Apocalypse 20:2
Le texte
Un ange descend, la clé de l'abîme à la main et une grande chaîne; il ne cherche pas, il ne combat pas: « Et il saisit le dragon, le serpent ancien qui est le diable et Satan , et le lia pour 1 000 ans ». Quatre noms pour un seul être, comme si Jean voulait épuiser tous les masques d'un seul coup. Le dragon des visions, le serpent du jardin, l'accusateur, l'adversaire: c'est le même. Et ce même être, qui tenait des empires en haleine dans les chapitres précédents, est maintenant empoigné comme on empoigne un chien errant. Le verset suivant précise la suite: jeté, enfermé, scellé, pour une durée fixée d'avance.
Le cœur
Ce qui frappe ici, ce n'est pas la violence, c'est l'asymétrie. Dieu ne descend pas Lui-même. Il envoie un ange, un serviteur créé, avec une chaîne, et cela suffit. Nulle part il n'est question d'un duel, d'une lutte incertaine, d'un dieu du mal affrontant le Dieu du bien. Le dragon est saisi, point. Nous aimons imaginer le mal comme une puissance rivale, presque égale, parce que cela excuse beaucoup de choses en nous et autour de nous. Le texte refuse cette consolation. Satan est une créature, et une créature se lie. Mais remarquez aussi ceci: il est lié, pas encore détruit. Il reste un délai, mesuré, compté, voulu. Dieu garde le calendrier dans Sa main, même celui de Son ennemi.
Le fil conducteur
« Le serpent ancien »: avec ces deux mots, Jean tire un fil qui traverse toute la Bible. Celui qui parle dans le jardin de Genèse 3, celui qui propose le fruit et insinue le doute sur la bonté de Dieu, n'est pas un personnage de prologue qu'on aurait oublié. Il est toujours là, à la dernière page, et il est enchaîné. La promesse faite à Ève, que la descendance de la femme écraserait la tête du serpent, trouve ici son exécution judiciaire. Mais l'essentiel est déjà arrivé ailleurs: à la croix. L'ange ne gagne pas une bataille, il applique un verdict. La chaîne de ce verset pend au bois du Calvaire. Ce que Christ a tranché dans Sa mort, le ciel l'exécute dans l'histoire.
Le miroir
Vous savez ce qui vous tient. Ce collègue qui a le pouvoir de ruiner votre réputation en une phrase. Cette dépendance qui revient toujours vers vingt-trois heures. Le diagnostic qui n'est pas encore tombé mais qu'on redoute. Les nouvelles du soir, où le mal semble avoir des moyens illimités et vous, un bulletin de vote. Nous vivons souvent comme si l'adversaire avait les clés, et nous les chaînes. Ce verset inverse le tableau: la clé et la chaîne sont dans la main de l'envoyé de Dieu, et le dragon est l'objet du verbe, jamais le sujet. Mais le miroir coupe dans les deux sens. Si le mal n'est pas une puissance rivale, je ne peux plus m'en servir comme alibi. « Le diable est fort » cesse d'être une excuse pour ma lâcheté, ma dureté, mon mensonge d'hier. Alors faites ceci avant ce soir: écrivez sur un papier, en un ou deux mots, le nom exact de ce qui vous terrorise en ce moment, puis lisez à voix haute, au-dessus de ce papier, la fin du verset: « et le lia ». Une seule fois, à voix haute. Puis gardez le papier dans votre poche pour la journée.
Le détail
« Ancien ». Le grec dit archaios, qui ne veut pas dire « vénérable » mais « d'origine », « des commencements ». C'est un mot qui déclasse. Il signale que l'ennemi n'a rien inventé depuis le jardin. Les mêmes trois gestes: suggérer que Dieu retient quelque chose, suggérer que vous méritez mieux, suggérer que la mort n'est pas sérieuse. Toute la modernité du mal est une vieille redite. Et un adversaire sans répertoire nouveau est un adversaire qu'on peut apprendre à reconnaître. Quand la pensée arrive, la nuit, que Dieu ne vous aime pas vraiment, vous n'avez pas affaire à une révélation inédite sur vous-même. Vous avez affaire à une phrase usée, prononcée pour la première fois entre deux arbres, et dont le locuteur finit enchaîné.
Le profil
Les premiers lecteurs étaient une poignée de chrétiens dans les villes d'Asie Mineure, sous un empire qui savait parfaitement les étrangler sans toujours les tuer: exclusion des corporations, perte de clientèle, convocations devant le magistrat, et parfois, comme le dit le verset 4, la décapitation « pour le témoignage de Jésus ». Pour eux, Rome n'était pas une abstraction politique, c'était le prix du pain. Entendre que le dragon derrière la bête est saisi par un simple ange, avec une chaîne, cela ne réglait pas leur loyer. Cela réglait leur peur. Ils apprenaient que l'empire qui semblait éternel était la marionnette d'un être lui-même tenu en laisse par le ciel, et pour un temps compté d'avance.
L'intertexte
Jésus avait déjà employé cette image: on ne peut piller la maison de l'homme fort sans d'abord le lier, dit-Il dans l'évangile de Marc, quand on L'accuse de chasser les démons par Béelzébul. Chaque libération qu'Il opère est donc un avant-goût de cette chaîne. Et Genèse 3 fournit l'autre bout du fil: le serpent qui parle au commencement reçoit ici son nom complet et son sort. Entre ces deux textes, toute l'Écriture raconte la même affaire, du jardin à l'abîme. Ce qui a commencé par une conversation se termine par un sceau.
Réflexion
Qu'est-ce que je justifie en ce moment en me disant, à voix basse, que la puissance du mal est trop grande pour moi?
Si l'adversaire n'a rien inventé depuis le jardin, quelle vieille phrase revient dans ma tête, et suis-je capable de la reconnaître la prochaine fois qu'elle se présente?
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Questions fréquentes sur Revelation 20:2
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Ce que la communauté partage sur Revelation 20
Réflexions, prières et actions de grâce des lecteurs et de l'équipe de rédaction sur ce passage.
Père, le mal qui nous use aujourd'hui n'aura pas le dernier mot. Tu as fixé sa fin, et je veux m'appuyer là-dessus quand tout semble gagner autour de moi. Garde mon cœur ferme, confiant en ta justice, jusqu'au jour où tout sera remis droit.
Merci, Seigneur, parce que mon nom est écrit dans le livre de vie. Je lis ces mots: « si quelqu'un n'était pas trouvé écrit dans le livre de vie, il était jeté dans l'étang de feu », et je respire, car Jésus a payé ma place. Cette assurance-là, je ne l'ai pas méritée.
« Le reste des morts ne vécut pas jusqu'à ce que les mille ans fussent accomplis. C'est ici la première résurrection. » Une parenthèse glaciale, et pourtant elle éclaire tout. Il y a un premier réveil, celui de ceux qui appartiennent à l'Agneau. La question n'est pas de fixer des dates, mais de savoir avec qui tu te lèveras.
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