, il se souvient encore de lui, ses entrailles s'émeuvent. Tu penses que ta chute a éteint sa tendresse ? Elle la remue.
« Si les cieux là-haut peuvent être mesurés, et les fondements de la terre sondés en bas, alors moi aussi je rejetterai toute la semence d'Israël, à cause de tout ce qu'ils ont fait, dit l'Éternel. » Remarque bien: il n'oublie pas ce qu'ils ont fait. Il le nomme, et il reste quand même. Ton échec ne mesure pas son attachement. Va donc, essaie de compter le ciel.
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