Jéroboam, fils de Joas, roi d'Israël
Un roi d'Israël au temps du royaume divisé
Jéroboam est fils de Joas et père de Zacharie ; il est roi du royaume du nord, Israël, à l'époque de la monarchie divisée. Selon la chronologie d'Ussher, *Annals of the World* (1650), son règne se situe de 975 av. J.-C. à 954 av. J.-C. Sa trace dans les Écritures est brève mais répartie sur quatre livres : huit versets en 2 Kings, quatre en Amos, un en 1 Chronicles, un en Hosea, soit quatorze versets en tout, depuis 2 Kings 13:13 jusqu'au livre d'Amos. Ce n'est pas le récit d'une vie ; ce sont des notices royales, une confrontation prophétique, et quelques mentions qui servent seulement à situer une époque.
L'accession au trône
La première mention est une transition dynastique : « Et Joas s'endormit avec ses pères ; et Jéroboam s'assit sur son trône ; et Joas fut enterré à Samarie avec les rois d'Israël » (2 Kings 13:13). La même charnière est redite presque mot pour mot un chapitre plus loin : « Et Joas s'endormit avec ses pères, et fut enterré à Samarie avec les rois d'Israël ; et Jéroboam, son fils, régna à sa place » (2 Kings 14:16).
Puis vient la notice datée, celle qui fixe la durée : « *La quinzième année d'Amatsia, fils de Joas, roi de Juda, Jéroboam, fils de Joas, roi d'Israël, commença de régner à Samarie ; [il régna] 41 ans » (2 Kings 14:23). Quarante et un ans de règne, et pourtant le texte biblique n'en livre qu'un résumé de quelques lignes.
Sauvé par la main de Jéroboam
Le cœur du dossier tient en trois versets. « et l'Éternel n'avait pas dit qu'il effacerait le nom d'Israël de dessous les cieux ; et il les sauva par la main de Jéroboam, fils de Joas » (2 Kings 14:27). Le sujet du verbe sauver, c'est l'Éternel ; Jéroboam n'est que la main. Le salut d'Israël n'est pas présenté ici comme le mérite du roi, mais comme la retenue de celui qui n'a pas prononcé l'effacement du nom de son peuple.
Le résumé de règne suit : « Et le reste des actes de Jéroboam, et tout ce qu'il fit, et sa puissance, comment il fit la guerre, et comment il recouvra pour Israël ce qui, de Damas et de Hamath, avait été à Juda, cela n'est-il pas écrit dans le livre des chroniques des rois d'Israël ? » (2 Kings 14:28). Puissance, guerre, territoires recouvrés de Damas et de Hamath : le texte renvoie ailleurs pour le détail et refuse de le raconter. Enfin : « Et Jéroboam s'endormit avec ses pères, avec les rois d'Israël ; et Zacharie, son fils, régna à sa place » (2 Kings 14:29).
L'épée annoncée contre sa maison
Amos place ce règne sous une parole tranchante : « Et les hauts lieux d'Isaac seront désolés, et les sanctuaires d'Israël seront dévastés, et je me lèverai avec l'épée contre la maison de Jéroboam » (Amos 7:9). La suite montre la réaction du pouvoir religieux : « Alors Amatsia, sacrificateur de Béthel, envoya à Jéroboam, roi d'Israël, disant : Amos a conspiré contre toi au milieu de la maison d'Israël ; le pays ne peut pas supporter toutes ses paroles. Car ainsi dit Amos : Jéroboam mourra par l'épée, et Israël sera certainement transporté de dessus sa terre » (Amos 7:10-11). Il faut lire ces deux versets pour ce qu'ils sont : le rapport d'Amatsia sur les paroles d'Amos, adressé au roi. Aucune réponse de Jéroboam n'est rapportée.
Le règne comme repère du temps
1 Chronicles 5:17 se sert de lui pour dater : « – Ils furent tous enregistrés dans les généalogies, aux jours de Jotham, roi de Juda, et aux jours de Jéroboam, roi d'Israël. » Son nom apparaît encore, sans que le présent dossier en cite le texte, en 2 Kings 15:1, en 2 Kings 15:8, en Amos 1:1 et en Hosea 1:1. Ces mentions sont signalées ici sans être racontées.
Les manquements que le texte laisse voir
Les passages cités ne contiennent aucune formule d'appréciation morale sur ce roi, ni accusation détaillée de sa conduite. Ce qu'ils portent, c'est une menace divine dirigée contre sa maison et contre les sanctuaires d'Israël (Amos 7:9). Un règne long, victorieux, militairement puissant (2 Kings 14:28) se tient donc sous une parole d'épée. Et la délivrance d'Israël lui est attribuée comme instrument, non comme récompense (2 Kings 14:27). C'est un contraste que le lecteur doit tenir sans l'adoucir.
Ce que nous ignorons
Le dossier ne nomme pas sa mère, ne dit rien de sa naissance, de sa jeunesse ni de son caractère. Il ne rapporte aucune parole sortie de sa bouche. Il ne dit pas comment il reçut le message d'Amatsia, ni ce qu'il en fit. La parole rapportée par Amatsia annonçait que Jéroboam mourrait par l'épée (Amos 7:11), tandis que 2 Kings 14:29 dit qu'il s'endormit avec ses pères ; les textes cités ici ne résolvent pas cette tension, et il serait malhonnête de la combler par conjecture. Le dossier ne comporte pas non plus de référence tirée des Évangiles ou des lettres apostoliques pour ce roi ; aucune ligne de ce genre ne sera donc tracée à partir de lui.

