Deutéronome 10
Le texte
Moïse revient sur les quarante jours qui ont suivi le veau d'or : Dieu lui ordonne de tailler deux nouvelles tables, d'en fabriquer un coffre de bois, et Il réécrit Lui-même les dix paroles. Entre deux étapes du désert, la tribu de Lévi est mise à part pour porter l'arche, sans héritage propre, car « l'Éternel est son héritage ». Puis vient le grand appel : « Et maintenant, Israël ! qu'est-ce que l'Éternel, ton Dieu, demande de toi », suivi du portrait d'un Dieu à qui appartiennent « les cieux des cieux » et qui pourtant « aime l'étranger pour lui donner le pain et le vêtement ».
Le cœur
Le chapitre tient ensemble deux choses que nous séparons volontiers : la souveraineté cosmique et l'attachement particulier. Celui qui possède tout « s'est attaché à tes pères pour les aimer ». Le verbe est celui du désir, pas du calcul. Et aussitôt, ce choix se retourne en exigence : puisque Dieu « ne fait point acception de personnes », les élus ne peuvent pas vivre comme des privilégiés. La preuve de l'élection n'est pas le statut, c'est la ressemblance. Michée posera plus tard la même question presque mot pour mot (« qu'est-ce que l'Éternel demande de toi ? ») et répondra pareillement : la justice, la bonté, la marche humble. Deutéronome 10 est le texte-mère de toute cette tradition prophétique.
Le fil rouge
Deux fils partent d'ici. Le premier : « Circoncisez donc votre cœur ». L'ordre est impossible à tenir, et Moïse le sait ; vingt chapitres plus loin il promettra que l'Éternel Lui-même circoncira leur cœur. Jérémie reprendra l'image, Paul la conclura : le vrai Juif est celui du dedans, circoncis dans le cœur, par l'Esprit. Ce qui est ici commandement devient promesse, puis don. Le second fil : « Tes pères sont descendus en Égypte au nombre de 70 âmes ; et maintenant… comme les étoiles des cieux ». C'est la promesse faite à Abraham sous le ciel nocturne de Genèse 15, désormais vérifiable au recensement. Dieu tient parole dans les chiffres, lentement, sur quatre siècles.
Le miroir
« Ne roidissez plus votre cou » : l'image est celle du bœuf qui refuse le joug. Elle vise moins l'athée que le croyant installé, celui qui connaît la doctrine et a cessé de se laisser tourner la tête. Testez-vous là où ce chapitre le fait : sur l'orphelin, la veuve, l'étranger. Pas sur vos opinions à leur sujet, sur votre agenda et votre portefeuille. Qui, dans votre quartier, votre entreprise, votre assemblée, n'a ni réseau ni poids social, et combien de fois avez-vous franchi le pas vers lui cette année ? Dieu, Lui, donne du concret : « le pain et le vêtement ». Aujourd'hui : écrivez maintenant un message à une personne de votre quartier ou de votre église que personne n'invite jamais, et proposez-lui une date précise pour un repas chez vous.
La question
Comment le Dieu « qui ne fait point acception de personnes » peut-Il choisir un peuple entre tous ? Et comment ce même Dieu, qui ordonne d'aimer l'étranger, commande-t-Il ailleurs dans ce livre de déposséder les nations de Canaan ? Le texte ne résout pas cela. Il faut au moins remarquer que l'élection n'est jamais présentée comme un mérite (« cependant » au verset 15 suppose justement que rien ne le justifiait) et que l'étranger protégé est celui qui vit au milieu d'Israël, pas l'empire qui le menace. Mais la dissonance demeure, et la lisser serait malhonnête. Je la garde ouverte, en me rappelant que la question du verset 16 porte sur mon cœur, pas sur la cohérence que j'exige de Dieu.
Le détail
« Et je fis une arche de bois de sittim. » Moïse, pas Betsaleel ; du bois, pas de l'or. Un simple coffre, fabriqué à la hâte, pour recevoir ce que Dieu venait de réécrire. Et puis cette phrase au présent : « elles sont là, comme l'Éternel me l'avait commandé ». Les tables brisées sont restées brisées ; les nouvelles sont enfermées dans le noir, sous un couvercle, invisibles. La Loi d'Israël n'est pas exposée sur la place publique comme les stèles royales du Proche-Orient ; elle est recouverte, et c'est sur ce couvercle que le sang de l'expiation sera versé une fois l'an. La Loi existe, intacte, mais on ne l'approche qu'à travers ce qui la couvre.
Le personnage principal
Dieu se décrit ici Lui-même, et l'ordre des mots compte. D'abord l'écrasement : « le Dieu des dieux et le Seigneur des seigneurs, le Dieu grand, puissant, et terrible ». Puis, sans transition, l'incorruptibilité : Il ne se laisse ni impressionner ni acheter. Et enfin, comme l'aboutissement logique de Sa grandeur : Il « fait droit à l'orphelin et à la veuve ». Chez les dieux du Proche-Orient, la puissance se démontre par le fracas ; ici elle se démontre par l'attention à ceux qui n'ont aucun recours juridique. C'est le même mouvement qu'au Sinaï : Il écoute Moïse, Il renonce à détruire, Il réécrit. Un Dieu terrible qui se penche, et qui demande aux Siens de faire pareil.
Réflexion
Si l'on mesurait votre ressemblance avec Dieu à votre traitement de ceux qui n'ont rien à vous offrir en retour, que lirait-on ?
Où, précisément, votre cou s'est-il raidi cette année : quelle correction avez-vous entendue sans jamais l'accueillir ?
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Questions fréquentes sur Deuteronomy 10
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Ce que la communauté partage sur Deuteronomy 10
Réflexions, prières et actions de grâce des lecteurs et de l'équipe de rédaction sur ce passage.
Merci, Éternel, parce que tu as écouté Moïse ces quarante jours et que tu n'as pas voulu détruire ton peuple. Ta patience nous porte encore aujourd'hui, et tu prêtes l'oreille quand quelqu'un intercède pour nous. Quelle grâce d'être épargnés par ton amour.
Et je fis une arche de bois d'acacia, et je taillai deux tables de pierre comme les premières." Moïse remonte les mains pleines de pierres nues. Rien n'est encore écrit dessus. Il fabrique aussi le coffre qui les gardera, comme si Dieu voulait qu'on prépare une place avant même de recevoir. Tes tables brisées ne sont pas la fin. Taille la pierre, et laisse-le écrire encore.
Père, tu me dis de me lever et de reprendre la route. Je préférerais parfois rester assis, mais tu marches devant. Donne moi le courage d'avancer aujourd'hui, en croyant que ce que tu as promis, tu le donnes vraiment.
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