Exode 3:14
Le fil rouge
Le Nom donné au buisson n'est pas une information, c'est un engagement. « Je suis celui qui suis » : en hébreu, le verbe ehyeh signifie aussi bien « je suis » que « je serai », et il vient d'être employé deux versets plus haut, quand Dieu répond à la peur de Moïse : « Parce que je serai avec toi ». Le Nom et la promesse sont taillés dans le même mot. Dieu ne se définit pas comme une essence flottante mais comme Celui qui sera là, demain, en Égypte, devant le Pharaon. Toute l'histoire du salut avance ensuite sur ce rail : le Dieu qui descend, qui accompagne, qui campe au milieu de son peuple, et qui finalement prend chair. Quand Jésus dit à ses adversaires « avant qu'Abraham fût, je suis » (Jean 8.58), il ne bricole pas une formule mystique ; il pose sa main sur le buisson. Et il pousse le Nom jusqu'au bout : Celui qui est devient Celui qui meurt pour ceux qu'Il a vus souffrir.
Le miroir
Ce Nom coupe deux illusions qui structurent nos journées. La première : croire que Dieu est une ressource à mobiliser. Nous avons tous une manière polie d'utiliser Dieu, dans une négociation salariale, dans un conflit familial, dans nos décisions financières, comme on invoque un appui utile. Un Dieu qui se nomme « Je suis celui qui suis » refuse d'être un moyen. Vous ne pouvez pas Le mettre à votre service ; vous pouvez seulement entrer dans le Sien. La seconde illusion est l'inverse : croire que votre présence auprès des autres se mesure à vos capacités. Moïse demandait « Qui suis-je, moi ? » et Dieu ne répond pas en corrigeant l'estime de soi de Moïse, mais en donnant son propre Nom. Ce qui vaut pour Dieu vaut, par imitation, pour nous : la fidélité n'est pas d'abord une compétence, c'est un « je serai là » tenu. La plupart de nos manquements envers un enfant, un collègue, un parent malade, ne sont pas des trahisons spectaculaires mais des absences douces, indéfiniment reportées.
Aujourd'hui : pensez à la personne à qui vous avez dit « on se voit bientôt » sans jamais fixer de date. Envoyez-lui maintenant un message avec un jour et une heure précis, et rien d'autre.
La question
Dieu répond-il vraiment à Moïse, ou esquive-t-il ? La demande était pratique : les esclaves voudront un nom, quelque chose de saisissable. Et la réponse tourne sur elle-même comme une porte qui ne s'ouvre pas : « Je suis celui qui suis ». On peut lire là un refus. Dans le monde antique, connaître le nom d'un dieu, c'était disposer d'une prise, d'une formule, d'un levier rituel. Dieu se soustrait à cette prise. Mais il serait malhonnête de conclure qu'Il se dérobe : au verset suivant Il donne bien un nom prononçable, celui de l'Éternel, le Dieu d'Abraham, d'Isaac et de Jacob, et Il ajoute « c'est là mon nom éternellement ». Il se donne donc, mais sans se livrer. Reste une gêne que le texte ne dissipe pas : nous voudrions un Dieu identifiable, et nous recevons un Dieu fidèle. Ce n'est pas la même chose, et cela nous laisse plus démunis que nous l'espérions.
Le personnage principal
Le personnage central de ce verset, c'est Dieu, et son portrait est étrangement double. D'un côté une souveraineté sans appui extérieur : Il ne se présente ni par ses œuvres, ni par un territoire, ni par une fonction, comme le faisaient les dieux des nations. Il est, tout simplement, et Il l'est par Lui-même. De l'autre, une implication brûlante : quelques versets plus haut, « j'ai vu, j'ai vu l'affliction de mon peuple », « je connais ses douleurs ». Le Dieu qui n'a besoin de personne est celui qui descend pour des briquetiers anonymes. Il n'est pas ému par faiblesse, comme nous le sommes quand nous avons besoin d'être utiles ; Il choisit librement de connaître la douleur d'autrui. Voilà le paysage spirituel de ce Nom : une liberté totale qui se dépense en compassion concrète. C'est le contraire du dieu lointain, et le contraire du dieu domestiqué.
Le détail
Ne passez pas trop vite sur la seconde moitié du verset : « Tu diras ainsi aux fils d'Israël : Je suis m'a envoyé vers vous. » Grammaticalement, c'est bancal. Une phrase entière, « Je suis », se trouve soudain à la place d'un sujet, comme un bloc qu'on aurait posé là. Dieu rétrécit sa propre déclaration pour qu'elle tienne dans le langage d'un esclave épuisé. Il ne demande pas aux Hébreux de comprendre l'être divin ; Il leur demande de retenir deux mots et un envoyé. C'est déjà l'économie de l'incarnation : l'infini se plie à la mesure de ceux qui doivent l'entendre. Et pour Moïse, cela signifie qu'il partira sans dossier, sans démonstration, avec une phrase presque nue dans la bouche. Souvent, ce que Dieu nous confie ressemble à cela : peu de matière, beaucoup de Nom.
Réflexion
Où, cette semaine, avez-vous traité Dieu comme un moyen plutôt que comme Celui qui est ?
À qui votre « je serai là » a-t-il cessé d'être crédible, et qu'est-ce qui vous empêche de le rendre concret ?
Des livres chrétiens à découvrir
Des livres choisis avec soin, disponibles dans votre langue.
Ce récit intime de conversion invite le lecteur à contempler la grâce de Dieu qui transforme les cœurs les plus tourmentés.
Cette allégorie intemporelle éclaire chaque étape de la vie chrétienne, des combats aux joies célestes.
Les Fondements du christianisme
Lewis expose avec clarté et humour les vérités essentielles de la foi, affermissant l'intelligence et le cœur.
Ces lettres pleines d'esprit démasquent les ruses spirituelles quotidiennes et encouragent la vigilance dans la foi.
Un compagnon de méditation qui appelle à une intimité profonde et humble avec le Christ.
Faith.network earns a small commission on Kobo purchases made through these links, at no extra cost to you. It helps keep the studies free.
Questions fréquentes sur Exodus 3:14
Des réponses rapides aux questions les plus courantes sur ce passage biblique.
Que signifie Exode 3:14 ?
De quoi parle Exode 3:14 ?
Quel est le contexte historique de Exode 3:14 ?
Que nous enseigne Exode 3:14 sur le caractère de Dieu ?
En quoi Exode 3:14 reste-t-il pertinent aujourd'hui ?
Qu'est-ce qui vous touche dans Exodus 3 ?
Aucune réflexion n'a encore été partagée sur ce passage. Soyez le premier à laisser quelque chose : une réflexion, une prière ou une action de grâce.
Explorer ce passage à un autre niveau
Débutant, théologien, ou une autre longueur de lecture ? Ajustez les paramètres et générez votre propre version.
Ouvrir dans l'outil d'étude