Ézéchiel, fils de Buzi : deux versets près du fleuve Kebar
Un sacrificateur nommé au bord d'un fleuve
Ézéchiel (יְחֶזְקֵאל) est un prophète de l'époque de l'exil et du retour. Selon Ussher, *Annals of the World* (1650), il est en activité de 595 av. J.-C. à 574 av. J.-C. Son père se nomme Buzi (Ézéchiel 1:3), et le texte mentionne une femme d'Ézéchiel, dont le nom n'est pas donné (Ézéchiel 24:18). Chose surprenante pour un homme dont le nom est porté par tout un livre : ce nom lui-même n'apparaît que deux fois, en Ézéchiel 1:3 et en Ézéchiel 24:24. Deux versets. C'est là toute l'empreinte nominale de cet homme, et c'est de cela seulement que nous pouvons parler avec certitude.
« Dans le pays des Chaldéens, près du fleuve Kebar »
La première mention est une note d'ouverture, précise et dépouillée : « la parole de l'Éternel vint expressément à Ézéchiel, le sacrificateur, fils de Buzi, dans le pays des Chaldéens, près du fleuve Kebar ; et la main de l'Éternel fut là sur lui » (Ézéchiel 1:3).
Tout est dans cette phrase. Un homme est nommé, son office est nommé, son père est nommé, le lieu est nommé deux fois : le pays des Chaldéens, et plus précisément le fleuve Kebar. Ce n'est pas dans son pays qu'il se tient, c'est au bord d'un fleuve étranger. Et pourtant la parole de l'Éternel vient là, « expressément ». Le verset ajoute une seconde chose, distincte de la parole : « et la main de l'Éternel fut là sur lui ». La parole vient, et la main se pose. Le texte ne dit pas ce que fait cette main ; il dit qu'elle est là, en ce lieu-là, sur cet homme-là.
Remarquons ce que le verset appelle Ézéchiel : *le sacrificateur*. C'est le seul titre que ce verset lui donne, à côté du nom de son père. Un sacrificateur au pays des Chaldéens : le titre et le lieu ne vont pas naturellement ensemble, et le texte les met pourtant côte à côte sans un mot d'explication. Il ne commente pas, il enregistre.
« Ézéchiel sera pour vous un signe »
La seconde mention est d'un autre ordre. Elle ne parle plus de ce qu'Ézéchiel reçoit, mais de ce qu'il est pour d'autres : « Et Ézéchiel sera pour vous un signe : selon tout ce qu'il a fait, vous ferez. Quand cela arrivera, vous saurez que je suis le Seigneur, l'Éternel » (Ézéchiel 24:24).
L'homme lui-même devient le signe. Pas seulement sa bouche, pas seulement ses paroles : sa personne et ses actes, « tout ce qu'il a fait ». Le verset annonce que ceux qui l'écoutent feront comme lui, et qu'un événement viendra qui rendra la chose évidente : « Quand cela arrivera, vous saurez que je suis le Seigneur, l'Éternel ». Le verset ne précise pas ici de quoi il s'agit ; il fixe seulement le terme visé, qui est de savoir qui est celui qui parle.
Entre ces deux versets, il y a une trajectoire que l'on peut suivre sans rien ajouter : d'abord un homme sur qui vient la parole et se pose la main, ensuite un homme donné aux autres comme signe. Ce qu'il reçoit en Ézéchiel 1:3, il le devient en Ézéchiel 24:24.
Ce que ces mentions sont, et ce qu'elles ne sont pas
Il faut le dire franchement : aucune scène n'est racontée sur cette personne. Les deux occurrences de son nom sont des notes, une en-tête de réception de la parole et une déclaration à son sujet. Il n'y a pas, sous son nom, de dialogue rapporté, pas de récit suivi, pas de biographie. La plus longue suite de versets le nommant fait un seul verset.
Une biographie faite d'en-têtes et de notes de passage, cela ne se lit pas comme la vie d'un homme ; cela se lit comme un procès-verbal. Et c'est précisément ce que le texte nous laisse.
Ce que le texte ne rapporte pas
Ces deux versets ne rapportent aucune faute, aucun refus, aucune désobéissance de sa part. Ce n'est pas un éloge que nous prononçons : c'est simplement le constat de ce que le texte porte. Là où rien n'est écrit, nous ne parlerons pas à sa place, ni pour l'accuser ni pour le défendre.
Ce que nous ne savons pas
Aucun enfant ne lui est attribué. Aucune tribu, aucun peuple d'origine n'est indiqué. Le nom de sa femme n'est pas donné (Ézéchiel 24:18). Tout ce qui est consigné sous son nom tient en deux versets. Combler ces vides par des traditions ou des reconstructions, ce serait remplacer le texte par nous-mêmes.
Ce qui reste, et qui suffit, c'est un sacrificateur au bord du fleuve Kebar, dans le pays des Chaldéens, sur qui la main de l'Éternel s'est posée (Ézéchiel 1:3), et un homme donné comme signe pour que d'autres sachent : « je suis le Seigneur, l'Éternel » (Ézéchiel 24:24).
