Explication biblique

Nombres 17

Bible
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Le texte

Des encensoirs de bronze, arrachés à un champ de cendres, martelés à froid pour recouvrir l'autel : voilà comment s'ouvre le chapitre. Le métal de deux cent cinquante hommes brûlés devient un placage permanent, « en mémorial pour les fils d'Israël », un avertissement que chacun verra chaque fois qu'il apportera un sacrifice. Le lendemain, pourtant, le peuple accuse Moïse et Aaron d'avoir « mis à mort le peuple de l'Éternel », la gloire de Dieu apparaît, la plaie éclate, et Aaron court avec son encensoir se tenir « entre les morts et les vivants ». Quatorze mille sept cents cadavres plus tard, Dieu propose une preuve plus douce : douze bâtons secs posés devant le témoignage, et un seul qui fleurit.

Le cœur

Ce chapitre dit deux choses que nous préférons séparer, et qu'il refuse de séparer. Premièrement : la sainteté de Dieu n'est pas une métaphore. S'approcher sans y être appelé n'est pas une audace spirituelle mais une mort réelle, et le bronze aplati sur l'autel existe précisément pour que personne ne l'oublie. Deuxièmement : le même Dieu dont la colère « est sortie de devant » Lui donne dans le même souffle le moyen d'arrêter cette colère, et ce moyen n'est pas la fuite mais un homme debout au milieu du désastre avec de l'encens allumé au feu de l'autel. La médiation n'est pas une invention humaine pour amadouer Dieu ; c'est Dieu qui l'institue, la choisit, et la confirme ensuite par un bâton mort couvert d'amandes mûres.

Le fil conducteur

Retenez l'image : un homme debout « entre les morts et les vivants », un encensoir dans les mains, et la plaie s'arrête là où il s'arrête. Ce n'est pas un symbole que quelqu'un a inventé après coup ; c'est ce qui s'est passé dans la poussière, entre des tentes, avec des corps encore chauds des deux côtés. Toute la logique du sacerdoce est là, et le Nouveau Testament n'a rien eu à ajouter à l'image, seulement à nommer Celui qui la remplit définitivement. Et puis il y a le bâton. Douze morceaux de bois mort passent la nuit devant le témoignage ; un seul ressort couvert de boutons, de fleurs et d'amandes mûres, toutes les saisons de l'amandier écrasées en une nuit. Dieu ne confirme pas Son choix par un argument mais par de la vie surgie du bois sec. Quand l'auteur de l'épître aux Hébreux rappelle que ce bâton fut gardé dans l'arche, il rappelle ce que le désert avait appris : le sacerdoce authentique se reconnaît à ce qu'il porte du fruit là où il ne devrait plus rien pousser.

Le miroir

L'accusation du verset 6 est terrible parce qu'elle est presque juste : « Vous avez mis à mort le peuple de l'Éternel. » Le peuple ne nie pas les morts, il nie que Dieu y soit pour quelque chose. Nous faisons cela avec une aisance déconcertante. Le conseil d'église prend une décision douloureuse, et nous décidons d'emblée que c'est le fruit d'une ambition personnelle. Un ami nous dit une vérité coûteuse sur notre travail, notre argent, notre mariage, et nous attaquons son droit de la dire plutôt que son contenu. Le murmure n'est presque jamais une plainte contre des hommes ; c'est une contestation de l'ordre que Dieu a établi, déguisée en souci de justice. Remarquez qui court malgré tout vers la foule qui vient de l'accuser : Aaron, pas ses accusateurs. Aujourd'hui, écrivez sur un papier le nom de la personne dont vous avez contesté l'autorité ces derniers jours, et priez à voix haute pour elle pendant deux minutes, sans ajouter un seul « mais ».

Le personnage principal

Aaron a plus de quatre-vingts ans et il court. Voilà le détail que le texte ne souligne pas et que les premiers auditeurs ne pouvaient pas manquer : le vieil homme, celui-là même qui avait jadis fondu le veau d'or, traverse en courant un camp où les gens tombent, l'encensoir fumant à bout de bras, vers ceux qui hurlaient contre lui la veille. Il n'attend pas d'excuses. Il ne demande pas si le peuple le mérite. Il obéit à une phrase de son frère et il se plante au milieu de la mortalité. Le sacerdoce, ici, n'a rien de confortable ni de décoratif ; c'est se rendre volontairement là où l'on risque de mourir avec ceux qu'on porte. Le lendemain, son nom est gravé sur un bâton parmi douze autres. Dieu n'a pas choisi le plus fort ni le plus irréprochable, mais celui qui a couru.

La question

Pourquoi quatorze mille sept cents ? Le texte ne l'adoucit pas et je ne le ferai pas non plus. Dieu frappe une foule qui protestait, à sa manière, contre une exécution. On peut expliquer que le murmure attaquait la médiation même qui les gardait en vie, que refuser le seul pont c'est choisir le gouffre ; c'est vrai, et cela reste insuffisant devant le nombre. Ce que le chapitre ne nous permet pas, c'est de conclure que Dieu est simplement violent : c'est Lui qui donne l'encens, Lui qui accepte d'être arrêté, Lui qui remplace ensuite le feu par des amandes. Il y a là quelque chose que nous voyons de dos, comme Moïse au Sinaï. Le cri final, « nous périssons, nous périssons tous ! », reste dans le texte sans réponse. C'est peut-être la seule réaction honnête avant la croix.

Le contexte

Nous sommes dans le désert, peu après la révolte de Coré, dans un campement où douze tribus dorment en carré autour d'une tente. La numérotation française suit l'hébreu : ce chapitre englobe la fin de l'affaire de Coré et le récit des bâtons. L'air sent encore la chair brûlée et l'encens ; le bronze récupéré est martelé sous les yeux de tous. Chaque prince de tribu porte un bâton, un matteh, et le mot hébreu signifie à la fois le bâton et la tribu : donner son bâton, c'est déposer son honneur, sa maison, sa prétention. Douze chefs le font, publiquement. Une nuit plus tard, l'amandier, premier arbre à fleurir en Canaan, tranche la question sans qu'un mot soit prononcé, et chacun reprend son bâton, sec.

Réflexion

Devant quelle décision, quelle autorité ou quelle perte ai-je récemment dit, comme le peuple : « Vous avez mis à mort le peuple de l'Éternel » ?

Où, dans ma vie, est-ce que j'attends une preuve par la force, alors que Dieu me propose la preuve plus lente d'un bois mort qui se met à fleurir ?

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Questions fréquentes sur Numbers 17

Des réponses rapides aux questions les plus courantes sur ce passage biblique.

Que signifie Nombres 17 ?
Des encensoirs de bronze, arrachés à un champ de cendres, martelés à froid pour recouvrir l'autel : voilà comment s'ouvre le chapitre. Le métal de deux cent cinquante hommes brûlés devient un placage permanent, « en mémorial pour les fils d'Israël », un avertissement que chacun verra chaque fois qu'il apportera un sacrifice.
De quoi parle Nombres 17 ?
Retenez l'image : un homme debout « entre les morts et les vivants », un encensoir dans les mains, et la plaie s'arrête là où il s'arrête. Ce n'est pas un symbole que quelqu'un a inventé après coup ; c'est ce qui s'est passé dans la poussière, entre des tentes, avec des corps encore chauds des deux côtés.
Quel est le contexte historique de Nombres 17 ?
Aaron a plus de quatre-vingts ans et il court. Voilà le détail que le texte ne souligne pas et que les premiers auditeurs ne pouvaient pas manquer : le vieil homme, celui-là même qui avait jadis fondu le veau d'or, traverse en courant un camp où les gens tombent, l'encensoir fumant à bout de bras, vers ceux qui hurlaient contre lui la veille.
Que nous enseigne Nombres 17 sur le caractère de Dieu ?
Nous sommes dans le désert, peu après la révolte de Coré, dans un campement où douze tribus dorment en carré autour d'une tente. La numérotation française suit l'hébreu : ce chapitre englobe la fin de l'affaire de Coré et le récit des bâtons. L'air sent encore la chair brûlée et l'encens ; le bronze récupéré est martelé sous les yeux de tous.
En quoi Nombres 17 reste-t-il pertinent aujourd'hui ?
Où, dans ma vie, est-ce que j'attends une preuve par la force, alors que Dieu me propose la preuve plus lente d'un bois mort qui se met à fleurir ?
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