Jonathan, fils de Saül et ami de David
Jonathan (יְהוֹנָתָן) appartient à la tribu de Benjamin et vit à l'époque du royaume uni, situé environ 1095 av. J.-C. à 975 av. J.-C. (époque située selon la chronologie d'Ussher (1650)). Il est fils de Saül et d'Ahinoam, et les listes généalogiques où son nom figure se lisent en 1 Samuel 14:49, 1 Chronicles 8:33-34 et 1 Chronicles 9:39-40. Ses frères et sœurs nommés sont Abinadab, Malchi-shua, Merab, Michal, Ish-bosheth, Armoni et Mephibosheth ; un fils lui est attribué, Mephibosheth lui aussi. Son nom traverse quatre-vingt-deux versets, de 1 Samuel 13:2 jusqu'à 1 Chronicles : soixante en 1 Samuel, dix-sept en 2 Samuel, cinq en 1 Chronicles. Les répertoires bibliques le résument d'un mot : l'ami de David.
Le guerrier de 1 Samuel 13 et 14
La première mention le place dans un contexte militaire aux côtés de son père (1 Samuel 13:2-3), et son nom revient encore en 1 Samuel 13:16 et 1 Samuel 13:22. Le chapitre suivant l'introduit de nouveau en 1 Samuel 14:1, 1 Samuel 14:3-4, 1 Samuel 14:6 et 1 Samuel 14:8, avant la scène où il monte vers un poste ennemi avec son seul porteur d'armes : « Et les hommes du poste répondirent à Jonathan et à celui qui portait ses armes, et dirent : Montez vers nous, et nous vous ferons savoir quelque chose. Et Jonathan dit à celui qui portait ses armes : Monte après moi, car l'Éternel les a livrés en la main d'Israël » (1 Samuel 14:12-14). Le même passage compte les morts de ce premier coup : « une vingtaine d'hommes, sur la moitié environ du sillon d'un arpent de terre » (1 Samuel 14:12-14). Son audace n'est pas de la bravade : elle s'appuie sur une conviction énoncée à voix haute avant l'assaut.
Le miel et le sort
La suite du chapitre est plus sombre. Son père prononce un serment redoutable : « car l'Éternel qui a sauvé Israël est vivant, que si c'était par Jonathan, mon fils, il mourra certainement ! Et personne de tout le peuple ne lui répondit » (1 Samuel 14:39-45). Le sort est jeté, et le texte enregistre sèchement : « Et Jonathan fut pris » (1 Samuel 14:39-45). Sommé de s'expliquer, il ne se défend pas : « Je n'ai fait que goûter un peu de miel avec le bout du bâton que j'avais à la main, [et] voici, je meurs ! » (1 Samuel 14:39-45). Le geste est minuscule, l'aveu est net, et le héros de la journée se retrouve désigné comme le coupable. Son nom figure encore en 1 Samuel 14:17, 1 Samuel 14:21, 1 Samuel 14:27 et 1 Samuel 14:29.
L'alliance avec David
Le récit noue ensuite son nom à celui de David : 1 Samuel 18:1 et 1 Samuel 18:3-4, puis 1 Samuel 19:1-2, 1 Samuel 19:4 et 1 Samuel 19:6-7. Le chapitre 20 lui donne son plus long développement (1 Samuel 20:1). David jure devant lui : « il n'y a qu'un pas entre moi et la mort ! », et la réponse tient en une ligne : « Ce que ton âme dit, je le ferai pour toi » (1 Samuel 20:3-5). Il commence pourtant par écarter le soupçon : « Loin de toi [une telle pensée] ; car si je savais certainement que mon père soit décidé à faire venir le mal sur toi, ne t'en informerais-je pas ? » (1 Samuel 20:9-13). Puis il engage contre lui-même un serment terrible s'il devait se taire, et ajoute : « Et que l'Éternel soit avec toi, comme il a été avec mon père » (1 Samuel 20:9-13). Cette phrase dit sa lucidité : il sait vers qui va la royauté, et il le dit sans amertume.
Les versets suivants poursuivent l'épreuve (1 Samuel 20:16-18, 1 Samuel 20:25, 1 Samuel 20:27-28, 1 Samuel 20:30), jusqu'à la table où il demande : « Pourquoi serait-il mis à mort ? Qu'a-t-il fait ? Et Saül jeta sa lance contre lui pour le frapper » (1 Samuel 20:32-35). Il se lève « dans une ardente colère », ne mange pas, « car il était affligé à cause de David, parce que son père l'avait outragé » (1 Samuel 20:32-35). Le lendemain, le signal des flèches est donné devant un enfant qui ne comprend rien : « Or le garçon ne savait rien, Jonathan et David seuls savaient l'affaire » (1 Samuel 20:37-40). Le chapitre se clôt en 1 Samuel 20:42, et son nom reparaît en 1 Samuel 23:16 et 1 Samuel 23:18.
La fin et les mentions tardives
Sa dernière mention dans ce livre se trouve en 1 Samuel 31:2. Son nom revient ensuite en 2 Samuel 1:4-5, 2 Samuel 1:22-23 et 2 Samuel 1:25-26, puis en 2 Samuel 9:6-7, en 2 Samuel 21:12-14, et enfin en 1 Chronicles 10:2 ainsi que dans les généalogies déjà citées. Le texte de ces passages n'est pas reproduit ici ; seules leurs références sont données, et il vaut mieux les lire que les raconter de mémoire.
Les fautes que le texte nomme
Le récit ne l'épargne pas sur deux points. Il a goûté le miel alors qu'un serment pesait sur le peuple, et il le reconnaît lui-même sans détour (1 Samuel 14:39-45). Et il s'est d'abord trompé sur son père, écartant l'avertissement de David comme une pensée à repousser (1 Samuel 20:9-13), avant de devoir constater « que c'était chose décidée de la part de son père, de faire mourir David » (1 Samuel 20:32-35). Sa loyauté a donc mis du temps à voir clair, et elle n'en a été que plus coûteuse ensuite.
Ce que nous ignorons
Le dossier ne donne ni date de naissance ni date de mort. Il ne dit rien de sa mère Ahinoam au-delà du lien de parenté, rien de sa formation, rien de ce qu'il pensait avant les scènes rapportées. Aucune référence tirée des écrits apostoliques ne lui est associée ici, et rien ne sera donc tiré de ce côté : ce que le texte tait, nous le laissons tu.
