Éphésiens 1:7
Le texte
Un seul souffle de phrase, suspendu au relatif qui précède : « en qui nous avons la rédemption par son sang, la rémission des fautes selon les richesses de sa grâce ». Paul ne change pas de sujet, il continue la longue coulée de louange commencée au verset 3, et voilà qu'au milieu des lieux célestes et de l'élection avant la fondation du monde surgit quelque chose de terriblement concret : du sang. Le verset dit trois choses tenues ensemble : nous sommes rachetés, nos fautes sont écartées, et la mesure de tout cela n'est pas notre besoin mais la richesse d'une grâce qui déborde. Le « nous avons » est au présent. Pas un espoir différé : une possession actuelle, déjà entre nos mains.
Le cœur
Remarquez la mesure. Paul n'écrit pas que le pardon est accordé selon la gravité de nos fautes, ni selon notre repentir, ni même selon nos besoins. Il écrit « selon les richesses de sa grâce ». Dieu ne pardonne pas à notre échelle mais à la Sienne. C'est une phrase qui déplace tout le centre de gravité : si mon pardon dépendait de ma sincérité, je pourrais le mesurer, donc en douter. Ici il n'y a rien à mesurer, sinon une abondance qui m'échappe. Et pourtant cette richesse n'est pas vaporeuse. Elle a un prix affiché : « par son sang ». La grâce coûte à Dieu ce qu'elle ne nous coûte pas. Tenez les deux mots ensemble, sang et richesses, et laissez l'inconfort de leur voisinage travailler en vous.
Le fil conducteur
« Rédemption » n'est pas un mot de temple mais de marché : le prix payé pour faire sortir quelqu'un de l'esclavage. Israël l'a entendu d'abord dans la nuit d'Égypte, quand le sang sur les linteaux séparait les maisons épargnées des maisons frappées, et que le peuple sortait non parce qu'il était vertueux mais parce qu'il avait été racheté. Paul reprend le vocabulaire sans le diluer. Ce qui change, c'est le lieu du sang : plus un agneau anonyme, mais « le Bien-aimé » du verset précédent, le Fils. Et le mouvement s'élargit jusqu'au verset 10, « réunir en un toutes choses dans le Christ ». La croix n'est pas une transaction isolée ; elle est le point où toute l'histoire se noue et commence à se recoudre.
Le miroir
Il y a une faute que vous n'arrivez pas à laisser derrière vous. Pas les petites, celles-là s'oublient. Celle-là revient, souvent le soir, souvent quand vous êtes fatigué : ce que vous avez dit à votre enfant, cette relation abîmée, cet arrangement au travail que personne n'a vu. Vous l'avez confessée dix fois, et dix fois vous êtes reparti avec l'impression que le pardon avait été accordé du bout des lèvres, comme une remise gracieuse mais réticente. Ce verset conteste cette impression. La rémission ne vous est pas concédée selon ce que vous méritez, mais versée « selon les richesses de sa grâce ». Aujourd'hui : nommez cette faute à voix haute, seul, puis dites tout haut, sur elle, la phrase du verset : « la rémission des fautes selon les richesses de sa grâce ». Une fois. Écoutez-la sortir de votre bouche.
Le contexte
Éphèse est une ville de commerce et de magie, dominée par le temple d'Artémis, traversée par des cultes où l'on paie pour être protégé des puissances invisibles. Les lecteurs de Paul connaissent l'esclavage de près : le port en vit, et l'affranchissement d'un esclave se fait par une somme comptée devant témoins, parfois versée dans un temple. Quand ils entendent « rédemption », ils voient une scène juridique, pas une abstraction. Et beaucoup d'entre eux sont des païens de fraîche date, sans généalogie sacrée, sans droit d'entrée dans le peuple de Dieu. Leur dire qu'ils ont, au présent, la rémission de leurs fautes, c'est renverser tout ce que leur ville leur a appris sur le prix des faveurs divines.
Le personnage principal
Dieu est ici l'unique acteur, et Il agit d'une manière déconcertante : Il paie. Non pas d'une richesse extérieure, non pas d'un décret indolore, mais « par son sang ». Ce qui frappe, c'est que Paul appelle cela de la richesse. Nous aurions dit sacrifice, perte, dépouillement. Lui parle d'abondance, comme si le fait de donner ne diminuait pas Dieu mais Le révélait. Il y a là un portrait qui résiste à nos catégories : un Dieu dont la générosité n'est pas une exception à Sa justice mais son visage même. Et pas un mot sur Sa colère apaisée par contrainte. Le verset 5 avait déjà dit d'où tout part : « selon le bon plaisir de sa volonté ». Cela Lui plaît.
La question
Pourquoi du sang ? Pourquoi le pardon ne pouvait-il pas être simplement prononcé, gratuitement, sans mort ? Le texte ne l'explique pas. Il l'affirme et passe. On peut construire des raisonnements sur la sainteté et la justice, et ils ne sont pas faux, mais ils ne dissipent pas l'étrangeté : Dieu aurait pu, semble-t-il, faire autrement, et Il n'a pas fait autrement. Peut-être faut-il accepter que le pardon n'a jamais été un effacement neutre, que quelqu'un porte toujours le coût d'une faute, et que Dieu a choisi de le porter Lui-même plutôt que de nous l'imputer. Peut-être. Mais restez devant le mot sans le résoudre trop vite. Certaines vérités se comprennent mieux à genoux qu'à la table de travail.
Réflexion
Quelle faute précise refusez-vous encore de laisser tomber sous la formule « selon les richesses de sa grâce », et qu'est-ce que ce refus protège en vous ?
Si le pardon vous est donné à la mesure de Dieu et non à la vôtre, en quoi cela change-t-il la mesure que vous appliquez à celui qui vous a blessé ?
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Questions fréquentes sur Ephesians 1:7
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Ce que la communauté partage sur Ephesians 1
Réflexions, prières et actions de grâce des lecteurs et de l'équipe de rédaction sur ce passage.
Il a assujetti toutes choses sous ses pieds, et l'a donné pour être chef sur toutes choses à l'assemblée." Remarque ce petit mot: donné. Celui qui domine sur tout n'est pas gardé à distance, il t'est donné. La tête ne se sépare jamais de son corps. Ce qui pèse sur toi aujourd'hui est déjà sous ses pieds.
Père, tu m'as déjà comblé en Christ, bien avant que je pense à te le demander. Quand mes mains semblent vides, rappelle-moi la richesse que je porte en lui. Merci pour ces bénédictions du ciel qui tiennent bon même dans mes jours gris.
« À la louange de la gloire de sa grâce dans laquelle il nous a rendus agréables dans le Bien-aimé. » Tu n'es pas accepté à cause de ta performance, mais parce que tu es en Christ. C'est son Bien-aimé que le Père regarde quand il te regarde. Ce que tu cherches à mériter depuis des années t'est déjà donné.
Merci, Père, d'avoir placé Christ « au-dessus de toute principauté, et autorité, et puissance, et domination, et de tout nom qui se nomme ». Les pouvoirs qui m'effraient aujourd'hui sont déjà sous ses pieds, et cela vaut aussi pour le siècle à venir.
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