Romains 7
Explication et récit biblique pour adolescents (12 ans et plus)
L'explication
Paul s'adresse à des gens qui connaissent la loi. Il commence par une image juridique, presque froide: une femme mariée est liée à son mari « par [la] loi, tant qu'il vit ». Si le mari meurt, le lien tombe. Elle est libre. Personne ne peut plus l'accuser d'adultère si elle appartient à un autre.
L'image sert un raisonnement. « Vous aussi, vous avez été mis à mort à la loi par le corps du Christ, pour être à un autre, à celui qui est ressuscité d'entre les morts. » Le lien n'est pas rompu par une annulation administrative, mais par une mort: celle du Christ, à laquelle le croyant est associé. Le but n'est pas la liberté pour la liberté. Le but est d'appartenir à Quelqu'un d'autre, et de porter du fruit pour Dieu.
Puis Paul anticipe l'objection évidente. Si la loi produit la mort, la loi serait-elle mauvaise? « Qu'ainsi n'advienne! » La loi est « sainte », le commandement est « saint, et juste, et bon ». Le problème est ailleurs. Paul le raconte de manière presque autobiographique: « je n'aurais pas eu conscience de la convoitise, si la loi n'avait dit: Tu ne convoiteras point. » Le commandement a été l'occasion. Le péché s'en est servi. Il a pris ce qui était bon et l'a retourné contre lui: « le péché, ayant trouvé une occasion par le commandement, me séduisit, et par lui me tua. »
Ensuite vient le passage le plus troublant du chapitre. Paul passe au présent, et parle au « je ». « Ce que je fais, je ne le reconnais pas, car ce n'est pas ce que je veux, que je fais, mais ce que je hais, je le pratique. » Il aime la loi de Dieu « selon l'homme intérieur ». Et malgré cela, il voit dans ses membres « une autre loi qui combat contre la loi de mon entendement ». Il ne décrit pas un manque de motivation. Il décrit une captivité. Vouloir, il le peut. Accomplir, non.
Le chapitre culmine dans un cri: « Misérable homme que je suis, qui me délivrera de ce corps de mort? » Et immédiatement après, une réponse qui n'est pas une méthode mais un Nom: « Je rends grâces à Dieu par Jésus Christ notre Seigneur. »
Qu'est-ce que cela signifie ?
Il faut d'abord dire honnêtement que les lecteurs de la Bible ne s'accordent pas sur l'identité de ce « je ». Paul parle-t-il de sa vie avant de connaître le Christ? De l'expérience de tout croyant? De l'humanité sous la loi, en général? Le texte lui-même ne tranche pas. Mais remarque une chose: dans tout ce chapitre, il n'y a presque personne d'autre que le « je », la loi, et le péché. C'est un huis clos. Un homme, un idéal, et une impuissance.
Et c'est précisément ce que Paul veut démontrer. La loi de Dieu est bonne, mais elle ne peut pas te changer. Elle est comme un miroir parfaitement propre: elle te montre exactement ce que tu es, et elle ne lave rien. Pire: elle peut réveiller ce qu'elle interdit. Tu le sais par expérience. Une règle bien posée peut faire naître un désir qui dormait. « Sans [la] loi [le] péché est mort. » Le commandement ne crée pas le mal, il le révèle et le provoque, jusqu'à ce que le péché apparaisse pour ce qu'il est: « excessivement pécheur ».
Il y a donc une différence énorme entre savoir ce qui est bien et pouvoir le faire. Notre époque confond constamment les deux. On croit qu'il suffit d'être informé, conscientisé, motivé. Paul dit non. Il y a en l'homme une force qui résiste à ses meilleures intentions. Ce n'est pas du pessimisme. C'est du réalisme, et c'est la porte d'entrée de l'Évangile.
Le fil rouge
Tout le chapitre travaille vers une seule phrase: « Je rends grâces à Dieu par Jésus Christ notre Seigneur. »
Le premier paragraphe l'annonçait déjà. Le lien avec la loi ne se dénoue pas par un effort, mais par une mort, « par le corps du Christ ». Le Christ est mort, et celui qui Lui appartient est mort avec Lui à ce régime ancien. Puis Il est ressuscité, et le croyant Lui appartient désormais comme une épouse appartient à son mari. Voilà l'image que Paul a choisie: pas un contrat, une alliance. Pas une performance, un lien.
Depuis les prophètes, Dieu se présente ainsi à Son peuple: comme un époux qui reste fidèle à une épouse infidèle. Le cri du verset 24 ne reçoit pas pour réponse « essaie encore ». Il reçoit un Nom. La délivrance vient de l'extérieur de nous, parce qu'elle ne pouvait venir de nulle part ailleurs.
Pour toi
Tu as sans doute déjà fait cette expérience: tu décides sincèrement d'arrêter quelque chose. Une habitude, un mensonge, une façon de parler des autres, ce que tu regardes seul le soir. Tu tiens deux semaines. Puis tu recommences, et tu te méprises. La conclusion que tu tires, souvent, c'est: je ne suis pas assez sérieux dans ma foi.
Romains 7 propose une autre lecture. Ce combat n'est pas la preuve que tu es hypocrite. C'est la preuve qu'il y a en toi quelque chose qui « prend plaisir à la loi de Dieu ». Un mort ne se bat pas. Le désaccord entre ce que tu veux et ce que tu fais est douloureux, mais il est un signe de vie.
Ce que ce chapitre t'interdit, en revanche, c'est de chercher la solution en toi-même. Les résolutions ne délivrent personne. Ce qui délivre, c'est d'appartenir à un Autre, et de vivre cette appartenance concrètement: par la prière, par des paroles dites à voix haute à quelqu'un de confiance, par le refus de porter seul ce que tu ne peux pas porter.
Le verset 24 n'est pas une phrase de dépressif. C'est une prière. Apprends à la dire.
Parlons-en
« Le bien que je veux, je ne le pratique pas. » Où, précisément, cette phrase décrit-elle ta vie en ce moment, et à qui l'as-tu déjà dit à part à toi-même?
Si la loi de Dieu est « sainte, et juste, et bonne » mais incapable de te changer, à quoi te sert-elle encore concrètement?
Prions ensemble
Seigneur, je connais ce partage en moi: je veux, et je n'accomplis pas. Je ne veux plus me raconter que j'y arriverai par mes propres forces. Je Te remercie parce que Tu es mort et ressuscité, et que je Lui appartiens désormais, à Toi. Délivre-moi. Fais porter à ma vie du fruit pour Dieu. Amen.
Questions sur Romains 7
Des réponses courtes pour ceux qui découvrent ce passage.
De quoi parle Romains 7 ?
Que dit Romains 7 ?
Que nous enseigne Romains 7 sur Dieu ?
Que peuvent apprendre adolescents de Romains 7 ?
Pourquoi Romains 7 est-il un récit biblique important ?
Ce que d'autres ont découvert
La loi n'est pas le coupable. « Le péché, afin qu'il parût péché, me causant la mort par ce qui est bon. » Ce qui te blesse, ce n'est pas le commandement, c'est ce que le commandement révèle en toi. Comme une lumière allumée dans une pièce sale. Elle ne salit rien, elle montre. Et cette vue-là, si douloureuse, est le début de la délivrance.
« C'est pourquoi, mes frères, vous aussi, vous avez été mis à mort à la loi par le corps du Christ, pour être à un autre, à celui qui est ressuscité d'entre les morts, afin que nous portions du fruit pour Dieu. »
Remarque ce petit mot: « pour être à un autre ». Tu n'es pas libéré pour errer seul, mais pour appartenir. Le Christ ressuscité te veut proche de lui, pas seulement pardonné. Et le fruit vient tout naturellement de cette proximité, jamais de l'effort forcé. À qui appartient vraiment ton cœur aujourd'hui?
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