1 Corinthiens 1:18
Le texte
Paul vient de dire qu'il n'annonce pas l'Évangile « avec sagesse de parole », pour ne pas vider la croix de sa force. Puis vient cette phrase, tranchante comme une lame : « car la parole de la croix est folie pour ceux qui périssent, mais à nous qui obtenons le salut elle est la puissance de Dieu. » Un seul message, deux réceptions opposées. Le même mot prononcé sur la place publique de Corinthe fait hausser les épaules à l'un et redresse l'autre pour la vie entière. Paul ne décrit pas deux opinions respectables entre lesquelles on choisirait selon son tempérament; il décrit deux directions, l'une qui se défait, l'autre qui est sauvée, et il ose situer ses lecteurs, et lui-même, dans l'une des deux.
Le cœur
Ce verset dit quelque chose de dérangeant sur Dieu: Il a choisi de sauver par un moyen qui ne fait pas bonne impression. Un supplicié, condamné par les autorités, exposé nu au bord d'une route. Aucune stratégie de communication ne recommanderait cela. Et pourtant Paul appelle cette parole « la puissance de Dieu », non pas une puissance qui accompagnerait le message, mais le message lui-même comme force agissante. Ce qui signifie, très concrètement, que la vie chrétienne ne se construit jamais sur ce qui impressionne. Si Dieu sauve par un échec apparent, alors nos calculs habituels, réussir, convaincre, être respecté, cessent d'être des critères fiables pour décider quoi faire de notre argent, de notre carrière, de nos conflits. La croix n'est pas seulement le lieu du pardon; elle est aussi la mesure du bon sens.
Le fil rouge
Paul n'invente pas cette logique, il la reconnaît. Deux versets plus loin il cite le prophète: « Je détruirai la sagesse des sages et j'annulerai l'intelligence des intelligents ». Dieu a toujours travaillé ainsi. Le peuple le plus petit, le cadet plutôt que l'aîné, le berger plutôt que le géant, l'exil plutôt que le trône. Ce n'est pas un goût pour le pittoresque, c'est une pédagogie: Dieu agit de manière à ce que personne ne puisse s'attribuer le résultat, « en sorte que nulle chair ne se glorifie devant Dieu » (v. 29). La croix est le point où ce mouvement atteint son terme. Le Messie ne contourne pas la faiblesse, Il l'habite jusqu'au bout, et c'est de là que vient le salut. Le fil rouge de la Bible ne mène pas à une victoire flatteuse mais à un gibet devenu trône.
Le miroir
Regarde où tu adoucis. Au travail, quand la conversation touche à la foi, tu parles volontiers de valeurs, de sens, de bienveillance, rarement d'un homme crucifié pour tes fautes; c'est exactement là que la « sagesse de parole » recommence. Dans tes dépenses, demande-toi combien servent à ne pas paraître faible: la voiture, l'école des enfants, le silence sur les fins de mois difficiles. Dans tes conflits familiaux, tu attends d'avoir raison avant de faire un pas, parce que céder ressemble à une défaite; la croix te dit que la défaite apparente est le terrain de la puissance de Dieu. Ce verset ne te demande pas d'aimer l'humiliation. Il te demande de cesser de croire que l'impression que tu produis est ce qui te sauve.
Aujourd'hui: repère la personne devant qui tu as tu le nom de Jésus cette semaine par peur de passer pour naïf, et envoie-lui un message de deux phrases où tu dis simplement ce que la mort du Christ signifie pour toi.
Le personnage principal
Dieu, ici, est un Dieu qui accepte d'être mal compris. Il aurait pu se rendre évident, écraser toute objection; Il a choisi une parole qui laisse la porte ouverte au mépris. Cela révèle une patience presque insupportable: Il préfère être librement reconnu par des gens ordinaires plutôt qu'imposé à des esprits brillants. Et Il ne se protège pas. La croix n'est pas une tactique divine, un déguisement provisoire; c'est ce que Dieu est prêt à devenir pour sauver. Paul ose écrire plus loin « la faiblesse de Dieu est plus forte que les hommes » (v. 25), une expression scandaleuse si l'on y pense. Le Dieu de ce verset n'est pas d'abord puissant puis aimable. Sa puissance a la forme d'un amour qui se laisse briser.
Le détail
En grec, « ceux qui périssent » et « nous qui obtenons le salut » sont deux participes au présent: littéralement, ceux qui sont en train de se perdre et ceux qui sont en train d'être sauvés, sōzomenoi. Rien n'est ici figé dans un dossier céleste. Paul décrit un mouvement en cours, une trajectoire, et la parole de la croix est précisément ce qui révèle dans quelle direction tu marches. Cela enlève toute suffisance à l'affaire: je ne suis pas du bon côté parce que je suis lucide, je suis en train d'être sauvé, aujourd'hui encore, par un message que je pourrais encore trouver ridicule demain. Et cela laisse une porte ouverte pour l'autre, celui qui hausse les épaules; sa trajectoire, elle aussi, n'est pas achevée.
Le contexte
Corinthe, années cinquante, colonie romaine reconstruite, ville de commerce et d'arrivistes. On y monte socialement, on y paie des orateurs pour briller, on y mesure un homme à ses appuis et à sa capacité de tenir un discours. La croix, dans cette ville, n'est pas un bijou: c'est le supplice réservé aux esclaves et aux rebelles, une mort conçue pour détruire l'honneur avant le corps. Annoncer un crucifié comme Seigneur, c'était se disqualifier socialement. Et l'assemblée de Corinthe, déjà divisée en clans, « moi, je suis de Paul; et moi, d'Apollos » (v. 12), était en train de réintroduire dans l'Église ce même goût du prestige. Paul ne fait pas de la théorie: il coupe la racine.
Réflexion
Dans quel domaine précis de ma vie ai-je encore besoin que l'Évangile ait l'air raisonnable pour l'assumer devant les autres?
Si la croix est la mesure du bon sens, quelle décision en cours devrais-je reprendre depuis le début?
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Questions fréquentes sur 1 Corinthians 1:18
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Ce que la communauté partage sur 1 Corinthians 1
Réflexions, prières et actions de grâce des lecteurs et de l'équipe de rédaction sur ce passage.
Moi, je suis de Paul; et moi, d'Apollos; et moi, de Céphas; et moi, de Christ." Remarque le dernier. Même le nom de Christ peut devenir une étiquette pour se placer au-dessus des autres. Dis-moi: ton attachement à ton église, à ton prédicateur préféré, est-ce qu'il te rapproche de tes frères, ou il te sert à les juger?
Merci, Père, de ce que nous « ne manquons d'aucun don de grâce » : tu as pourvu à tout ce qu'il nous faut pour te servir aujourd'hui. Merci aussi pour cette attente vivante de la révélation de notre Seigneur Jésus Christ, qui tient nos cœurs éveillés.
Dieu est fidèle, par qui vous avez été appelés à la communion de son Fils Jésus Christ, notre Seigneur." Paul écrit cela à une assemblée déchirée par les querelles. Avant de reprendre quoi que ce soit, il rappelle qui tient tout: pas leur constance à eux, mais la fidélité de Dieu. Ton lien avec le Fils ne repose pas sur ta bonne semaine. Il repose sur Celui qui t'a appelé.
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