Explication biblique

2 Chroniques 17

Bible
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Le texte

Josaphat succède à son père Asa et commence par se mettre à l'abri : garnisons dans les villes fortes, troupes dans les villes d'Éphraïm que son père avait prises. Mais le texte bascule aussitôt du militaire au spirituel : « l'Éternel fut avec Josaphat, car il marcha dans les premières voies de David », il ne rechercha pas les Baals, il ôta les hauts lieux, et la troisième année il envoya chefs, lévites et sacrificateurs faire le tour de toutes les villes de Juda avec « le livre de la loi de l'Éternel » pour enseigner le peuple. Ensuite viennent la crainte de l'Éternel sur les royaumes voisins, les tributs des Philistins et des Arabes, les forteresses, et un recensement de plus d'un million d'hommes de guerre.

Le cœur

Le chroniste raconte une réussite, mais il la raconte à l'envers de notre logique. Nous lisons d'abord les chiffres, les 300 000 hommes d'Adna, les 7 700 béliers, et nous en déduisons la force. Le texte, lui, place la cause bien avant : « l'Éternel affermit le royaume dans sa main ». Et entre la fidélité de Josaphat et sa prospérité, il glisse un détail que personne n'aurait inventé pour flatter un roi : il envoie des enseignants dans les villages. Voilà ce que Dieu affermit. Non pas un homme qui accumule, mais un homme qui rend à son peuple la parole que son peuple avait perdue. La bénédiction ici n'est pas une récompense automatique ; elle est le fruit visible d'un roi qui a décidé que ses sujets devaient connaître Dieu autant que lui.

Le fil conducteur

Ce roi-là ne se contente pas de garder la loi, il la fait circuler. Des chefs de la cour, des lévites et des sacrificateurs partent ensemble, « ayant avec eux le livre de la loi de l'Éternel », et ils font « le tour de toutes les villes de Juda ». Le mouvement est celui-là même que Dieu poursuivra jusqu'au bout : la parole quitte le palais et le temple pour atteindre les villages. Des siècles plus tard, un autre descendant de David parcourra les bourgs de Galilée en enseignant, non plus avec le livre dans les bras mais comme la Parole elle-même, puis Il enverra ses propres envoyés de village en village. Josaphat n'est pas une figure de Christ ; il est un roi qui, pour une fois, fait ce que le Roi ferait.

Le miroir

Remarquez l'ordre des choses en vous. Josaphat commence comme nous : il sécurise. Garnisons, villes fortes, troupes aux frontières. C'est l'assurance-vie, le compte épargne, le CV tenu à jour, la relation qu'on ménage au travail parce qu'on ne sait jamais. Rien de tout cela n'est condamné dans le texte, remarquez-le bien. Mais si l'inventaire de votre vie s'arrêtait à vos fortifications, il n'y aurait pas de troisième année. Chez Josaphat, la troisième année arrive : il envoie des gens enseigner la loi de Dieu aux villages qui n'avaient personne. Voilà la question qui vous regarde en face : qui, dans votre entourage, connaît un peu Dieu parce que vous vous en êtes donné la peine ? Votre fils de quinze ans, votre collègue, votre voisine veuve. Il est plus facile d'entretenir ses murs que d'ouvrir le livre devant quelqu'un.

Et il y a l'autre moitié du verset 6 : « il ôta de Juda les hauts lieux et les ashères ». Josaphat n'a pas seulement ajouté de l'enseignement, il a retiré quelque chose. Les hauts lieux étaient pratiques, proches, hérités des grands-parents. Chacun de nous garde un ou deux petits sanctuaires commodes que nous n'appelons jamais idoles.

Aujourd'hui, faites ceci : écrivez le nom d'une seule personne qui n'a personne pour lui expliquer l'Écriture, et envoyez-lui maintenant un message lui proposant de lire un texte avec vous cette semaine. Pas une invitation vague, une date.

Le contexte

Nous sommes vers 870 avant Jésus-Christ. Le royaume est coupé en deux depuis deux générations. Au nord, Achab règne et son épouse Jézabel installe le culte de Baal comme religion d'État ; le texte y fait allusion sèchement, Josaphat marcha dans les commandements de Dieu « et non comme faisait Israël ». Juda est le petit frère, plus pauvre, coincé entre l'Égypte et les puissances du nord. Que les Philistins apportent des présents et que les Arabes amènent sept mille sept cents béliers signifie une chose claire pour l'époque : Juda est devenu le fort de la région. Mais le Chroniste écrit bien plus tard, pour des rescapés de l'exil qui n'ont ni armée ni roi. Il ne fait pas de la nostalgie militaire ; il montre ce qui, une fois, a tenu.

Le détail

Au milieu du recensement, les chiffres défilent, trois cent mille, deux cent quatre-vingt mille, et soudain un homme est décrit autrement : « Amasia, fils de Zicri, qui s'était volontairement donné à l'Éternel ». Le verbe hébreu, hitnaddeb, est celui des offrandes volontaires, ce qu'on apporte sans y être obligé. Dans une liste de conscrits, un homme est mentionné pour un geste que personne ne pouvait exiger de lui. Le Chroniste, qui compte tout, prend la peine de noter cela. Les grands nombres impressionnent, mais ce sont les dévouements libres que Dieu retient. Vous pouvez faire partie d'une masse de deux cent mille et être connu nommément pour une seule chose : vous vous êtes donné, sans qu'on vous le demande.

Le personnage principal

Josaphat hérite d'un père compliqué. Asa avait commencé fidèle et fini méfiant, appuyé sur l'argent des Syriens, dur envers le prophète qui l'avertissait. Le fils, lui, « marcha dans les premières voies de David » ; le mot « premières » n'est pas décoratif, il trie. Josaphat sait qu'un héritage se reçoit avec discernement, qu'on peut aimer son père et refuser sa dernière décennie. Et il y a ce mot du verset 6 : « il prit courage dans les voies de l'Éternel ». Le courage n'a pas été spontané ; il est venu en marchant. Cet homme prudent, bâtisseur de forteresses, a grandi dans l'audace au fur et à mesure qu'il obéissait. Ce qui rend la suite de son histoire d'autant plus déchirante : le même roi ira bientôt s'allier par mariage à la maison d'Achab.

L'intertexte

Deutéronome 17 avait prévu que le roi d'Israël écrive pour lui une copie de la loi et la lise tous les jours de sa vie, afin de ne pas s'élever au-dessus de ses frères. Josaphat fait plus que le minimum exigé : il ne garde pas le livre dans sa chambre, il l'envoie sur les routes. C'est de la désobéissance par excès de générosité, si l'on peut dire. Et le contraste éclate quand on pense au règne de Josias, deux siècles plus tard : là, on retrouve dans le temple un livre de la loi que tout le monde avait oublié, et le roi déchire ses vêtements. Ici le livre n'est pas perdu, il voyage. Deux images du même livre, selon qu'un roi l'a fait circuler ou qu'on l'a laissé prendre la poussière.

Le profil

Imaginez les premiers lecteurs : quelques milliers de Judéens revenus de Babylone, dans une Jérusalem aux murs rafistolés, province d'un empire perse. Ils entendent « 300 000 hommes forts et vaillants » et savent qu'ils n'auront jamais cela. Les tributs des Philistins ? Ce sont eux, désormais, qui paient le tribut. Mais au milieu de ces chiffres inaccessibles, il y a une chose qu'ils peuvent reprendre exactement telle quelle : des lévites qui parcourent les villages avec le livre pour enseigner le peuple. Voilà le legs praticable de Josaphat pour une communauté sans armée. Le Chroniste leur dit en substance : la puissance politique vous a été retirée, l'instruction du peuple par la parole de Dieu ne l'a pas été. Faites cela.

La question

Le texte semble poser une équation : fidélité, donc richesse, gloire, paix aux frontières. Et nous savons trop de choses qui la contredisent, dans nos familles et dans nos vies. Le Chroniste n'est pas naïf ; il écrit pour des gens appauvris qui ont vu leurs fidèles mourir en exil. Ce qu'il affirme n'est pas un mécanisme, c'est une direction : Dieu n'est pas indifférent à l'orientation d'une vie, et la bénédiction dont parle ce chapitre culmine dans une chose non matérielle, un peuple qui connaît son Dieu. Reste que Josaphat, ce roi béni, finira par risquer sa peau dans la guerre d'un roi impie. Le livre ne nous laisse pas avec une formule. Il nous laisse avec un Dieu qui affermit, et qui choisit Lui-même la forme de cet affermissement.

Réflexion

Quelle « troisième année » attendez-vous avant de commencer ce que vous savez devoir commencer, et de quoi voulez-vous être sûr d'abord ?

Lequel de vos hauts lieux commodes, hérité et jamais interrogé, tiendriez-vous à garder si Dieu vous demandait de l'ôter ?

Si l'on écrivait votre nom comme celui d'Amasia, pour un seul geste libre et non exigé, qu'est-ce qu'il y aurait à écrire ?

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Questions fréquentes sur 2 Chronicles 17

Des réponses rapides aux questions les plus courantes sur ce passage biblique.

Que signifie 2 Chroniques 17 ?
Josaphat succède à son père Asa et commence par se mettre à l'abri : garnisons dans les villes fortes, troupes dans les villes d'Éphraïm que son père avait prises.
De quoi parle 2 Chroniques 17 ?
Remarquez l'ordre des choses en vous. Josaphat commence comme nous : il sécurise. Garnisons, villes fortes, troupes aux frontières. C'est l'assurance-vie, le compte épargne, le CV tenu à jour, la relation qu'on ménage au travail parce qu'on ne sait jamais.
Quel est le contexte historique de 2 Chroniques 17 ?
Nous sommes vers 870 avant Jésus-Christ. Le royaume est coupé en deux depuis deux générations. Au nord, Achab règne et son épouse Jézabel installe le culte de Baal comme religion d'État ; le texte y fait allusion sèchement, Josaphat marcha dans les commandements de Dieu « et non comme faisait Israël ».
Que nous enseigne 2 Chroniques 17 sur le caractère de Dieu ?
Deutéronome 17 avait prévu que le roi d'Israël écrive pour lui une copie de la loi et la lise tous les jours de sa vie, afin de ne pas s'élever au-dessus de ses frères. Josaphat fait plus que le minimum exigé : il ne garde pas le livre dans sa chambre, il l'envoie sur les routes.
En quoi 2 Chroniques 17 reste-t-il pertinent aujourd'hui ?
Quelle « troisième année » attendez-vous avant de commencer ce que vous savez devoir commencer, et de quoi voulez-vous être sûr d'abord ?
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Réflexion Éditorial le verset 19

« Ce sont ceux qui servaient le roi, outre ceux que le roi avait mis dans les villes fortes, dans tout Juda. » Certains se tenaient près du trône, d'autres veillaient seuls dans des villes lointaines, sans jamais voir le visage du roi. Et pourtant leur nom compte dans le même récit. Ton poste te paraît peut-être oublié. Il est écrit.

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