Saül, roi d'Israël de la tribu de Benjamin
Un roi de Benjamin, fils de Kish
Saül (שָׁאוּל) est roi d'Israël au temps de la monarchie unie. La chronologie retenue ici lui donne un règne de 1095 av. J.-C. à 1055 av. J.-C. (Ussher, *Annals of the World*, 1650). Il est de la tribu de Benjamin et fils de Kish. Le dossier lui attribue deux femmes, Ahinoam et Rizpah, et huit enfants nommés : Jonathan, Abinadab, Malchi-shua, Merab, Michal, Ish-bosheth, Armoni et Mephibosheth. Sa trace dans l'Écriture est immense : 327 versets, répartis en 50 passages, de sa première mention en 1 Samuel 9:2 jusqu'à Acts. Le gros du récit se trouve en 1 Samuel (241 versets), puis en 2 Samuel (57) et en 1 Chronicles (22) ; il apparaît encore dans Psalms (5 versets), Isaiah (1) et Acts (1). Beaucoup de ces mentions sont des rappels ou des notices brèves, et non des scènes ; les scènes développées, elles, se concentrent dans les livres de Samuel et au chapitre 10 de 1 Chronicles.
Le chant des femmes et l'œil du roi
La première scène que nous pouvons lire mot pour mot montre un roi qui perd pied devant un serviteur qui réussit. « Et David allait partout où Saül l'envoyait, [et] il prospérait ; et Saül l'établit sur les hommes de guerre, et il était agréable aux yeux de tout le peuple, et même aux yeux des serviteurs de Saül. » Puis les femmes sortent au retour du combat, « après qu'il eut frappé le Philistin », et chantent : « Saül a frappé ses 1 000, et David ses 10 000. » La réaction est immédiate : « Et Saül fut très irrité, et cette parole fut mauvaise à ses yeux, et il dit : On en a donné à David 10 000, et à moi, on m'a donné les 1 000 : il n'y a plus pour lui que la royauté. Et depuis ce jour-là et dans la suite, Saül eut l'œil sur David » (1 Samuel 18:5-13).
Une fille offerte comme piège
La scène suivante montre le calcul froid qui suit la jalousie. Saül offre Mérab, sa fille aînée : « je te la donnerai pour femme ; seulement, sois-moi un homme vaillant, et combats les combats de l'Éternel. » Le texte dévoile aussitôt l'arrière-pensée : « Or Saül disait : Que ma main ne soit pas sur lui, mais que la main des Philistins soit sur lui. » Mérab est finalement donnée à Adriel, le Meholathite. Quand Mical, l'autre fille, aime David, le roi voit là une seconde occasion : « Je la lui donnerai, et elle lui sera en piège, et la main des Philistins sera sur lui » (1 Samuel 18:17-25). Ses propres filles deviennent des armes.
Le serment contre son propre fils
Plus tôt déjà, Saül avait fait peser un serment sur les siens. Il partage le peuple : « Vous, soyez d'un côté, et moi et Jonathan, mon fils, nous serons de l'autre côté. » Le sort tombe sur Jonathan, qui avoue : « Je n'ai fait que goûter un peu de miel avec le bout du bâton que j'avais à la main, [et] voici, je meurs ! » Et le roi répond : « Que Dieu [me] fasse ainsi, et ainsi y ajoute, si tu ne meurs certainement, Jonathan ! » (1 Samuel 14:40-47). Le passage cité s'arrête sur ce serment.
En-Dor : quand le ciel se tait
À la fin, Saül se retrouve seul. Samuel est mort et enterré à Rama ; Saül lui-même « avait ôté du pays les évocateurs d'esprits et les diseurs de bonne aventure ». Les Philistins campent à Sunem, Israël à Guilboa. « Et Saül vit le camp des Philistins, et il eut peur, et son cœur trembla très fort. Et Saül interrogea l'Éternel, et l'Éternel ne lui répondit pas, ni par les songes, ni par l'urim, ni par les prophètes. » Sa réponse au silence de Dieu est d'aller chercher ce qu'il avait lui-même banni : « Cherchez-moi une femme qui évoque les esprits, et j'irai vers elle, et je la consulterai. » On lui indique En-Dor (1 Samuel 28:3-10).
Guilboa : toute sa maison ensemble
La chronique dit la fin sans adoucissement. Les Philistins frappent Jonathan, Abinadab et Malki-Shua. « Et la bataille se renforça contre Saül, et les archers l'atteignirent ; et il eut peur des archers. » Il demande à son porteur d'armes de le percer, celui-ci refuse « car il avait très peur », et « Saül prit son épée, et se jeta dessus ». Le porteur d'armes fait de même. « Et Saül mourut, et ses trois fils ; et toute sa maison mourut ensemble » (1 Chronicles 10:2-8).
Les fautes, nommées
L'Écriture ne cache rien : l'irritation devant la louange d'un autre (1 Samuel 18:8), la surveillance hostile qui s'installe (1 Samuel 18:9), le mariage utilisé comme piège mortel (1 Samuel 18:17, 21), le serment qui condamne son propre fils (1 Samuel 14:44), et enfin la consultation d'une évocatrice d'esprits après avoir chassé ces pratiques du pays (1 Samuel 28:3, 7). La peur revient trois fois dans les derniers textes : devant les Philistins, devant les archers, chez le porteur d'armes.
Ce que nous ne savons pas
Hors de la ligne de règne citée, le dossier ne donne ni date de naissance ni date de mort. Une longue section, 1 Samuel 23:7-17, n'est pas citable ici : la numérotation de ce chapitre diffère dans cette édition, et rien ne permet de la reproduire avec certitude. Beaucoup d'autres passages, en 1 Samuel 9, 10, 11, 13, 15, 17, 19, 20, 24, 26, 31, en 2 Samuel 1, 3, 9, 21, en 1 Chronicles 10 et 12, ne sont ici que des références : leur contenu n'est pas rapporté.
La seule trace dans le Nouveau Testament
Une seule référence néotestamentaire est portée au dossier : Acts 13:21. Un unique verset, dans un seul livre, pour un roi qui occupe des centaines de versets. Le nom de Saül franchit pourtant ce seuil : il est encore prononcé dans la prédication apostolique. Le dossier n'en cite pas le texte, et nous n'en dirons donc pas davantage que la référence elle-même. Mais elle suffit à rappeler que l'histoire du premier roi n'est pas restée close sur Guilboa : elle est reprise, relue, racontée à nouveau du côté de l'Évangile.
