La bonté qui relève les autres
Bonté et grâce
De courtes méditations pour se recueillir, tirées de passages bibliques dans Éphésiens 4:31-32, Colossiens 4:9, 2 Samuel 9:7 and Ruth 4:1.
☀ Moment du matin
Que toute amertume, et tout courroux, et toute colère, et toute crierie, et toute injure, soient ôtés du milieu de vous, de même que toute malice ; mais soyez bons les uns envers les autres, compatissants, vous pardonnant les uns aux autres comme Dieu aussi, en Christ, vous a pardonné.
Éphésiens 4:31-32
Colère. Le mot est là, en pleine liste, rangé à côté de l'amertume, de la crierie, de l'injure, comme s'il fallait s'en débarrasser purement et simplement. Mais juste avant, dans la même lettre, Paul avait écrit : mettez-vous en colère et ne péchez pas. Il ne demande donc pas de ne rien ressentir. Il demande autre chose.
Cette lettre s'adressait à une communauté bien concrète, des gens qui travaillaient de leurs mains, qui se parlaient chaque jour, qui devaient apprendre à vivre ensemble sans se mentir ni se voler. Paul ne fait pas de théorie abstraite, il règle des comptes de vie ordinaire, celle du lundi matin, des collègues, des voisins, des proches qu'on recroise sans cesse.
L'argument est précis : le danger n'est pas le premier mouvement de colère, c'est ce qu'on en fait ensuite. Gardée, nourrie, ruminée pendant la nuit, elle devient amertume, puis malice, puis parole qui blesse. Paul ne combat pas l'émotion, il combat ce qu'elle devient quand on la laisse s'installer.
Tu portes peut-être déjà, ce matin, une irritation d'hier, une phrase qui t'a piqué, une tension non réglée. Rien ne t'oblige à l'étouffer. Mais tu peux choisir aujourd'hui où elle va atterrir.
Aujourd'hui
Écris le nom de la personne envers qui tu ressens encore de l'irritation, et envoie-lui avant midi un mot simple et bienveillant, sans y mettre le passé.
✦ Moment du midi
avec Onésime, le fidèle et bien-aimé frère, qui est des vôtres. Ils vous informeront de toutes les choses d’ici.
Colossiens 4:9
As-tu déjà eu l'impression d'être interchangeable, que quelqu'un d'autre ferait ton travail tout aussi bien, peut-être même mieux?
Onésime porte un nom qui veut dire littéralement « utile ». C'était un nom banal pour un esclave dans l'Empire romain, un nom-étiquette, presque une commande passée au destin : sois utile, serviable, rentable. Mais cet Onésime-là avait fui son maître Philémon. Un esclave en fuite n'est utile à personne. Son nom mentait sur lui.
Et voilà que Paul, bien plus tard, écrit aux Colossiens sans un mot sur cette fuite. Il parle d'Onésime comme du « fidèle et bien-aimé frère ». Pas « l'ancien esclave inutile qu'on retolère ». Le nom a fini par dire vrai, mais pas parce qu'Onésime a travaillé plus dur. Il a été reçu autrement, comme un frère et plus comme un outil, et c'est cela qui l'a rendu réellement utile.
Au bureau, cet après-midi, ta valeur n'est pas nulle part ailleurs que dans ce que tu produis entre deux rendez-vous. Mais elle ne s'arrête pas là non plus. Être utile est bon. Être réduit à son utilité, non.
Aujourd'hui
Pense à quelqu'un que tu croises aujourd'hui sans vraiment le voir, un collègue discret, un livreur, quelqu'un qu'on traite comme un rouage. Dis-lui son prénom en face, avant ce soir, et ajoute une phrase de reconnaissance précise sur ce qu'il fait.
◐ Moment de l'après-midi
Et David lui dit : Ne crains point, car certainement j’userai de bonté envers toi à cause de Jonathan, ton père, et je te rendrai tous les champs de Saül, ton père, et tu mangeras continuellement le pain à ma table.
2 Samuel 9:7
Il entre en se traînant. Ses deux pieds ne le portent pas, quelqu'un a dû le porter depuis Lo-Debar, un nom qui veut dire à peu près nulle part, pas de pâturage. C'est là qu'il vivait caché depuis des années, fils d'un roi mort, petit-fils d'un roi déchu, le genre d'homme qu'une nouvelle dynastie élimine généralement pour éviter les complications. Il le sait. C'est pour cela qu'il se jette face contre terre et qu'il s'appelle lui-même un chien mort.
David ne le relève pas tout de suite d'un geste vague. Il nomme la raison: à cause de Jonathan, ton père. Ce n'est pas de la pitié improvisée, c'est une dette d'alliance honorée des années plus tard, envers quelqu'un qui n'est plus là pour la réclamer.
Et puis cette phrase étrange, répétée deux fois dans le chapitre: il mangera à la table du roi en permanence. Pas une fois. Continuellement. Ses pieds restent infirmes. Cela ne change pas. Ce qui change, c'est où il s'assoit.
Il y a des endroits où l'on se sent comme Mephibosheth entrant dans la salle, certain que sa place est sous la table, pas à elle. La question que ce texte laisse ouverte: qu'est-ce qui te fait croire que ta place est par terre?
Aujourd'hui
Écris aujourd'hui le nom de quelqu'un qui se sent exclu ou indigne, et envoie-lui un message concret pour l'inviter à ta table cette semaine.
☾ Moment du soir
*Et Boaz monta à la porte, et s’assit là. Et voici, celui qui avait le droit de rachat, [et] dont Boaz avait parlé, vint à passer ; et il dit : Toi, un tel, détourne-toi, assieds-toi ici. Et il se détourna et s’assit.
Ruth 4:1
Ce soir, à table, tu repenses peut-être à ce message que tu n'as pas osé envoyer, à cette décision laissée en suspens entre deux réunions, à ce malentendu avec un collègue qui n'a jamais été vraiment réglé. On range ces choses dans un coin de la journée, en espérant qu'elles se dissolvent d'elles-mêmes.
Dans l'ancien Israël, rien d'important ne se réglait en coin. La porte de la ville, large, ouverte, avec ses bancs de pierre, était le lieu où tout se décidait au grand jour: les contrats, les héritages, les litiges entre voisins. Boaz ne négocie pas en privé le sort de Ruth et du champ de Naomi. Il s'assied à la porte, attend le parent concerné, convoque dix anciens comme témoins. Tout se dit devant la ville entière.
Cette coutume protégeait les plus exposés, une veuve étrangère comme Ruth ne pouvait pas être dupée dans l'ombre, puisque chaque parole engagée à la porte liait celui qui la prononçait devant tous. Elle montre quelque chose de Dieu lui-même: Il ne traite pas Ses enfants dans des arrière-salles. Sa justice se fait au grand jour, accessible, vérifiable, du côté du plus faible.
Ce soir, tu n'as pas à trancher tout seul ce qui reste en suspens. Tu peux le nommer devant Celui qui voit tout en plein jour.
Aujourd'hui
Dis tout haut, dans ta chambre, une chose de cette journée qui reste non résolue, comme si tu la déposais devant un témoin, et laisse-la entre les mains de Dieu pour cette nuit.
Lire ces passages dans la Darby
Touchez un passage pour lire le texte complet ici.
31Que toute amertume, et tout courroux, et toute colère, et toute crierie, et toute injure, soient ôtés du milieu de vous, de même que toute malice ;
32mais soyez bons les uns envers les autres, compatissants, vous pardonnant les uns aux autres comme Dieu aussi, en Christ, vous a pardonné.
9avec Onésime, le fidèle et bien-aimé frère, qui est des vôtres. Ils vous informeront de toutes les choses d’ici.
7Et David lui dit : Ne crains point, car certainement j’userai de bonté envers toi à cause de Jonathan, ton père, et je te rendrai tous les champs de Saül, ton père, et tu mangeras continuellement le pain à ma table.
1*Et Boaz monta à la porte, et s’assit là. Et voici, celui qui avait le droit de rachat, [et] dont Boaz avait parlé, vint à passer ; et il dit : Toi, un tel, détourne-toi, assieds-toi ici. Et il se détourna et s’assit.
Envie d'aller plus loin ?
Pour chaque verset de ces méditations, vous pouvez obtenir une explication biblique approfondie avec le contexte, l'arrière-plan et l'application.
Commencer l'exploration