Explication biblique

Éphésiens 6:19

Bible

Le texte

Après avoir demandé aux Éphésiens de prier « en tout temps, par l'Esprit » pour tous les saints, Paul ajoute une requête pour lui-même. Il ne demande pas la libération, ni le soulagement, ni même la protection. Il demande qu'une parole lui soit donnée : « afin qu'il me soit donné de parler à bouche ouverte pour donner à connaître avec hardiesse le mystère de l'évangile ». L'apôtre enchaîné veut une seule chose : une bouche ouverte.

Le cœur

Remarquez la construction passive : « qu'il me soit donné ». Paul ne dit pas « que je trouve le courage » ou « que je sache quoi dire ». La parole est un don, pas une compétence. Voilà qui devrait ébranler notre confiance dans la préparation et la technique. L'homme qui a débattu à Athènes, qui connaît les Écritures par cœur, qui écrit cette lettre magistrale, considère que sa capacité à parler du Christ ne lui appartient pas. Elle doit lui être remise, chaque fois, d'en haut. Et il en va de même pour la hardiesse : elle n'est pas un trait de caractère, mais une grâce demandée. Le christianisme n'a jamais reposé sur des hommes courageux, mais sur des hommes à qui le courage est donné.

Le fil rouge

Le « mystère de l'évangile » n'est pas une énigme réservée aux initiés. Dans le vocabulaire de Paul, un mystère est un secret que Dieu a longtemps gardé et qu'Il vient de dévoiler. Au chapitre 3 de cette même lettre, il l'avait défini : les nations sont cohéritières avec Israël, un seul corps en Christ. Voilà le secret. Ce que les prophètes entrevoyaient dans le brouillard, ce que les sacrifices préfiguraient sans le dire, ce que la promesse à Abraham portait en germe, tout cela a maintenant un visage et un nom. Le mystère n'est pas une doctrine, c'est une Personne qui a fait la paix par Sa croix et qui a démoli le mur de séparation. Prier pour la bouche de Paul, c'est donc prier pour que ce secret devenu public continue de se dire.

Le miroir

Vous avez sans doute déjà eu cette bouche fermée. Au travail, quand la conversation glisse vers la foi et que vous laissez passer, en vous disant que le moment est mal choisi. À table, avec ce beau-frère qui provoque. Devant vos propres enfants, quand il faudrait dire pourquoi vous croyez, et non seulement que vous croyez. Ce n'est pas toujours la lâcheté ; c'est souvent la fatigue, ou la peur de mal dire, ou le calcul de ce que cela coûterait. Paul, lui, ne se flagelle pas. Il demande. Et il demande à d'autres de demander pour lui. Il y a là une liberté immense : votre silence n'est pas une fatalité de tempérament, c'est un manque que la prière peut combler.

Le personnage principal

Paul écrit depuis la détention. Le verset suivant le dit sans détour : « je suis un ambassadeur lié de chaînes ». C'est une image presque comique, puisqu'un ambassadeur est par définition inviolable ; on n'enchaîne pas un ambassadeur, on le renvoie. Paul se sait représentant d'un royaume dont l'empire romain n'a pas encore compris l'existence. Son paysage intérieur n'est pas celui de la plainte. On ne trouve chez lui ni apitoiement ni héroïsme théâtral. Il y a plutôt une inquiétude étrange : non pas « vais-je sortir ? », mais « vais-je parler comme je dois parler ? ». Un homme dont la seule angoisse est de mal représenter son Maître.

Le détail

« À bouche ouverte ». L'expression est étrange en français, et elle l'est aussi en grec. On dirait presque une redondance : parler suppose d'ouvrir la bouche. Mais l'image est physique, corporelle. Elle évoque celui qui inspire profondément avant de prendre la parole, celui dont la mâchoire ne reste pas crispée. C'est le geste de quelqu'un qui n'a rien à cacher et rien à ménager. Dans un tribunal romain, l'accusé mesure ses mots, choisit ses formules, protège ses arrières. Paul demande l'inverse : une parole non retenue, sans calcul de survie. Les chaînes tiennent ses mains ; sa bouche, elle, doit rester libre. Et cette liberté-là, il faut la demander à Dieu.

Le contexte

Nous sommes autour de l'an 60, probablement à Rome, où Paul attend son procès en résidence surveillée, un soldat attaché à lui. Éphèse est à des semaines de voyage : une grande cité portuaire, centre du culte d'Artémis, où l'Église est jeune et minoritaire. Les destinataires viennent de lire une longue description de l'armure de Dieu, ce combat contre les principautés et les autorités. Et voilà que le grand stratège de ce combat révèle sa position réelle : prisonnier, dépendant, ayant besoin qu'on prie pour lui. Le passage de l'armure à cette requête n'est pas une chute de ton. C'est la démonstration que la seule arme offensive de la liste, « l'épée de l'Esprit, qui est la parole de Dieu », se manie à genoux.

Réflexion

Où, cette semaine, votre bouche est-elle restée fermée, et qu'est-ce qui l'a fermée précisément : la peur, la fatigue, ou le calcul ?

Pour qui priez-vous concrètement, comme les Éphésiens pour Paul, afin que la parole lui soit donnée ?

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Questions fréquentes sur Ephesians 6:19

Des réponses rapides aux questions les plus courantes sur ce passage biblique.

Que signifie Éphésiens 6:19 ?
Après avoir demandé aux Éphésiens de prier « en tout temps, par l'Esprit » pour tous les saints, Paul ajoute une requête pour lui-même. Il ne demande pas la libération, ni le soulagement, ni même la protection. Il demande qu'une parole lui soit donnée : « afin qu'il me soit donné de parler à bouche ouverte pour donner à connaître avec hardiesse le mystère de l'évangile ».
De quoi parle Éphésiens 6:19 ?
Remarquez la construction passive : « qu'il me soit donné ». Paul ne dit pas « que je trouve le courage » ou « que je sache quoi dire ». La parole est un don, pas une compétence. Voilà qui devrait ébranler notre confiance dans la préparation et la technique.
Quel est le contexte historique de Éphésiens 6:19 ?
Le « mystère de l'évangile » n'est pas une énigme réservée aux initiés. Dans le vocabulaire de Paul, un mystère est un secret que Dieu a longtemps gardé et qu'Il vient de dévoiler. Au chapitre 3 de cette même lettre, il l'avait défini : les nations sont cohéritières avec Israël, un seul corps en Christ.
Que nous enseigne Éphésiens 6:19 sur le caractère de Dieu ?
Vous avez sans doute déjà eu cette bouche fermée. Au travail, quand la conversation glisse vers la foi et que vous laissez passer, en vous disant que le moment est mal choisi. À table, avec ce beau-frère qui provoque. Devant vos propres enfants, quand il faudrait dire pourquoi vous croyez, et non seulement que vous croyez.
En quoi Éphésiens 6:19 reste-t-il pertinent aujourd'hui ?
Paul écrit depuis la détention. Le verset suivant le dit sans détour : « je suis un ambassadeur lié de chaînes ». C'est une image presque comique, puisqu'un ambassadeur est par définition inviolable ; on n'enchaîne pas un ambassadeur, on le renvoie. Paul se sait représentant d'un royaume dont l'empire romain n'a pas encore compris l'existence.
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Réflexions, prières et actions de grâce des lecteurs et de l'équipe de rédaction sur ce passage.

Réflexion Éditorial le verset 15

« et ayant chaussé vos pieds de la préparation de l'évangile de paix ». Remarque : ce ne sont pas des armes qu'on te donne pour les pieds, mais des chaussures. De quoi tenir debout sans glisser, de quoi avancer. La paix de Dieu ne te garde pas immobile, elle te rend capable de marcher. Où veux-tu aller aujourd'hui ?

Merci Éditorial le verset 3

Merci, Père, pour la promesse attachée à l'obéissance : « afin que tu prospères et que tu vives longtemps sur la terre. » Merci pour mes parents, pour chaque jour reçu de ta main, et pour ta bonté qui accompagne un cœur qui honore.

Merci Éditorial le verset 14

Merci, Père, pour la vérité qui ceint mes reins et me tient debout quand tout vacille en moi. Merci pour la cuirasse de la justice, celle que Christ m'a donnée et non celle que j'aurais dû gagner. Je peux tenir ferme aujourd'hui parce que tu m'as revêtu.

Prière Éditorial le verset 13

Père, il y a des jours où je me sens sans défense. Revêts-moi de ce que tu donnes, ta vérité, ta paix, ta force, pour que je tienne debout quand tout pousse à céder. Et quand j'aurai tout traversé, garde-moi encore près de toi.

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