Akhinoam, femme de Saül : tout ce que dit un seul verset
Qui est Akhinoam et quand elle a vécu
Akhinoam (אֲחִינֹ֫עַם) est la femme du roi Saül. Elle appartient à l'époque du royaume unifié, située selon la chronologie d'Ussher (1650) environ 1095 av. J.-C. à 975 av. J.-C. Tout ce que l'Écriture retient d'elle tient dans un seul verset, 1 Samuel 14:50, qui est à la fois sa première et sa dernière mention. Elle n'apparaît dans aucun autre livre que 1 Samuel. Une femme de la maison royale, donc, dont le nom a été conservé alors que tant d'autres noms se sont perdus, mais dont l'histoire, au sens où nous entendons d'ordinaire ce mot, n'a pas été racontée.
Un seul verset : 1 Samuel 14:50
Voici la phrase entière : « Et le nom de la femme de Saül était Akhinoam, fille d'Akhimaats ; et le nom du chef de son armée était Abner, fils de Ner, oncle de Saül » (1 Samuel 14:50).
Il faut remarquer la forme de cette phrase. Ce n'est pas un récit, c'est une notice. Le texte énumère ce qui tient la maison du roi : l'épouse et le chef de l'armée, la famille d'un côté, la force militaire de l'autre, Akhinoam et Abner fils de Ner, l'oncle de Saül, nommés dans le même souffle. Akhinoam est identifiée par son mari, Saül, et par son père, Akhimaats. Rien d'autre n'est dit : ni son origine, ni son âge, ni une parole d'elle, ni un geste.
C'est un genre de mention qu'il faut nommer honnêtement. Akhinoam n'a pas de scène. Aucun épisode ne s'ouvre sur elle, aucun dialogue ne la met en jeu, aucun narrateur ne la suit. Sa présence dans la Bible est celle d'un nom inscrit dans une liste, et l'ensemble de ce que l'Écriture enregistre à son sujet occupe un verset.
Une maison pleine de noms
Akhinoam est pourtant placée au centre d'une famille que l'Écriture suit longuement. Elle est fille d'Akhimaats. Elle est la femme de Saül. Et lui sont rattachés six enfants : Jonathan, Abinadab, Malchi-shua, Merab, Michal et Ish-bosheth (voir 1 Samuel 13:2 ; 1 Samuel 14:49 ; 2 Samuel 2:8). Ces noms ne figurent pas dans le verset qui la nomme, et il ne s'agit pas ici de raconter leurs histoires ; il suffit de voir où cela situe Akhinoam. Autour d'elle se tiennent des fils et des filles du roi, des noms qui traverseront la suite de 1 Samuel et de 2 Samuel. Elle est le point silencieux d'où part une génération bruyante.
Il y a là une leçon de lecture. Nous mesurons l'importance d'une personne au nombre de ses chapitres ; l'Écriture ne procède pas ainsi. La femme dont on ne rapporte pas une seule phrase est celle dont les enfants remplissent des chapitres entiers.
Ni faute nommée ni louange
Il serait facile, et faux, de prêter à Akhinoam une piété ou une faiblesse. Le texte ne le fait pas. Aucune faute ne lui est reprochée, aucune fidélité ne lui est créditée. Elle n'est ni blâmée pour ce que devient la maison de Saül, ni louée pour ce qu'elle a porté. Le silence du récit n'est pas un éloge déguisé, et il n'est pas non plus une accusation : c'est un silence. Dire davantage serait écrire à la place de l'Écriture.
Ce que nous ne savons pas
La liste des inconnues est plus longue que celle des faits. Aucune tribu ni aucun peuple ne lui est attribué ; nous ignorons donc d'où elle vient. Nous ne savons rien d'Akhimaats son père, sinon son nom. Nous ne savons ni quand ni comment ni où elle est morte. Nous ne savons pas ce qu'elle a vu du règne de son mari, ni ce qu'elle en a pensé. Aucune scène ne lui est consacrée : chaque mention est une liste, une généalogie ou une note de passage. Et le compte est net : tout ce que l'Écriture conserve d'elle tient en un verset.
Ces vides doivent rester des vides. La tradition aime combler, mais un nom sans histoire garde sa dignité propre. Il atteste que cette femme a existé, qu'elle a été connue de ceux qui écrivaient, et qu'on a jugé bon de la nommer à l'endroit précis où l'on nommait les appuis d'un règne.
Ce qui demeure est modeste et bien réel : dans le livre qui raconte le règne de Saül, une femme est appelée par son nom, « Akhinoam, fille d'Akhimaats » (1 Samuel 14:50), et ce nom a été gardé.
