Jérémie 31:38
Le Texte
Un homme se tient dans des gravats et entend une phrase d'arpenteur. « Voici, les jours viennent, dit l'Éternel, où la ville sera bâtie à l'Éternel depuis la tour de Hananeël jusqu'à la porte du coin. » Deux points de repère, rien de plus : une tour à l'angle nord-est de Jérusalem, une porte à l'angle nord-ouest. Entre les deux, la ligne de muraille par laquelle l'ennemi est entré, le côté faible, le côté honteux. Dieu annonce que cette ligne-là sera relevée, et qu'elle sera relevée pour Lui. Ce n'est pas une vision de nuages ni un poème sur l'espérance en général : c'est un cadastre. Le verset suivant sort même le cordeau à mesurer.
Le Cœur
Remarquez ce petit mot que l'on saute presque toujours : la ville sera bâtie à l'Éternel. Non pas rebâtie pour la sécurité de Juda, ni pour la fierté nationale, ni pour que le commerce reprenne à la porte du coin. Bâtie pour Lui. Dieu reprend possession du terrain qu'Il avait Lui-même livré aux démolisseurs, et Il le fait en propriétaire, pas en consolateur vague. Voilà ce que dit ce verset sur Dieu : Sa grâce a des coordonnées. Elle ne planera pas au-dessus du désastre, elle se pose exactement là où le mur a cédé. Et elle prend l'initiative du chantier : le sujet du verbe n'est pas le peuple qui se relève, mais l'Éternel qui décide de bâtir sur des cendres qu'Il connaît par leur nom de rue.
Le Fil Rouge
Jérémie mesure une muraille ; il ne sait pas encore qu'il décrit une manière de faire propre à Dieu. Ce qui a été arraché sera bâti, et bâti plus solide, et bâti pour Lui. Le chapitre l'avait déjà dit autrement : « je veillerai sur eux pour bâtir et pour planter ». La même main tient la pioche et la truelle. Des siècles plus tard, un homme se tient dans le temple de cette même ville et dit : détruisez ce sanctuaire, en trois jours je le relèverai, et Jean précise qu'Il parlait de Son corps (Jean 2.19-21). Le tracé de Hananeël à la porte du coin trouve là son point de fuite : Dieu rebâtit en passant par la ruine, pas en la contournant. La pierre angulaire sera posée dans un tombeau.
Le Miroir
Il y a dans nos vies des lignes de muraille précises que nous préférerions laisser en friche. Le mariage qui s'est effondré à un endroit que vous pourriez pointer sur un calendrier. Le poste que vous avez perdu. Le fils qui ne rappelle plus. La zone du corps que le médecin a nommée. Nous voulons bien croire à une espérance générale, une paix diffuse, un « ça ira ». Ce verset refuse ce confort : Dieu ne promet pas un vague mieux-être, Il promet de rebâtir cette portion-là de mur, celle par laquelle vous avez été envahi, et de la Lui consacrer. Cela dérange, parce que cela veut dire qu'Il compte y travailler. Aujourd'hui : prenez une feuille, écrivez les deux repères de votre propre brèche, la date où elle s'est ouverte et le nom de ce qui est tombé, puis écrivez dessous « bâtie à l'Éternel », et priez trente secondes sur ces mots.
Le Profil
Les premiers auditeurs connaissaient ces deux noms comme vous connaissez les arrêts de votre ligne de bus. La tour de Hananeël, la porte du coin : le secteur nord, le flanc sans ravin, le point par lequel toute armée montait. Ils avaient vu les Babyloniens y ouvrir le mur. Certains lisaient ces mots depuis Babylone, avec dans la tête l'odeur de l'incendie. Quand un exilé entend « depuis la tour de Hananeël jusqu'à la porte du coin », il ne pense pas à une métaphore ; il revoit des pierres noircies et il comprend que Dieu n'a pas oublié la topographie de sa honte. Une promesse sans adresse les aurait laissés froids. Celle-ci les prend à la gorge, parce qu'elle nomme précisément l'endroit où Dieu Lui-même les avait frappés.
La Question
Et si la ville, une fois rebâtie, retombait ? Elle est retombée. Les murs relevés au temps de Néhémie ont été abattus par Rome, puis d'autres après. Le verset 40 pourtant jure : « elle ne sera plus arrachée ni renversée, à jamais ». Que faire de cet écart ? On peut le trancher trop vite en disant : c'était spirituel depuis le début. Mais Jérémie a écrit des noms de rues, pas des symboles. Il faut plutôt tenir les deux : Dieu a réellement tenu Sa parole dans la pierre, et Sa parole était plus grande que la pierre. Le « à jamais » n'est pas encore accompli, et Jérémie ne nous dit pas comment il le sera. Nous vivons entre la promesse mesurée et la muraille qui tient encore mal. C'est inconfortable, et c'est honnête.
L'Intertexte
Zacharie, une génération plus tard, voit un homme partir avec un cordeau pour mesurer Jérusalem, et un ange l'arrête : cette ville débordera ses murs, l'Éternel sera Lui-même son rempart de feu (Zacharie 2). Le geste de Jérémie 31.39 est repris, puis dépassé. Et à la dernière page de la Bible, un ange mesure encore une ville, mais elle descend du ciel, elle est cubique comme un sanctuaire, et il n'y a plus de temple dedans parce que Dieu et l'Agneau en sont le temple (Apocalypse 21). Le fil est net : l'arpentage commence dans les gravats de Jérusalem et s'achève dans une cité entière consacrée. « Bâtie à l'Éternel » : c'était le plan dès le début.
Réflexion
Quelle brèche précise de votre histoire refusez-vous de nommer devant Dieu, et pourquoi préférez-vous une espérance sans adresse ?
Si Dieu rebâtit « à Lui » et non pour votre confort, qu'est-ce que cela change à ce que vous Lui demandez en ce moment ?
Des livres chrétiens à découvrir
Des livres choisis avec soin, disponibles dans votre langue.
En attendant Noël : 25 lectures de l'Avent guidées par l'Évangile selon Luc. Une promesse faite à David, tenue dans une mangeoire. Chaque jour, un...
Ce récit intime de conversion invite le lecteur à contempler la grâce de Dieu qui transforme les cœurs les plus tourmentés.
Cette allégorie intemporelle éclaire chaque étape de la vie chrétienne, des combats aux joies célestes.
Les Fondements du christianisme
Lewis expose avec clarté et humour les vérités essentielles de la foi, affermissant l'intelligence et le cœur.
Ces lettres pleines d'esprit démasquent les ruses spirituelles quotidiennes et encouragent la vigilance dans la foi.
Un compagnon de méditation qui appelle à une intimité profonde et humble avec le Christ.
Faith.network earns a small commission on Kobo purchases made through these links, at no extra cost to you. It helps keep the studies free.
Questions fréquentes sur Jeremiah 31:38
Des réponses rapides aux questions les plus courantes sur ce passage biblique.
Que signifie Jérémie 31:38 ?
De quoi parle Jérémie 31:38 ?
Quel est le contexte historique de Jérémie 31:38 ?
Que nous enseigne Jérémie 31:38 sur le caractère de Dieu ?
En quoi Jérémie 31:38 reste-t-il pertinent aujourd'hui ?
Ce que la communauté partage sur Jeremiah 31
Réflexions, prières et actions de grâce des lecteurs et de l'équipe de rédaction sur ce passage.
Demain matin, le soleil se lèvera. Il n'a rien demandé, il n'a pas hésité. « Si jamais ces ordonnances s'éloignent de devant moi, dit l'Éternel, la semence d'Israël cessera aussi d'être une nation devant moi pour toujours. » Dieu accroche sa fidélité à ce que tu vois chaque jour. Ton cœur vacille, pas les étoiles.
« Éphraïm est-il pour moi un fils précieux, un enfant de mes délices ? » Dieu dit cela d'un peuple qui l'a abandonné. Et il ajoute : chaque fois qu'il doit le reprendre, il se souvient encore de lui, ses entrailles s'émeuvent. Tu penses que ta chute a éteint sa tendresse ? Elle la remue.
« Si les cieux là-haut peuvent être mesurés, et les fondements de la terre sondés en bas, alors moi aussi je rejetterai toute la semence d'Israël, à cause de tout ce qu'ils ont fait, dit l'Éternel. » Remarque bien: il n'oublie pas ce qu'ils ont fait. Il le nomme, et il reste quand même. Ton échec ne mesure pas son attachement. Va donc, essaie de compter le ciel.
Explorer ce passage à un autre niveau
Débutant, théologien, ou une autre longueur de lecture ? Ajustez les paramètres et générez votre propre version.
Ouvrir dans l'outil d'étude
