1 Corinthiens 5:4
Le Texte
Paul écrit d'Éphèse à une assemblée qui se vante alors qu'un de ses membres vit avec la femme de son père. Il annonce qu'il a déjà tranché, malgré la distance : « étant absent de corps, mais présent en esprit, j'ai déjà, comme présent, jugé ». Le verset 4 précise les conditions dans lesquelles cette décision doit prendre corps à Corinthe : quand la communauté se rassemble, avec l'esprit de Paul parmi eux, « avec la puissance de notre seigneur Jésus Christ », et « au nom de notre seigneur Jésus Christ », il s'agit de livrer celui qui a commis cet acte. Trois éléments donc : une assemblée réunie, une puissance qui n'est pas la sienne, un Nom qui couvre l'acte.
Le Cœur
Ce verset dit quelque chose de dérangeant sur l'autorité. Paul ne convoque pas un tribunal d'opinion, ni une réunion de crise où l'on voterait à main levée. Il place l'acte sous deux réalités qui ne viennent pas de la communauté : la puissance et le Nom du Seigneur Jésus. Autrement dit, une assemblée chrétienne n'a aucune autorité propre sur la vie de ses membres. Elle n'en a que par emprunt, et cet emprunt se vérifie : agit-on réellement dans ce Nom, ou dans le nôtre, déguisé ? La différence est immense dans la pratique. Une décision prise au nom du Christ vise le salut de l'homme, pas la réputation du groupe. Elle est prise avec deuil, pas avec soulagement. Elle laisse une porte ouverte, parce que Celui dont on invoque le Nom est mort pour ce pécheur-là.
Le Fil Conducteur
Ce que Paul demande à Corinthe n'est pas une invention chrétienne. Depuis le désert, Israël vivait avec cette règle simple et redoutable : Dieu habite au milieu du camp, donc le camp ne peut pas tout tolérer. Le refrain du Deutéronome, « ôtez le méchant du milieu de vous », revient d'ailleurs au dernier verset de ce chapitre. Mais Paul le fait passer par la croix. Quelques lignes plus loin il écrit : « notre pâque, Christ, a été sacrifiée ». La sainteté de l'assemblée n'est plus une frontière à défendre par la peur, elle est la conséquence d'un agneau déjà immolé. Et le but n'est jamais la purge : « afin que l'esprit soit sauvé dans la journée du Seigneur Jésus ». Même l'exclusion regarde vers le retour du Christ. C'est une mesure d'espérance, pas de vengeance.
Le Miroir
Nous préférons deux extrêmes, parce qu'ils coûtent moins cher. Ou bien nous ne disons rien : le collègue qui triche sur ses notes de frais, le frère qui détruit sa famille, le responsable dont chacun connaît les colères, et l'on appelle ce silence de la grâce. Ou bien nous tranchons vite, dans un groupe de discussion, entre deux portes, avec la satisfaction sourde d'avoir raison. Le verset 4 ferme les deux issues. Il exige une assemblée réunie, donc de la lumière, des visages, du temps ; et il exige un Nom qui n'est pas le nôtre, donc l'abandon du plaisir d'avoir raison. Demande-toi honnêtement : la dernière parole dure que tu as prononcée sur quelqu'un cette semaine, l'aurais-tu dite devant lui, en présence de son Sauveur ?
Aujourd'hui : reprends le dernier message ou la dernière phrase que tu as écrite au sujet de quelqu'un, relis-la à voix haute en la faisant précéder de « au nom de notre seigneur Jésus Christ ». Si elle ne tient pas, efface-la et écris-en une autre.
Le Détail
Le mot central du verset est « assemblés ». Le verbe grec, sunagō, celui qui a donné « synagogue », dit un rassemblement convoqué, pas une réunion d'amis. Paul ne dit pas : que le conseil décide, que les sages tranchent. Il dit : quand vous êtes assemblés, mon esprit avec vous, et la puissance du Seigneur. C'est exactement le vocabulaire de Jésus en Matthieu 18, où deux ou trois réunis en Son Nom L'ont au milieu d'eux, et où ce contexte est justement celui de la reprise d'un frère. Autrement dit : la discipline appartient à la communauté rassemblée, pas au chuchotement du parking. Ce qui ne peut pas se dire dans l'assemblée n'a pas à se dire ailleurs.
Le Contexte
Corinthe est une colonie romaine reconstruite, une ville de commerce, de nouveaux riches, de patrons qui achètent leur influence. Vivre avec la femme de son père y était scandaleux même selon le droit romain, qui l'assimilait à l'inceste. Paul le souligne : une telle chose n'existe « pas même parmi les nations ». Pourquoi l'assemblée se tait-elle, alors ? Probablement parce que l'homme compte : il héberge peut-être l'église chez lui, il finance, il pèse. Dans une société de patronage, on ne contrarie pas son bienfaiteur. Paul écrit d'Éphèse, absent, sans autre pouvoir que celui d'une lettre lue à voix haute devant tous. D'où l'insistance sur la puissance et le Nom : il n'a rien d'autre, et cela suffit.
Le Personnage Principal
Paul apparaît ici raide, presque brutal. Mais regardez ce qu'il fait de son autorité : il la dépose immédiatement. Il ne dit pas « moi, apôtre, j'exclus », il dit qu'il a jugé, puis il rend l'acte à l'assemblée, sous une puissance et un Nom qui le dépassent aussi. Son esprit est présent, non son autorité personnelle. C'est un homme blessé qui écrit, pas un homme irrité : il reproche à Corinthe de ne pas avoir mené deuil. Le contraire de l'orgueil, dans ce chapitre, n'est pas la sévérité, c'est le chagrin. Et derrière Paul se tient Celui dont le Nom est invoqué deux fois en un seul verset, le Seigneur qui juge parce qu'Il a d'abord été livré Lui-même.
Réflexion
Dans ta communauté, y a-t-il un silence que tu appelles « grâce » et qui est en réalité de la peur ou du calcul ?
Quand tu reprends quelqu'un, qu'est-ce qui montrerait concrètement que tu agis dans Son Nom et non dans le tien ?
Approfondir 1 Corinthians
Livres soigneusement choisis pour approfondir ce livre biblique.
En attendant Noël : 25 lectures de l'Avent guidées par l'Évangile selon Luc. Une promesse faite à David, tenue dans une mangeoire. Chaque jour, un...
Commentaire sur la première épître aux Corinthiens
Une exposition verset par verset, claire et fidèle au texte, d'un grand exégète réformé francophone qui éclaire les questions concrètes de l'Église de Corinthe.
Commentaire sur la première épître aux Corinthiens
Le commentaire classique du Réformateur, sobre et pastoral, qui ramène sans cesse les divisions, la sagesse de la croix et la résurrection à l'Évangile.
Faith.network earns a small commission on Kobo purchases made through these links, at no extra cost to you. It helps keep the studies free.
Questions fréquentes sur 1 Corinthians 5:4
Des réponses rapides aux questions les plus courantes sur ce passage biblique.
Que signifie 1 Corinthiens 5:4 ?
De quoi parle 1 Corinthiens 5:4 ?
Quel est le contexte historique de 1 Corinthiens 5:4 ?
Que nous enseigne 1 Corinthiens 5:4 sur le caractère de Dieu ?
En quoi 1 Corinthiens 5:4 reste-t-il pertinent aujourd'hui ?
Ce que la communauté partage sur 1 Corinthians 5
Réflexions, prières et actions de grâce des lecteurs et de l'équipe de rédaction sur ce passage.
Merci, Seigneur, de ne pas nous avoir retirés de ce monde. Tu nous laisses au milieu de nos voisins, de nos collègues, de nos rues bruyantes, et tu nous y gardes. Merci pour chaque rencontre ordinaire où ta lumière peut passer par nous.
Père, tu es le seul juge juste, et je te laisse ce qui ne m'appartient pas. Garde-moi de pointer du doigt ceux du dehors pendant que je ferme les yeux sur ce qui pourrit en moi. Donne-moi le courage d'une vraie honnêteté, et à notre communauté un cœur pur.
« On entend dire partout qu'il y a de la fornication parmi vous. » Ce qui frappe, ce n'est pas seulement le péché, c'est que tout le monde en parle sauf l'assemblée elle-même. Le silence des frères était devenu plus bruyant que la faute. Et toi, que fais-tu de ce que tu sais et dont tu préfères ne pas parler ?
Explorer ce passage à un autre niveau
Débutant, théologien, ou une autre longueur de lecture ? Ajustez les paramètres et générez votre propre version.
Ouvrir dans l'outil d'étude
