Luc 2:29
Le texte
Un vieil homme tient un nourrisson de quarante jours dans ses bras, au milieu du va-et-vient du temple, et il parle comme quelqu'un qui vient de recevoir son congé. Siméon ne demande rien, ne réclame rien : il constate. « Maintenant, Seigneur, tu laisses aller ton esclave en paix selon ta parole. » L'Esprit lui avait promis qu'il ne verrait pas la mort avant d'avoir vu le Christ du Seigneur ; la promesse vient de se refermer sur elle-même, dans un poids de quelques kilos. Le verset ne parle pas d'un homme qui meurt, mais d'un homme qu'on relève de sa garde. La sentinelle a vu poindre ce qu'elle guettait, et on lui dit qu'elle peut descendre du rempart.
Le cœur
Ce que Siméon appelle la paix n'est pas un état d'âme, c'est un statut : sa tâche est terminée parce que Dieu a tenu parole. Remarquez qu'il ne dit pas « selon mon mérite » ni « selon mon attente », mais « selon ta parole ». Toute sa vie de juste et de pieux ne lui donne aucun droit sur cet instant ; c'est la promesse de Dieu, et elle seule, qui fixe le moment de la libération. Voilà pourquoi l'homme peut parler de sa propre mort sans trembler : elle n'est plus une interruption, mais une relève ordonnée par le Maître. Nous vivons souvent comme si notre paix dépendait de ce que nous avons accompli. Siméon la fait dépendre entièrement de ce que Dieu a apporté, et qu'il tient dans ses bras.
Le fil rouge
Tout ce que l'Ancien Testament attendait tient soudain dans deux bras usés. Les promesses faites à Abraham, la maison de David évoquée quelques versets plus haut, les prophètes qui annonçaient une consolation pour Israël : rien de tout cela n'aboutit à un système, à une loi améliorée ou à une victoire militaire, mais à un enfant qu'on peut porter. C'est là le scandale et la beauté du plan de Dieu : Il ne sauve pas à distance, Il vient en personne, et la première réaction humaine adéquate n'est pas la stratégie mais la bénédiction. Siméon est le dernier homme de l'ancienne alliance à parler, et il parle pour dire que son tour est fini. Le fil rouge ne se coupe pas ici, il change de mains.
Le miroir
Nous portons presque tous une liste secrète de choses que nous voulons voir avant de mourir : un enfant revenu à la foi, un mariage recousu, un travail qui prenne enfin sens, un diagnostic qui s'inverse, un père qui dise une seule fois ce qu'il n'a jamais dit. Cette liste n'est pas illégitime, Siméon en avait une, elle tenait en une ligne. Mais remarquez ce qui le libère : ce n'est pas que sa vie soit devenue complète, c'est qu'il a vu Celui en qui toutes les promesses sont déjà dites oui. Tant que notre paix attend nos accomplissements, elle sera toujours en retard d'une chose. Prenez une feuille, écrivez en une phrase ce que vous espérez encore voir avant de mourir, puis, la feuille à la main, lisez à voix haute : « Maintenant, Seigneur, tu laisses aller ton esclave en paix selon ta parole. »
La question
Siméon avait reçu une garantie personnelle, explicite, datée. Nous, non. Combien de croyants meurent avec la prière la plus profonde de leur vie restée sans réponse visible, la chaise vide encore vide, le nom encore absent. Faut-il conclure qu'ils sont morts sans paix ? Le texte ne permet pas cette conclusion, mais il ne fournit pas non plus de consolation bon marché. Ce que Siméon a vu de ses yeux, nous ne le voyons pas ; ce qu'il tenait dans ses bras, nous ne le tenons pas. Il reste que le salut qu'il a vu est le même, et qu'il a été préparé, dit-il, « devant la face de tous les peuples ». La distance entre cette certitude-là et notre attente personnelle demeure. Elle n'est pas comblée dans ce verset.
Le détail
« Ton esclave. » Le mot n'est pas décoratif. Le verbe que Siméon emploie, apolyō, « laisser aller », est le mot qu'on utilisait pour affranchir un esclave ou pour relever une garde de son poste. Siméon ne se voit pas comme un vieillard fatigué, mais comme un serviteur en service commandé, en faction depuis des années, à qui le Maître vient enfin de dire : tu peux partir. Et l'ordre de libération ne vient pas parce que le travail est terminé, mais parce que le Maître est arrivé. Il y a là une manière de vieillir et de mourir que notre culture ne connaît plus : non pas s'éteindre, mais être congédié avec honneur par Celui qui nous avait postés là.
L'intertexte
Jacob, retrouvant Joseph en Égypte, dit qu'il peut mourir maintenant qu'il a vu son visage : la même structure, un vieil homme, une longue attente, un « maintenant » qui désarme la mort. Mais Jacob revoyait un fils perdu ; Siméon voit un Fils donné, et pour le monde entier. L'autre écho est dans Jean 8, où Jésus dit qu'Abraham a tressailli de joie à la pensée de voir Son jour, et qu'il l'a vu. Abraham l'a vu de loin, en promesse ; Siméon le tient. C'est la même joie, à des siècles de distance, qui se resserre enfin sur son objet.
Réflexion
Qu'est-ce que vous attendez de voir avant de mourir, et que se passerait-il si Dieu vous laissait partir sans l'avoir vu ?
Siméon fonde sa paix sur « ta parole » et non sur sa piété. Sur quoi la vôtre repose-t-elle, concrètement, quand vous vous réveillez à trois heures du matin ?
Des livres chrétiens à découvrir
Des livres choisis avec soin, disponibles dans votre langue.
Ce récit intime de conversion invite le lecteur à contempler la grâce de Dieu qui transforme les cœurs les plus tourmentés.
Cette allégorie intemporelle éclaire chaque étape de la vie chrétienne, des combats aux joies célestes.
Les Fondements du christianisme
Lewis expose avec clarté et humour les vérités essentielles de la foi, affermissant l'intelligence et le cœur.
Ces lettres pleines d'esprit démasquent les ruses spirituelles quotidiennes et encouragent la vigilance dans la foi.
Un compagnon de méditation qui appelle à une intimité profonde et humble avec le Christ.
Faith.network earns a small commission on Kobo purchases made through these links, at no extra cost to you. It helps keep the studies free.
Questions fréquentes sur Luke 2:29
Des réponses rapides aux questions les plus courantes sur ce passage biblique.
Que signifie Luc 2:29 ?
De quoi parle Luc 2:29 ?
Quel est le contexte historique de Luc 2:29 ?
Que nous enseigne Luc 2:29 sur le caractère de Dieu ?
En quoi Luc 2:29 reste-t-il pertinent aujourd'hui ?
Qu'est-ce qui vous touche dans Luke 2 ?
Aucune réflexion n'a encore été partagée sur ce passage. Soyez le premier à laisser quelque chose : une réflexion, une prière ou une action de grâce.
Explorer ce passage à un autre niveau
Débutant, théologien, ou une autre longueur de lecture ? Ajustez les paramètres et générez votre propre version.
Ouvrir dans l'outil d'étude