Explication biblique

Daniel 9

Bible
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Le texte

La première année de Darius, Daniel lit. Il ne reçoit pas d'abord une vision, il ouvre des rouleaux: « moi, Daniel, je compris par les livres » que les soixante-dix années annoncées à Jérémie pour les désolations de Jérusalem approchaient de leur terme. Cette lecture ne le rend pas satisfait mais suppliant: il jeûne, se met dans le sac et la cendre, et confesse, non pas les fautes des autres, mais celles de son peuple et les siennes. Au milieu de sa prière, Gabriel arrive « vers le temps de l'offrande de gâteau du soir » et lui donne une parole plus large que sa demande: soixante-dix semaines déterminées sur son peuple et sur sa sainte ville.

Le cœur

Remarquez sur quoi Daniel n'appuie pas. Il connaît la promesse, il a compté les années, il pourrait réclamer son droit. Au lieu de cela: « ce n'est pas à cause de nos justices que nous présentons devant toi nos supplications, mais à cause de tes grandes compassions ». La promesse ne devient pas un levier, elle devient une raison de se jeter à terre. Et l'argument final n'est même pas le malheur du peuple: « ne tarde pas, à cause de toi-même, mon Dieu ». Dieu agit pour Son nom. C'est plus sûr que toute justice humaine, et plus dérangeant aussi, car cela nous retire du centre. La prière la plus solide est celle qui ne compte plus sur elle-même.

Le fil conducteur

Les six buts du verset 24 ne sont pas un programme politique. « Clore la transgression », « en finir avec les péchés », « faire propitiation pour l'iniquité », « introduire la justice des siècles »: le verbe hébreu derrière propitiation, kaphar, est celui du grand jour des expiations, quand le sang couvrait ce qu'aucune réforme ne pouvait effacer. Daniel demande le retour d'exil; la réponse parle d'une expiation. Puis vient cette phrase nue: « [le] Messie sera retranché et n'aura rien ». Retranché, sans rien, sans descendance, sans droit reconnu. Le fil ne mène pas d'abord à un temple rebâti mais à un Oint mis à mort, et par là à une justice qui ne s'usera pas. Nous demandons la fin de nos exils; Dieu répond plus profond que notre demande.

Le miroir

Quand vous priez pour un mariage abîmé, pour un enfant qui s'éloigne, pour un travail qui vous broie, remarquez comment vous formulez la chose. Nous disons volontiers: Seigneur, Tu as promis. Rarement: à nous la confusion de face. Daniel n'a pourtant pas fabriqué l'exil; il y a été emmené adolescent. Il dit quand même « nous ». Cela grince, parce que nous aimons trier: la faute est ailleurs, dans la génération précédente, dans l'Église, dans la culture. Daniel ne trie pas. Et il y a autre chose: soixante-dix ans de fidélité, et la réponse arrive au moment où il cesse de calculer et se met à supplier. Combien de vos prières sont encore des négociations avec un Dieu que vous croyez devoir convaincre?

Le profil

Pour les premiers auditeurs, exilés ou revenus dans une ville aux murailles trouées, le chiffre soixante-dix était devenu une blessure. Le retour a eu lieu, oui, mais le temple est modeste, l'occupant étranger reste, la gloire ne revient pas. Et voici qu'un ange multiplie l'attente par sept: soixante-dix semaines. Ce n'est pas un réconfort facile. On leur dit que la fin de leur exil géographique n'est pas la fin de leur exil réel, et que « la place et le fossé seront rebâtis, et [cela] en des temps de trouble ». Ils entendent donc: votre patience n'a pas encore atteint son terme, mais ce qui vient est plus grand que ce que vous osiez demander.

Le personnage principal

Daniel est un vieil homme, haut fonctionnaire de trois empires, et il se conduit comme un pénitent. Il a lu les Écritures assez sérieusement pour compter, et pas assez froidement pour se contenter du compte. Son cadence de prière au verset 19, « Seigneun, écoute ; Seigneur, pardonne ; Seigneur, sois attentif et agis », a la nudité de quelqu'un qui n'a plus de style. Et voilà ce qui étonne: pendant qu'il parle encore, Gabriel arrive, et lui dit que la parole est sortie « au commencement de tes supplications », parce que « tu es un bien-aimé ». Aimé, celui qui vient de dire quinze fois nous avons péché. Le ciel n'attend pas la fin de nos phrases.

L'intertexte

Lévitique 26 avait averti Israël: si vous refusez de laisser reposer la terre, la terre se reposera sans vous, et vos années de désobéissance vous seront comptées. Les soixante-dix ans de Jérémie sont donc des sabbats impayés, et les soixante-dix semaines de Gabriel prolongent ce compte jusqu'au grand sabbat de l'expiation. Deuxième écho: dans Luc 1, le même Gabriel se tient dans le temple à l'heure de l'encens, auprès d'un vieux prêtre muet, pour annoncer la naissance de celui qui précédera l'Oint. Même messager, même heure du sacrifice, même Dieu qui parle pendant qu'on prie. Ce qui restait scellé chez Daniel commence là à s'ouvrir, sans cesser pour autant d'être plus vaste que nos calculs.

Réflexion

Quand ai-je prié pour la dernière fois sans rien avancer de ma propre justice, uniquement « à cause de tes grandes compassions »?

Quelle promesse suis-je en train de compter, alors que Dieu m'invite peut-être à la porter en confession plutôt qu'en calcul?

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Questions fréquentes sur Daniel 9

Des réponses rapides aux questions les plus courantes sur ce passage biblique.

Que signifie Daniel 9 ?
La première année de Darius, Daniel lit. Il ne reçoit pas d'abord une vision, il ouvre des rouleaux: « moi, Daniel, je compris par les livres » que les soixante-dix années annoncées à Jérémie pour les désolations de Jérusalem approchaient de leur terme.
De quoi parle Daniel 9 ?
Les six buts du verset 24 ne sont pas un programme politique. « Clore la transgression », « en finir avec les péchés », « faire propitiation pour l'iniquité », « introduire la justice des siècles »: le verbe hébreu derrière propitiation, kaphar, est celui du grand jour des expiations, quand le sang couvrait ce qu'aucune réforme ne pouvait effacer.
Quel est le contexte historique de Daniel 9 ?
Pour les premiers auditeurs, exilés ou revenus dans une ville aux murailles trouées, le chiffre soixante-dix était devenu une blessure. Le retour a eu lieu, oui, mais le temple est modeste, l'occupant étranger reste, la gloire ne revient pas. Et voici qu'un ange multiplie l'attente par sept: soixante-dix semaines.
Que nous enseigne Daniel 9 sur le caractère de Dieu ?
Lévitique 26 avait averti Israël: si vous refusez de laisser reposer la terre, la terre se reposera sans vous, et vos années de désobéissance vous seront comptées. Les soixante-dix ans de Jérémie sont donc des sabbats impayés, et les soixante-dix semaines de Gabriel prolongent ce compte jusqu'au grand sabbat de l'expiation.
En quoi Daniel 9 reste-t-il pertinent aujourd'hui ?
Quelle promesse suis-je en train de compter, alors que Dieu m'invite peut-être à la porter en confession plutôt qu'en calcul?
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Merci Éditorial le verset 13

Merci, Seigneur, de nous donner encore de quoi t'implorer, même quand nous avons tardé. Merci parce que tu ouvres le chemin du retour de nos iniquités et que tu nous fais comprendre ta vérité. Ta parole reste fidèle, et ton coeur nous attend.

Prière Éditorial le verset 27

Père, quand tout semble dévasté autour de moi, je m'accroche à ton alliance. Tu tiens parole, même quand l'histoire paraît sombre et que je n'y comprends rien. Apprends-moi à te faire confiance jusqu'au bout, car tu as le dernier mot.

Prière Éditorial le verset 1

Père, tu connais les rois et les empires, les dates et les règnes qui passent. Rien de notre histoire ne t'échappe. Dans ce moment précis de ma vie, avec ses incertitudes, apprends-moi à te chercher comme Daniel l'a fait, sans attendre des jours meilleurs.

Réflexion Éditorial le verset 7

Daniel, l'homme intègre, l'exilé fidèle, ne dit pas « eux ». Il dit : « À toi, Seigneur, la justice, et à nous la confusion de face. » Il se range avec les coupables. Prier pour son peuple, c'est cesser de pointer du doigt et se laisser compter parmi ceux qu'on porte devant Dieu. Où en es-tu de ce « nous » ?

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