Marc 11:24
Le texte
Pierre s'étonne devant un figuier desséché jusqu'aux racines, et Jésus répond par une chose plus vaste que l'arbre mort : « Ayez foi en Dieu. » Puis vient la montagne jetée dans la mer, et enfin cette parole qui a fait rêver et trébucher des générations de croyants : « Tout ce que vous demanderez en priant, croyez que vous le recevez, et il vous sera fait. » Le verbe est au présent, non au futur : croyez que vous le recevez déjà. Et immédiatement après, sans transition, Jésus parle de pardonner à celui contre qui vous avez quelque chose. La promesse et sa condition se touchent, collées l'une à l'autre.
Le cœur
Ce verset n'est pas une technique, c'est une confiance. Il est encadré par deux bornes qui l'empêchent de devenir magie. En amont, le verset 22 : « Ayez foi en Dieu », non pas foi en votre foi, ni foi en la formule. En aval, le verset 25 : celui qui prie avec une rancune serrée dans la main tend une main déjà pleine. Et n'oublions pas où Jésus se tient : Il vient de renverser les tables en criant que « Ma maison sera appelée une maison de prière pour toutes les nations ». La promesse de la prière exaucée est offerte au moment précis où le vieux lieu de prière est déclaré stérile, comme le figuier. Le nouveau temple, c'est un peuple qui demande et qui pardonne.
Le fil conducteur
« Cette montagne » n'est pas une image abstraite. Jésus se tient sur le mont des Oliviers, et en face se dresse la montagne du temple. Zacharie avait annoncé que le jour du Seigneur, le mont des Oliviers se fendrait et que les eaux vives couleraient de Jérusalem : Jésus reprend ce langage de montagnes déplacées et le met dans la bouche de disciples qui prient. Mais le fil se tend aussitôt. Quelques chapitres plus loin, sur cette même montagne, Jésus demandera que la coupe s'éloigne, et la coupe ne s'éloignera pas. Celui qui promet l'exaucement sans réserve mourra avec une prière non exaucée sur les lèvres, et c'est précisément cette prière-là qui déplace la plus grosse montagne de toutes.
Le miroir
Vous avez prié pour ce diagnostic, pour ce mariage, pour cet enfant qui ne rentre plus le dimanche. Et quelqu'un vous a laissé entendre que si rien n'a bougé, c'est que votre foi manquait de nerf. Ce verset a servi à écraser des gens déjà à terre. Jacques dit l'inverse : on demande et on ne reçoit pas, parce qu'on demande mal, pour ses propres plaisirs. Le problème n'est pas le volume de la foi, mais son objet. Et Jésus, Lui, place le doigt ailleurs : sur la rancune. Priez-vous en tenant fermé le poing dans lequel se trouve le nom de votre beau-frère, de votre ancien collègue, de ce responsable d'église ?
Aujourd'hui : écrivez sur un papier le nom de la personne contre qui vous avez quelque chose, dites à voix haute que vous lui pardonnez devant Dieu, puis présentez votre demande, dans cet ordre.
Le contexte
Nous sommes au mardi de la semaine de la Passion. Jésus fait chaque jour le trajet entre Béthanie, où Il dort, et Jérusalem, gonflée de pèlerins pour la Pâque. La veille, Il a renversé les tables des changeurs, un geste qui, dans une ville sous surveillance romaine à la fête la plus explosive de l'année, équivaut à une déclaration de guerre. Les principaux sacrificateurs cherchent déjà comment Le faire mourir. Le figuier desséché n'est donc pas une anecdote botanique glissée entre deux épisodes : Marc l'a coupé en deux pour enfermer la scène du temple à l'intérieur. L'arbre couvert de feuilles sans fruit et le temple bruyant sans prière sont le même diagnostic.
Le personnage principal
Jésus est ici d'une humanité rugueuse. Il a faim. Il s'approche d'un arbre en espérant y trouver quelque chose, et Marc note froidement que ce n'était pas la saison des figues. Il maudit l'arbre. Cela grince, et il faut le laisser grincer : c'est un prophète en colère, dans la lignée de ceux qui accomplissaient des gestes absurdes pour rendre visible un jugement. Pourtant, dans le même souffle, Il ne dit pas à Ses disciples : voyez comme Je punis. Il dit : « Ayez foi en Dieu. » L'homme qui vient de condamner la stérilité religieuse ouvre aussitôt la porte la plus large de tout l'Évangile. Le jugement et l'invitation sortent de la même bouche.
Le profil
Marc écrit pour des chrétiens qui n'ont plus, ou n'auront bientôt plus, de temple, et qui pour la plupart n'y ont jamais mis les pieds. Beaucoup vivent sous pression, dénoncés, exclus de leur famille, parfois de leur métier. Pour eux, « croyez que vous le recevez » n'est pas une promesse de confort mais une question de survie spirituelle : Dieu entend-Il encore une poignée de gens réunis dans une maison, loin de Jérusalem, sans autel ni sacrificateur ? La réponse de Marc est oui, et elle est coûteuse. Car s'il n'y a plus de temple, il n'y a plus non plus d'endroit où déposer sa rancune : le pardon devient l'autel. Voilà ce qu'ils entendaient, et que nous entendons trop poliment.
Réflexion
Quelle demande avez-vous cessé de présenter à Dieu, non par soumission mais par résignation, et qu'est-ce qui vous empêche de la reprendre aujourd'hui ?
Si le pardon est la condition que Jésus colle immédiatement à cette promesse, quel nom vous vient à l'esprit avant même que vous ayez fini de lire cette question ?
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Questions fréquentes sur Mark 11:24
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Ce que la communauté partage sur Mark 11
Réflexions, prières et actions de grâce des lecteurs et de l'équipe de rédaction sur ce passage.
« Mais si nous disons: Des hommes... ils craignaient le peuple. » Ces hommes ne cherchent pas ce qui est vrai, ils cherchent ce qui est sans risque. Leur réponse se décide d'après le regard de la foule, jamais devant Dieu. Et toi, combien de fois as-tu calculé ta réponse avant même de l'avoir cherchée?
« Que désormais personne ne mange jamais de fruit de toi. » Ce figuier avait des feuilles, donc une promesse. De loin il annonçait de quoi nourrir un affamé, et de près il n'y avait rien. Juste après, Jésus entre dans le temple. Et toi, que promettent tes feuilles à celui qui s'approche de toi avec faim?
« Le Seigneur en a besoin. » Voilà toute la raison donnée au propriétaire de l'ânon. Celui qui possède tout choisit de demander, et d'attendre qu'on lui ouvre la main. Aujourd'hui encore, il ne force rien. Il dit simplement qu'il en a besoin. De ton temps, de ta maison, de ce que tu serres si fort. Le laisseras-tu partir ?
Après les acclamations et les manteaux jetés sur le chemin, voici ce que fait Jésus: « après avoir promené ses regards de tous côtés sur tout, comme il était déjà tard, il sortit ». Pas de discours, pas de coup d'éclat. Il regarde. Il voit tout, et il attend le lendemain. Son silence n'est pas de l'indifférence. Que verrait-il en toi, ce soir, avant de parler?
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