Ce que Dieu ne rejette pas
Précieux aux yeux de Dieu
De courtes méditations pour se recueillir, tirées de passages bibliques dans Josué 14:12, Luc 2:34-35, Luc 15:8 and Ésaïe 53:3.
☀ Moment du matin
Et maintenant, donne-moi cette montagne dont l’Éternel a parlé en ce jour-là ; car tu as entendu, en ce jour-là, que les Anakim y sont, et de grandes villes fortes ; peut-être que l’Éternel sera avec moi, et je les déposséderai, comme l’Éternel a dit.
Josué 14:12
Quatre-vingt-cinq ans, debout devant Josué, et il ne demande pas une place tranquille pour finir ses jours. Il demande la montagne des Anakim, celle que tout Israël redoutait quarante ans plus tôt.
Caleb était l'un des douze envoyés pour explorer le pays promis. Dix revinrent terrifiés par les géants et les villes fortifiées. Lui et Josué crurent que Dieu tiendrait Sa promesse. Pour cette foi, Caleb a attendu quarante ans dans le désert, voyant mourir toute une génération, pendant que la promesse restait suspendue.
Ce qui frappe, c'est que l'attente n'a rien émoussé en lui. Il ne demande pas la part la plus facile du pays conquis. Il demande la plus difficile, celle où habitent encore les géants, parce que c'est là que Dieu l'a envoyé autrefois.
Un lundi matin ressemble parfois à cette montagne, des tâches qui semblent trop grandes, des géants qui n'ont pas de nom mais qui pèsent. Caleb montre qu'on peut vieillir sans perdre le courage, et qu'on peut avancer vers ce qui fait peur sans attendre que la peur disparaisse d'abord.
Aujourd'hui
Note aujourd'hui, sur un papier, la tâche ou la conversation de cette journée que tu redoutes le plus. Pose-le bien en vue sur ton bureau, et dis à voix haute, 'donne-moi cette montagne'.
✦ Moment du midi
Et Siméon les bénit et dit à Marie sa mère : Voici, celui-ci est mis pour la chute et le relèvement de plusieurs en Israël, et pour un signe que l’on contredira (et même une épée transpercera ta propre âme), en sorte que les pensées de plusieurs cœurs soient révélées.
Luc 2:34-35
Une bonne journée de travail, pense-t-on, est une journée sans accroc, où chaque dossier avance selon le planning. Dans le temple, ce jour-là, tout suit aussi une procédure réglée : les parents viennent accomplir le rite du rachat du premier-né, une formalité presque administrative, prévue par la loi depuis des siècles. Et c'est précisément dans ce geste routinier qu'un vieil homme vient tout interrompre.
Siméon prend l'enfant dans ses bras. Il bénit, oui, mais il ne s'arrête pas là. Il regarde Marie et lui dit une chose que personne n'avait demandée : une épée transpercera ton âme. Ce n'est pas un mot de consolation facile glissé entre midi et deux. C'est une parole qui coûte, prononcée par quelqu'un qui n'a plus rien à perdre ni à ménager.
Ce que ce vieil homme a attendu toute sa vie ne lui a pas appris à adoucir la vérité. Il l'a plutôt rendu capable de la dire au bon moment, sans détour, à la bonne personne.
Ta journée continue, les réunions s'enchaînent, les messages s'empilent. Mais quelque part aujourd'hui, une parole vraie attend peut-être d'être dite, une parole que tu repousses parce qu'elle dérangerait le rythme bien huilé. Ce texte ne te dit pas d'attendre un moment plus confortable.
Aujourd'hui
Ouvre maintenant ton agenda et bloque dix minutes, aujourd'hui même, pour dire en face à quelqu'un une vérité que tu remets depuis trop longtemps.
◐ Moment de l'après-midi
Ou quelle est la femme, qui, ayant dix drachmes, si elle perd une drachme, n’allume la lampe et ne balaie la maison, et ne cherche diligemment jusqu’à ce qu’elle l’ait trouvée ?
Luc 15:8
À quinze heures quarante-cinq, Sophie est à genoux sur le carrelage de la cuisine, la porte du frigo ouverte pour un peu plus de lumière, à chercher la boucle d'oreille de sa grand-mère, tombée ce matin quelque part entre la table et l'évier.
C'est exactement ce que fait cette femme dans la parabole. Une maison de cette époque n'avait presque pas de fenêtres, le sol était en terre battue. Une pièce de monnaie pouvait rouler dans une fente et disparaître sous la poussière. Alors elle allume une lampe en plein jour, et elle balaie toute la maison, centimètre par centimètre, jusqu'à ce qu'elle entende le tintement.
Le détail qu'on saute facilement, c'est que c'est une femme, à genoux, un balai à la main, qui sert ici d'image de Dieu, entre l'histoire du berger et celle du père. Jésus n'a pas eu peur de ce tableau-là pour dire qui Il est.
Mais voici où ça tourne. La brebis s'égare, le fils s'en va volontairement. La pièce, elle, ne fait rien de tout cela. Elle ne se révolte pas, elle tombe, par accident, à cause du désordre de la maison. Elle n'a même pas conscience d'être perdue. Et pourtant on la cherche avec la même ardeur, la même lampe, le même balai.
Peut-être que ton après-midi ressemble moins à un retour de loin, et plus à ça: pas rebelle, juste égaré sous un meuble, sans histoire à raconter, sans décision à prendre. Cette parabole dit que cela aussi se cherche, patiemment, jusqu'au bout de la pièce.
Aujourd'hui
Prends un vrai balai et balaie une pièce de chez toi, là, maintenant. Pendant ce temps, nomme à voix haute une personne que tu connais et qui se sent oubliée, coincée dans un coin, et demande à Dieu de la chercher avec cette même diligence.
☾ Moment du soir
Il est méprisé et délaissé des hommes, homme de douleurs, et sachant ce que c’est que la langueur, et comme quelqu’un de qui on cache sa face ; il est méprisé, et nous n’avons eu pour lui aucune estime.
Ésaïe 53:3
Remarque le mot qui ouvre ce verset et celui qui le referme : méprisé. Il revient deux fois, comme une parenthèse qui enferme tout le reste, la douleur, la langueur, le visage caché. Ce n'est pas un hasard de style. C'est la forme même du rejet : il commence et il finit, il entoure cet homme de toutes parts.
Ésaïe parle à un peuple en exil, un peuple qui ne comprend plus pourquoi il souffre, qui cherche un roi fort et reçoit l'annonce d'un serviteur brisé. Et ce peuple, dit le texte, détourne le visage. Pas par cruauté calculée, mais par ce réflexe si humain devant une souffrance qui dérange : on regarde ailleurs. Les chrétiens ont reconnu dans ce visage caché celui de Jésus, méprisé, abandonné, et pourtant portant ce que nous n'arrivions pas à porter nous-mêmes.
Ce soir, à la fin d'une journée de lundi, pense à tous les visages que tu as croisés sans vraiment les regarder, la caissière, le collègue fatigué, peut-être même ton propre reflet dans le miroir ce matin. Le Dieu de ce texte n'a pas détourné les yeux de la souffrance humaine. Il est entré dedans.
Aujourd'hui
Prends ton téléphone et envoie, là, maintenant, un message court à quelqu'un dont tu as évité le regard aujourd'hui, même sans le vouloir. Écris simplement : je pense à toi ce soir.
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12Et maintenant, donne-moi cette montagne dont l’Éternel a parlé en ce jour-là ; car tu as entendu, en ce jour-là, que les Anakim y sont, et de grandes villes fortes ; peut-être que l’Éternel sera avec moi, et je les déposséderai, comme l’Éternel a dit.
34Et Siméon les bénit et dit à Marie sa mère : Voici, celui-ci est mis pour la chute et le relèvement de plusieurs en Israël, et pour un signe que l’on contredira
35(et même une épée transpercera ta propre âme), en sorte que les pensées de plusieurs cœurs soient révélées.
8Ou quelle est la femme, qui, ayant dix drachmes, si elle perd une drachme, n’allume la lampe et ne balaie la maison, et ne cherche diligemment jusqu’à ce qu’elle l’ait trouvée ?
3Il est méprisé et délaissé des hommes, homme de douleurs, et sachant ce que c’est que la langueur, et comme quelqu’un de qui on cache sa face ; il est méprisé, et nous n’avons eu pour lui aucune estime.
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