Explication biblique

Jérémie 31:39

Bible

Le texte

Le cordeau de l'arpenteur, cette longue corde nouée que l'on tend entre deux piquets, sort une fois de plus. Il part droit devant, « vis-à-vis d'elle », vers une hauteur appelée Gareb, puis il tourne, il fait le tour jusqu'à Goath. Rien de plus : pas de vision de gloire, pas de trône, pas d'anges. Un géomètre au travail sur une colline, qui note un angle et poursuit son tracé. Le verset appartient à un relevé topographique commencé au verset 38, de la tour de Hananeël à la porte du coin, et qui s'achèvera au verset 40 dans la vallée des cadavres. Dieu dicte les limites d'une ville qui, au moment où Il parle, n'est plus qu'un tas de pierres noircies.

Le cœur

Voilà ce qui saisit : la promesse est arpentée. Le même Seigneur qui disait avoir veillé « pour arracher, et pour démolir, et pour renverser » annonce maintenant qu'Il veillera « pour bâtir et pour planter », et Il le prouve en tenant le cordeau Lui-même. La grâce, ici, n'a rien de vaporeux ; elle a des mètres, des angles, des noms de lieux que nous ne savons même plus situer sur une carte. Gareb et Goath sont probablement des collines de rebut, du côté des dépotoirs et des fosses. Le tracé divin ne les évite pas, il les englobe. Un Dieu qui mesure est un Dieu qui s'engage sur du terrain, pas sur des sentiments : ce qu'Il restaure aura une adresse, une frontière, une existence vérifiable.

Le fil conducteur

Dans toute la Bible, quand Dieu sort le cordeau, ce n'est pas pour condamner mais pour reprendre possession. Le prophète Zacharie verra plus tard un homme muni d'un cordeau, parti mesurer Jérusalem, et il apprendra que la ville sera trop grande pour ses murs : la mesure divine déborde toujours les plans humains. Et l'Apocalypse s'achève sur une ville mesurée, longueur, largeur, hauteur, comme si le dernier geste de l'histoire était encore celui d'un arpenteur. Entre les deux, il y a Celui qui a dit de Son corps qu'il était le temple, et qui a été exécuté justement là, dehors, du côté des collines de rebut où le cordeau de Jérémie tourne. Le tracé passe par le lieu de l'immondice parce que le Sauveur y passera aussi.

Le miroir

Nous avons tous une zone que nous excluons du relevé. Le mariage dont il ne reste que la politesse, l'année où vous avez tout perdu et dont vous ne parlez plus, ce fils qui ne répond pas, le corps qui a lâché avant l'âge prévu, cette dette qui empoisonne chaque virement bancaire. Nous consentons volontiers à ce que Dieu rebâtisse la tour de Hananeël, la partie présentable ; Gareb et Goath, nous préférons les laisser hors plan. Or le texte ne connaît pas de zone hors plan. Le cordeau « fera le tour », littéralement il contourne pour englober, il ne coupe pas court. Aujourd'hui : prenez un papier, écrivez le nom de l'endroit ou de la personne que vous avez rayés de votre carte, et dites-le à voix haute une seule fois : « Le cordeau passe aussi ici. » Puis gardez le papier dans votre Bible.

Le contexte

Nous sommes vers 587 avant notre ère, ou tout près. Les armées de Babylone campent autour de Jérusalem depuis des mois ; Jérémie est enfermé dans la cour de la prison, considéré comme un défaitiste. Dans la ville, on mange ce qu'on trouve. Dehors, la vallée à l'est sert depuis longtemps de dépotoir : cendres des sacrifices, carcasses, ordures, et bientôt les corps de ceux que la famine emporte. L'odeur fait partie du paysage. Or l'arpenteur, dans ce monde-là, est l'homme du vainqueur : c'est lui qui vient tendre la corde pour redistribuer les terres au profit de l'empire. Les auditeurs de Jérémie savent parfaitement à quoi ressemble un cadastre de conquête. Et voilà que le cordeau qui sort n'est pas celui de Nebucadnetsar.

La question

Le verset 40 promet que la ville « ne sera plus arrachée ni renversée, à jamais ». Elle l'a été. En 70, les légions romaines ont fait pire que Babylone. On peut expliquer, distinguer les niveaux d'accomplissement, renvoyer à la Jérusalem d'en haut, et ce n'est pas faux. Mais il faut d'abord laisser la contradiction faire son bruit. Dieu donne des noms de collines vérifiables, puis l'histoire semble Lui donner tort sur le terrain même qu'Il a mesuré. Ce que le texte refuse de nous laisser, c'est le confort d'une promesse purement intérieure. Il insiste sur la géographie et échoue apparemment sur la géographie. Peut-être est-ce précisément la forme que prend la fidélité de Dieu : elle s'engage toujours plus loin dans le concret que nos catégories ne peuvent le suivre.

Le profil

Pour un déporté assis au bord d'un canal babylonien, Gareb et Goath ne sont pas des énigmes d'atlas. C'est le nom du talus derrière lequel il jouait, le coude de chemin où sa mère achetait des figues. Quand nous lisons ces noms, nous butons ; lui pleurait. Entendez ce qu'il entend : Dieu connaît encore le tracé. Il n'a pas seulement retenu le principe d'Israël, Il a retenu l'emplacement de la porte des chevaux. Un peuple humilié apprend là que son Dieu n'a pas la mémoire vague des puissants, mais la mémoire précise de celui qui aime un lieu. Voilà pourquoi ce catalogue sec est, pour eux, la page la plus tendre du chapitre.

Réflexion

Quel « Gareb » de votre vie tenez-vous délibérément hors du relevé, et qu'est-ce que vous craignez si Dieu y tend Son cordeau ?

Vos prières ressemblent-elles davantage à des sentiments ou à un cadastre : nommez-vous des lieux, des personnes, des dates précises devant Dieu ?

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Questions fréquentes sur Jeremiah 31:39

Des réponses rapides aux questions les plus courantes sur ce passage biblique.

Que signifie Jérémie 31:39 ?
Le cordeau de l'arpenteur, cette longue corde nouée que l'on tend entre deux piquets, sort une fois de plus. Il part droit devant, « vis-à-vis d'elle », vers une hauteur appelée Gareb, puis il tourne, il fait le tour jusqu'à Goath. Rien de plus : pas de vision de gloire, pas de trône, pas d'anges.
De quoi parle Jérémie 31:39 ?
Dans toute la Bible, quand Dieu sort le cordeau, ce n'est pas pour condamner mais pour reprendre possession. Le prophète Zacharie verra plus tard un homme muni d'un cordeau, parti mesurer Jérusalem, et il apprendra que la ville sera trop grande pour ses murs : la mesure divine déborde toujours les plans humains.
Quel est le contexte historique de Jérémie 31:39 ?
Nous sommes vers 587 avant notre ère, ou tout près. Les armées de Babylone campent autour de Jérusalem depuis des mois ; Jérémie est enfermé dans la cour de la prison, considéré comme un défaitiste. Dans la ville, on mange ce qu'on trouve. Dehors, la vallée à l'est sert depuis longtemps de dépotoir : cendres des sacrifices, carcasses, ordures, et bientôt les corps de ceux que la famine emporte.
Que nous enseigne Jérémie 31:39 sur le caractère de Dieu ?
Pour un déporté assis au bord d'un canal babylonien, Gareb et Goath ne sont pas des énigmes d'atlas. C'est le nom du talus derrière lequel il jouait, le coude de chemin où sa mère achetait des figues. Quand nous lisons ces noms, nous butons ; lui pleurait. Entendez ce qu'il entend : Dieu connaît encore le tracé.
En quoi Jérémie 31:39 reste-t-il pertinent aujourd'hui ?
Vos prières ressemblent-elles davantage à des sentiments ou à un cadastre : nommez-vous des lieux, des personnes, des dates précises devant Dieu ?
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Réflexion Éditorial le verset 36

Demain matin, le soleil se lèvera. Il n'a rien demandé, il n'a pas hésité. « Si jamais ces ordonnances s'éloignent de devant moi, dit l'Éternel, la semence d'Israël cessera aussi d'être une nation devant moi pour toujours. » Dieu accroche sa fidélité à ce que tu vois chaque jour. Ton cœur vacille, pas les étoiles.

Réflexion Éditorial le verset 20

« Éphraïm est-il pour moi un fils précieux, un enfant de mes délices ? » Dieu dit cela d'un peuple qui l'a abandonné. Et il ajoute : chaque fois qu'il doit le reprendre, il se souvient encore de lui, ses entrailles s'émeuvent. Tu penses que ta chute a éteint sa tendresse ? Elle la remue.

Réflexion Éditorial le verset 37

« Si les cieux là-haut peuvent être mesurés, et les fondements de la terre sondés en bas, alors moi aussi je rejetterai toute la semence d'Israël, à cause de tout ce qu'ils ont fait, dit l'Éternel. » Remarque bien: il n'oublie pas ce qu'ils ont fait. Il le nomme, et il reste quand même. Ton échec ne mesure pas son attachement. Va donc, essaie de compter le ciel.

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