Explication biblique

Jérémie 48

Bible
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Le Texte

Un cri monte de Nebo, puis de Horonaïm, puis de la montée de Lukhith, et il se propage de ville en ville comme un incendie dans les chaumes : Moab est dévasté. L'Éternel énumère les cités une à une, Dibon, Kerijoth, Botsra, « toutes les villes du pays de Moab, éloignées et proches », et fait tomber l'orgueil d'un peuple qui se croyait vaillant, son dieu Kemosh emmené en captivité avec ses prêtres. Puis, à la toute dernière ligne, après quarante-six versets de ruine, une phrase que personne n'attendait : « je rétablirai les captifs de Moab à la fin des jours ».

Imaginez la scène du verset 19. Une femme sort d'Aroër, se poste au bord de la route et attend. Des silhouettes arrivent, couvertes de poussière, et elle les attrape par le bras : « Qu'est-il arrivé ? » Elle ne sait pas encore. Nous, lecteurs, nous savons déjà.

Le Cœur

Ce chapitre dit quelque chose de dérangeant et de libérateur à la fois : le Dieu d'Israël n'est pas une divinité tribale. Il juge Moab, un peuple qui ne possède ni Loi ni alliance ni prophètes, et Il le juge au nom d'une exigence que Moab aurait pu connaître sans Sinaï : ne pas s'exalter contre son Créateur, ne pas se moquer du malheur du voisin. « Moab sera détruit de manière à n'être plus un peuple, car il s'est exalté contre l'Éternel. » L'orgueil n'est pas un défaut de caractère, c'est une révolte.

Mais le même texte refuse le triomphalisme. Au verset 36, Celui qui frappe gémit : « mon cœur bruira sur Moab comme des flûtes ». Les flûtes, dans ce monde, c'est l'instrument des funérailles. Dieu joue la musique d'un enterrement qu'Il a Lui-même ordonné. Tenez les deux ensemble, sans en lâcher un : voilà le cœur du chapitre.

Le Fil Conducteur

Moab descend de Lot, le neveu d'Abraham. C'est de la famille, de la famille éloignée et hostile, celle qui refusa le passage à Israël sortant d'Égypte. Et pourtant Ruth la Moabite entre dans la lignée de David, donc dans la généalogie de Jésus. Le dernier mot du chapitre, cette restauration promise « à la fin des jours », n'est donc pas un ornement sentimental collé à la fin d'une sentence : c'est la trace d'un projet plus large que l'alliance avec Israël. Dieu démolit l'idole Kemosh non pour laisser un vide, mais pour qu'une place s'ouvre. L'évangile qui ira vers les nations ne commence pas à la Pentecôte; il est déjà là, en filigrane, dans cette phrase lâchée après le dernier hurlement.

Le Miroir

Le verset 11 devrait nous faire peur plus que les villes en flammes : « Moab a été à son aise dès sa jeunesse, et tranquille sur sa lie ; il n'a pas été versé de vase en vase. » Voilà le portrait d'une vie confortable. Pas méchante. Confortable. Le salaire tombe, la santé tient, les enfants vont bien, la foi reste une habitude agréable qu'on n'a jamais eu à défendre. Et le goût ne change pas. Et le parfum reste le même. Rien ne bouge, donc rien ne mûrit.

Demandez-vous sincèrement où vous avez cessé d'être transvasé. Quel domaine de votre vie n'a plus été remué depuis dix ans, parce que vous avez soigneusement organisé votre existence pour qu'il ne le soit pas.

Aujourd'hui : écrivez sur un papier le nom d'une personne dont vous avez secrètement savouré la chute, un collègue, un frère dans l'église, un membre de votre famille. Puis priez pour sa bénédiction à voix haute. Le verset 27 reproche exactement cela à Moab : « chaque fois que tu as parlé de lui, tu as secoué la tête ».

Le Détail

« Tranquille sur sa lie. » Le vigneron sait de quoi il s'agit. Le vin nouveau repose sur son dépôt, et au bout d'un temps il faut le transvaser, sinon il tourne, il s'épaissit, il prend un goût de moisi. Moab n'a jamais été déplacé : jamais de déportation, jamais d'exil, toujours les mêmes collines, le même Kemosh, les mêmes vignes de Sibma dont les sarments s'étendaient jusqu'à la mer. Le résultat n'est pas la maturité, c'est la stagnation. Alors Dieu annonce des « transvaseurs ». Et notez la brutalité de l'image : ils ne se contentent pas de verser, ils « briseront ses cruches ». Dieu ne réforme pas toujours en douceur ce qui a pris le goût de l'immobilité.

La Question

Le verset 10 est insoutenable : « Maudit celui qui retiendra son épée loin du sang ! » Une bénédiction sur le soldat zélé, une malédiction sur celui qui hésite à tuer. Je ne vais pas l'arrondir. Ce verset a servi à bénir des massacres, et ceux qui l'ont utilisé ainsi ont oublié qui parle et de qui. Ce n'est pas un permis donné à l'homme en colère; c'est le jugement de Dieu confié à un empire païen comme instrument, Babylone, qui sera jugée à son tour deux chapitres plus loin. Mais cela ne rend pas la phrase douce. Elle reste là, dure comme une pierre dans la bouche, et elle nous rappelle que la Bible ne nous offre pas un Dieu domestiqué. Nous pouvons refuser de nous en servir. Nous ne pouvons pas la faire disparaître.

Contexte

Nous sommes vers 582 avant Jésus-Christ, quelques années après la chute de Jérusalem. Moab occupe le plateau à l'est de la mer Morte, un pays de vignes et de pâturages, protégé par des ravins, suffisamment à l'écart des grandes routes pour avoir traversé les siècles sans véritable catastrophe. Quand Jérusalem brûle, les Moabites regardent d'en face, de l'autre côté du Jourdain, et ils se réjouissent : le Dieu de Juda a perdu, Kemosh tient bon. Puis les armées de Nebucadnetsar remontent vers eux. Jérémie, prophète méprisé dans son propre pays, se met à hurler pour les ennemis de son peuple. Après ce chapitre, Moab disparaît de l'histoire comme nation. Il ne reste qu'une promesse.

Réflexion

Où, dans ma vie, suis-je « tranquille sur ma lie », et qu'est-ce que je redoute le plus de voir transvasé ?

Suis-je capable de pleurer sur la chute de quelqu'un que je considère comme un adversaire, comme Dieu pleure sur Moab avec des flûtes ?

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Questions fréquentes sur Jeremiah 48

Des réponses rapides aux questions les plus courantes sur ce passage biblique.

Que signifie Jérémie 48 ?
Un cri monte de Nebo, puis de Horonaïm, puis de la montée de Lukhith, et il se propage de ville en ville comme un incendie dans les chaumes : Moab est dévasté. L'Éternel énumère les cités une à une, Dibon, Kerijoth, Botsra, « toutes les villes du pays de Moab, éloignées et proches », et fait tomber l'orgueil d'un peuple qui se croyait vaillant, son dieu Kemosh emmené en captivité avec ses prêtres.
De quoi parle Jérémie 48 ?
Mais le même texte refuse le triomphalisme. Au verset 36, Celui qui frappe gémit : « mon cœur bruira sur Moab comme des flûtes ». Les flûtes, dans ce monde, c'est l'instrument des funérailles. Dieu joue la musique d'un enterrement qu'Il a Lui-même ordonné. Tenez les deux ensemble, sans en lâcher un : voilà le cœur du chapitre.
Quel est le contexte historique de Jérémie 48 ?
Demandez-vous sincèrement où vous avez cessé d'être transvasé. Quel domaine de votre vie n'a plus été remué depuis dix ans, parce que vous avez soigneusement organisé votre existence pour qu'il ne le soit pas.
Que nous enseigne Jérémie 48 sur le caractère de Dieu ?
Le verset 10 est insoutenable : « Maudit celui qui retiendra son épée loin du sang ! » Une bénédiction sur le soldat zélé, une malédiction sur celui qui hésite à tuer. Je ne vais pas l'arrondir. Ce verset a servi à bénir des massacres, et ceux qui l'ont utilisé ainsi ont oublié qui parle et de qui.
En quoi Jérémie 48 reste-t-il pertinent aujourd'hui ?
Suis-je capable de pleurer sur la chute de quelqu'un que je considère comme un adversaire, comme Dieu pleure sur Moab avec des flûtes ?
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Ce que la communauté partage sur Jeremiah 48

Réflexions, prières et actions de grâce des lecteurs et de l'équipe de rédaction sur ce passage.

Prière Éditorial le verset 34

Père, tu entends les cris qui montent, même ceux que personne d'autre n'écoute. Là où nos sources se sont taries et où la joie s'est retirée, viens. Fais couler de nouveau ta vie dans les endroits desséchés de notre cœur.

Réflexion Éditorial le verset 37

Moab est jugée, et pourtant Dieu décrit son deuil avec une tendresse troublante: «Car toute tête est chauve, et toute barbe est coupée; sur toutes les mains il y a des incisions, et sur les reins, le sac.» Il compte chaque signe de douleur. Ton chagrin, même celui que tu as provoqué, ne Lui est jamais indifférent.

Réflexion Éditorial le verset 18

« Descends de ta gloire, et assieds-toi dans la soif, habitante, fille de Dibon ! » Moab vivait assise, tranquille, adossée à ses forteresses. Et voilà qu'il faut descendre, et redécouvrir la soif. Parfois une soif retrouvée vaut mieux qu'une gloire qui t'endort. Où es-tu assis aujourd'hui ?

Réflexion Éditorial le verset 6

Moab vivait tranquille, sûr de ses vignes et de ses forteresses. Et voici l'ordre : « Fuyez, sauvez vos vies, et soyez comme la bruyère dans le désert. » Survivre, oui, mais nu, dépouillé, sans rien de ce qui faisait sa fierté. Parfois Dieu sauve ainsi. Il t'arrache à ce qui te rassurait. Que te reste-t-il quand tout le confort tombe ? Peut-être enfin Lui.

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