Ézéchias, roi de Juda : délivré, élevé, humilié
Qui est Ézéchias
Ézéchias (חִזְקִיָּהוּ) est roi de Juda, de la tribu de Juda, au temps du royaume divisé. La chronologie retenue ici donne un règne de 726 av. J.-C. à 698 av. J.-C. (source : Ussher, Annals of the World (1650)). Le dossier nomme son père Ahaz et sa mère Abi, son frère Maaseiah, sa femme Hephzibah, son fils Manasseh. Son nom court d'un bout à l'autre du texte biblique : première mention en 2 Kings 16:20, dernière en Matthew, avec cent seize versets répartis entre 2 Kings, 2 Chronicles, Isaiah, Jeremiah, 1 Chronicles, Matthew, Proverbs, Hosea et Micah. Peu de rois du royaume divisé sont racontés autant de fois, et par autant de plumes différentes.
Le tribut payé au roi d'Assyrie
La scène la plus dure vient tôt : « Et la quatorzième année du roi Ézéchias, Sankhérib, roi d'Assyrie, monta contre toutes les villes fortes de Juda et les prit. Et Ézéchias, roi de Juda, envoya au roi d'Assyrie à Lakis, disant : J'ai péché, retire-toi de moi ; ce que tu m'imposeras, je le supporterai. Et le roi d'Assyrie imposa à Ézéchias, roi de Juda, 300 talents d'argent, et 30 talents d'or » (2 Kings 18:13-17). Le récit ne l'adoucit pas : le roi donne tout l'argent qui se trouve dans la maison de l'Éternel et dans les trésors de la maison du roi, puis il dépouille les portes du temple et les piliers qu'il avait lui-même recouverts d'or. Le tribut n'arrête rien. De Lakis partent le Tharthan, le Rab-Saris et le Rab-Shaké « avec de grandes forces », qui viennent se tenir « près de l'aqueduc de l'étang supérieur, qui est sur la route du champ du foulon » (2 Kings 18:17).
Le nom du roi utilisé comme une arme
Devant Jérusalem, la parole assyrienne vise nommément la confiance d'Ézéchias : « Qu'Ézéchias ne vous trompe point ; car il ne pourra pas vous délivrer de la main du roi. Et qu'Ézéchias ne vous fasse pas mettre votre confiance en l'Éternel, disant : L'Éternel nous délivrera certainement » (2 Kings 18:29-30). Vient ensuite une offre de vie tranquille, vigne, figuier, eaux du puits, jusqu'à un transport « dans un pays comme votre pays » (2 Kings 18:31-32), et l'avertissement répété : « n'écoutez pas Ézéchias, car il vous séduit » (2 Kings 18:32).
En 2 Chronicles 32:15-17 l'attaque monte d'un cran et passe du roi à Dieu : « combien moins votre Dieu vous délivrera-t-il de ma main ! » Les serviteurs de Sankhérib « parlèrent encore contre l'Éternel, le [vrai] Dieu, et contre Ézéchias, son serviteur », et une lettre est écrite « pour outrager l'Éternel, le Dieu d'Israël ». Le même épisode se lit aussi en Isaiah 36:1-2, Isaiah 36:14-16, 2 Kings 19:9-10, 2 Kings 19:14-15, Isaiah 37:9-10 et Isaiah 37:14-15.
Délivré, puis élevé
« Et l'Éternel sauva Ézéchias et les habitants de Jérusalem de la main de Sankhérib, roi d'Assyrie, et de la main de tous, et les protégea tout à l'entour » (2 Chronicles 32:22). Les offrandes affluent, les choses précieuses s'accumulent, « et après cela, il fut élevé aux yeux de toutes les nations » (2 Chronicles 32:23). Puis la maladie : « En ces jours-là, Ézéchias fut malade à la mort ; et il pria l'Éternel, et [l'Éternel] lui parla, et lui donna un signe » (2 Chronicles 32:24 ; voir aussi Isaiah 38:1-3).
Les échecs que le texte nomme
La délivrance n'est pas laissée sans ombre : « Mais Ézéchias ne rendit pas en raison du bienfait qu'il avait reçu ; car son cœur s'éleva, et il y eut de la colère contre lui et contre Juda et Jérusalem » (2 Chronicles 32:25). L'orgueil du roi guéri retombe sur tout un peuple. Puis l'humiliation : « Et Ézéchias s'humilia de ce que son cœur s'était élevé, lui et les habitants de Jérusalem ; et la colère de l'Éternel ne vint pas sur eux pendant les jours d'Ézéchias » (2 Chronicles 32:26). La formule est précise, et bornée : pendant ses jours.
L'autre chute est l'affaire des messagers venus de Babylone. Un roi envoie une lettre et un présent au roi malade ; 2 Kings 20:12 le nomme Berodac-Baladan, Isaiah 39:1 Merodac-Baladan, tous deux fils de Baladan. « Et Ézéchias écouta les [messagers], et leur montra toute la maison [où étaient renfermés] ses objets précieux » (2 Kings 20:13) ; en Isaiah 39:2, « Ézéchias se réjouit [de leur venue] ». Le roi résume lui-même son geste : « Ils ont vu tout ce qui est dans ma maison ; il n'y a rien dans mes trésors que je ne leur aie montré » (2 Kings 20:15 ; Isaiah 39:4). Ésaïe le prophète répond : « Écoute la parole de l'Éternel » (2 Kings 20:16 ; Isaiah 39:5).
Mentions brèves, et ce que nous ignorons
Une grande part du dossier tient en mentions courtes, à lire sur place sans les broder : 2 Chronicles 28:27, 2 Chronicles 29:1, 29:18, 29:20, 29:27, 29:30-31, 29:36, 2 Chronicles 30:1, 30:18, 30:20, 30:22, 30:24, 2 Chronicles 31:2, 31:8-9, 31:11, 31:13, 31:20, 2 Chronicles 32:2, 32:8-9, 32:11-12, 32:32-33, 2 Kings 18:9-10, 2 Kings 20:19-21, 1 Chronicles 3:13, 1 Chronicles 4:41 et Jeremiah 26:18-19.
Ce que les passages cités ici ne donnent pas, disons-le simplement : la parole annoncée en 2 Kings 20:16 et Isaiah 39:5 n'est pas rapportée dans le texte fourni, et la nature du signe reçu dans la maladie n'est pas décrite. De Hephzibah, seul le nom nous parvient ici. Le dossier ne signale aucune autre lacune.
La ligne vers le Christ
Une seule référence est listée hors des livres d'Israël : Matthew 1:9-10. Le roi qui a payé un tribut, dépouillé les portes du temple, laissé son cœur s'élever, puis s'est humilié, se trouve dans la liste des générations qui ouvre cet évangile. La lignée passe par lui, et non par ses mérites.

