Une foi qui déplace les pierres
Foi qui bouscule
De courtes méditations pour se recueillir, tirées de passages bibliques dans Matthieu 20:6-7, Daniel 2:34, Matthieu 8:9 and Jean 11:39-40.
☀ Moment du matin
Et sortant vers la onzième heure, il en trouva d’autres qui étaient là ; et il leur dit : Pourquoi vous tenez-vous ici tout le jour sans rien faire ? Ils lui disent : Parce que personne ne nous a engagés. Il leur dit : Allez, vous aussi, dans la vigne, et vous recevrez ce qui sera juste.
Matthieu 20:6-7
On tient souvent pour acquis que la valeur d'une journée se joue dès la première heure : ceux qui partent tôt, qui s'engagent vite, qui tiennent la distance depuis le matin. Ce texte fissure discrètement cette idée.
Ce qu'on lit vite, c'est que ces ouvriers ne traînaient pas par paresse. Ils étaient encore là, à la onzième heure, presque à la fin du jour de travail, parce que personne ne les avait engagés. Leur immobilité n'était pas un choix, c'était une attente sans réponse. Et le maître, lui, sort encore les chercher, alors que le jour touche presque à sa fin.
Ce détail change tout aujourd'hui. Il y a des matins où l'on se sent déjà en retard sur sa propre vie, comme si le train était parti sans nous. Ce texte dit autre chose : Celui qui dirige encore l'histoire sort encore, même tard, même vers ceux que personne n'a appelés.
Et il ne fixe pas d'avance ce qu'il donnera, il promet seulement ce qui sera juste, selon Sa mesure, pas selon la nôtre.
Aujourd'hui
Ce matin, pense à une personne qui, autour de toi, semble laissée sur le bord, un collègue jamais sollicité, un élève jamais choisi. Va vers elle aujourd'hui et dis-lui, de vive voix ou par message, une phrase concrète d'invitation.
✦ Moment du midi
Tu vis , jusqu’à ce qu’une pierre se détacha sans mains ; et elle frappa la statue dans ses pieds de fer et d’argile, et les broya ;
Daniel 2:34
Nebukadnetsar ne dort plus. Un rêve l'a réveillé en pleine nuit et l'a tellement secoué qu'il exige l'impossible: que ses sages lui disent non seulement ce que ce rêve signifie, mais ce qu'il a vu, sans qu'il en dise un mot. S'ils échouent, ils meurent tous. C'est dans cette nuit-là, au cœur de la crise du roi le plus puissant du monde connu, que Daniel, jeune exilé loin de chez lui, est appelé.
Le roi a vu une statue immense: tête d'or, poitrine d'argent, ventre d'airain, jambes de fer, pieds d'argile mêlée de fer. Empire après empire, chacun plus fragile que le précédent, malgré l'apparence de force. Puis une pierre se détache, sans mains, sans outil, sans armée. Elle frappe la statue et la brise, et cette pierre devient une montagne qui remplit toute la terre.
Ce mot n'est pas donné à un croyant fatigué mais à l'homme le plus puissant de son temps, face à sa propre peur que tout ce qu'il a bâti finisse en poussière. Et la réponse n'est pas une armée plus forte. C'est une pierre que personne n'a taillée.
Ta journée a ses propres empires: le projet qui doit tenir, le chiffre qui ne doit pas baisser, l'image que tu dois garder debout. Cette pierre-là travaille encore aujourd'hui, sans bruit, sans main humaine, précisément là où toi tu ne peux rien forcer.
Aujourd'hui
Pose un objet dur, une pierre, une clé, un trombone, sur ton bureau pendant cinq minutes. Nomme à voix basse ce qui te semble inébranlable aujourd'hui, une échéance, une personne, une inquiétude, et dis simplement: Seigneur, romps ce qui doit être rompu.
◐ Moment de l'après-midi
car moi aussi, je suis un homme placé sous l’autorité [d’autrui], ayant sous moi des soldats ; et je dis à l’un : Va, et il va ; et à un autre : Viens, et il vient ; et à mon esclave : Fais cela, et il le fait.
Matthieu 8:9
Remarquez l'ordre des mots. Le centurion ne commence pas par ce qu'il commande, mais par ce sous quoi il se trouve lui-même. Avant de parler de ses soldats, il parle de son propre rang, de sa propre soumission. On retient souvent cet homme comme celui qui avait de l'autorité. Le texte dit autre chose: il était d'abord un homme placé sous l'autorité.
Un centurion romain commandait environ cent hommes, mais lui-même répondait à un tribun, qui répondait à un légat, qui répondait plus haut encore. Aucune autorité militaire romaine n'était finale. Chaque ordre donné venait d'un ordre reçu. Cet homme le savait dans son corps, pas seulement dans sa tête.
C'est cela qui lui donne la clé pour comprendre Jésus. Il ne demande pas un geste, une main posée, un déplacement. Il demande une parole, parce qu'il sait ce qu'une parole vaut quand elle vient de quelqu'un dont l'autorité ne s'arrête nulle part.
Et voici où cela chafe. Nous aimons parler de ce que nous dirigeons, rarement de ce sous quoi nous marchons. Un horaire, un supérieur, une limite qu'on n'a pas choisie. Le centurion nomme la sienne avant de nommer son commandement. Et nous?
Aujourd'hui
Avant votre prochaine tâche aujourd'hui, nommez tout haut, seul, une seule chose sous laquelle vous vous trouvez réellement en ce moment, un horaire, une personne, une limite, et dites simplement: je suis sous cela.
☾ Moment du soir
Jésus dit : Ôtez la pierre. Marthe, la sœur du mort, lui dit : Seigneur, il sent déjà, car il est [là] depuis quatre jours. Jésus lui dit : Ne t’ai-je pas dit que, si tu crois, tu verras la gloire de Dieu ?
Jean 11:39-40
La mort a une odeur, et Jésus ne recule pas devant elle.
Quatre jours. Chez les Juifs de l'époque, on croyait que l'âme restait proche du corps pendant trois jours, avec un espoir ténu de retour. Le quatrième jour, tout basculait: la décomposition devenait irréversible, l'espoir officiellement mort. Marthe le sait mieux que personne. Elle ne dit pas cela par manque de foi, mais parce qu'elle a vécu ces quatre jours d'heure en heure, de larme en larme.
Ce soir-là, devant ce tombeau, il y avait ceux qui pleuraient sans plus rien attendre, et ceux qui, plus tard, iraient tout raconter aux pharisiens sans y voir la main de Dieu. Le même signe, deux regards différents.
Ce que ce moment dit de Jésus, c'est qu'Il ne demande pas d'abord une situation propre, raisonnable, encore sauvable. Il entre dans ce qui sent déjà mauvais, dans ce qui semble définitivement clos, et Il pose une question à Marthe avant même de bouger la pierre: crois-tu que tu verras la gloire de Dieu?
Ce soir, tu portes peut-être, toi aussi, quelque chose qui te paraît trop avancé, trop abîmé pour changer. Ce texte ne promet pas que tout se règle cette nuit. Il rappelle que Jésus ne fuit pas devant ce qui sent déjà mauvais.
Aujourd'hui
Écris sur un bout de papier une situation que tu considères sans espoir. Pose ce papier sur ta table de nuit et dis à voix haute avant de dormir: Seigneur, je crois.
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6Et sortant vers la onzième heure, il en trouva d’autres qui étaient là ; et il leur dit : Pourquoi vous tenez-vous ici tout le jour sans rien faire ?
7Ils lui disent : Parce que personne ne nous a engagés. Il leur dit : Allez, vous aussi, dans la vigne, et vous recevrez ce qui sera juste.
34Tu vis , jusqu’à ce qu’une pierre se détacha sans mains ; et elle frappa la statue dans ses pieds de fer et d’argile, et les broya ;
9car moi aussi, je suis un homme placé sous l’autorité [d’autrui], ayant sous moi des soldats ; et je dis à l’un : Va, et il va ; et à un autre : Viens, et il vient ; et à mon esclave : Fais cela, et il le fait.
39Jésus dit : Ôtez la pierre. Marthe, la sœur du mort, lui dit : Seigneur, il sent déjà, car il est [là] depuis quatre jours.
40Jésus lui dit : Ne t’ai-je pas dit que, si tu crois, tu verras la gloire de Dieu ?
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